pourquoi lorsque des gens parlent fort (et longtemps) les documentalistes (la plupart) attendent un incident pour intervenir ou faire intervenir ? On est obligé nous usagers soit de demander le silence soit de partir ? trouvez-vous cela normal ?

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Réponse apportée le 03/10/2010  par PARIS Bpi – Actualité, Art moderne, Art contemporain, Presse

Bonjour

Je peux vous donner une réponse à partir de mon expérience à la Bibliothèque publique d’Information, mais peut-être pensiez-vous à une autre bibliothèque ?

Nous avons conscience de ce problème, dû à la difficulté à surveiller un si grand espace et aussi à une variété de public que l’on ne trouve pas forcément ailleurs : d’un côté beaucoup d’étudiants dont beaucoup ont du mal à assimiler les règles de silence, viennent en groupe, ont du mal à éteindre leurs téléphones ; de l’autre un public habitué à une plus grande intensité de silence pour pouvoir travailler.

Nous sommes donc entrés dans une démarche visant à réformer petit à petit notre façon de faire :
– en encourageant les collègues des bureaux à intervenir davantage (mais les bureaux sont plus ou moins proches des tables de lecture, les collègues je vous assure ne peuvent pas tout entendre). Il est vrai que certains sont parfois un peu laxistes, mais je ne pense vraiment pas que ce soit une majorité.
– en multipliant les rondes du responsable de permanence (mais comment peut-il savoir si une personne ne recommence pas à discuter aussitôt le responsable parti ? Pour ma part, en moyenne, il me faut 40 minutes pour faire un tour complet de la bibliothèque, en prenant le temps de rappeler les règles et de bien observer le public…. je ne peux pas rester cachée 5 minutes à chaque fois derrière une étagère pour guetter une éventuelle récidive de bavardage)
– en demandant la participation des responsables de la sécurité qui font aussi des rondes, utiles surtout face à des groupes

Tout ça est bien mais on essaye aussi de faire de la prévention :
– en distribuant des flyers sur les tables rappelant les règles de base (et vous ne serez peut-être pas d’accord, mais depuis qu’on les met presque systématiquement sur les tables le week-end depuis quelques mois il nous a semblé noter une amélioration du comportement des lycéens)
– en mettant en place à partir de mai un dispositif « spécial bac » (quand la bibliothèque est remplie de lycéens venus en groupe, angoissés, fatigués et un peu surexcités) : abaissement de la jauge pour une bibliothèque moins pleine et augmentation de la présence dans les salles, et toujours les flyers, et éventuellement des annonces répétées au micro par le responsable (mais trop d’annonces gênent le public)

Tout ceci n’est pas parfait, nous avons pleinement conscience. Mais sachez bien que la question du bruit ne nous est pas indifférente. D’ailleurs nous sommes en train de réfléchir à un réaménagement de la bibliothèque, et l’une des hypothèses serait de mettre en place un zonage par niveau de bruit autorisé, cela marche bien dans les bibliothèques universitaires qui l’ont mis en place (zone pour les téléphones, zones pour l’accueil et l’orientation, zone chuchotée, zone de détente où l’on pourrait par exemple consulter la presse et d’autres ouvrages à conservation très courte en buvant des cafés, zones pour les groupe, zone de silence total…) Dans certaines bibliothèques suisses, il y a même un niveau supplémentaire interdit aux ordinateurs portables, à cause du bruit des touches !

Bref.. J’espère qu’au fil du temps vous remarquerez une amélioration de la situation. Et en attendant – même si bien sûr ce n’est pas la solution – avez-vous remarqué dans la cafeteria une nouvelle machine ? Des étudiants en médecine ont eu l’idée de la faire installer en remarquant que cela marchait très bien aux Etats-Unis : il s’agit d’un distributeur de boules Quies. Cela peut être utile les jours où vous êtes coincé près de lecteurs pénibles. N’hésitez pas non plus à aller vous plaindre à mes collègues des bureaux : ils pourront alors se déplacer, et si les lecteurs persistent, le responsable, avec l’aide si besoin des agents de sécurité, peut les expulser. Et même si c’est délicat, il me semble aussi que chaque lecteur peut essayer avec diplomatie mais fermeté de rappeler les règles à ses voisins de table – ou de leur faire remarquer que le bruit de leur musique traverse leur casque…

Cordialement,

Eurêkoi – Bpi (Bibliothèque publique d’information)
http://www.bpi.fr
www.eurekoi.org

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