nuage de tags avec le terme Grammaire et mots voisinsEst-ce réellement le cas ? Et si oui, comment se fait-ce que le titre de l’émission « on n’est pas couché » ne respecte pas cette règle ? 

Notre réponse du 21/11/2017

Pour résumer brièvement, le titre de l’émission respecte la règle, l’accord avec le pluriel ou le féminin constitue une syllepse ou tolérance.

Voici une réponse de l’Académie française :
On, nous, vous (accord) (sommaire)
1. Le pronom indéfini on, qui désigne un sujet dont on ignore le sexe ou le nombre, exige, en principe, un attribut ou un participe au genre non marqué, c’est-à-dire au masculin, et au singulier.
On écrira bien, en effet : On est parvenu à réduire le débit du fleuve ; On est fatigué de ce combat ; On n’est pas sûr du résultat.
Il arrive pourtant que on ne désigne pas les hommes en général, des personnes indéterminées, mais telle ou telle personne : dans ce cas, l’accord se fait tout naturellement en genre et en nombre.
C’est le sens qui commande, et le goût. On s’était fâchés ; On s’est séparées à regrets ; On est allés ensemble jusqu’au bout du chemin… ne sont donc pas des tournures fautives.
Littré relevait déjà chez Corneille, Molière, Racine, La Bruyère, Marivaux ou Rousseau de nombreux exemples de cet accord selon le sens, qui caractérise la syllepse, et se retrouve d’ailleurs dans d’autres tournures telles que La plupart comprennent, Bon nombre sont venus, Quantité ont disparu.

Vous pouvez leur poser une question sur d’autres points de langue :
http://www.academie-francaise.fr/le-dictionnaire/service-du-dictionnaire

Un autre éclairage tiré du Grevisse : Le bon usage (Ed. Duculot, 1991)
§429 b) Syllepses facultatives page 707 :

Le pronom indéfini on désigne en principe un agent humain dont on ignore l’identité, c’est-à-dire le sexe et le nombre : On est venu voler à la pharmacie cette nuit. Le verbe est au singulier et l’attribut ou le participe sont au genre et au nombre indifférenciés, c’est-à-dire au masculin singulier — Mais il n’est pas rare que le pronom représente en fait une ou des personnes bien identifiées et concurrence les pronoms personnels je, tu, il, nous, vous, ils, elle, elles : cf §724b. Dans ce cas, si le verbe reste nécessairement au singulier, l’adjectif attribut, l’épithète détachée, le participe passé peuvent prendre le genre et le nombre correspondant au sexe et au nombre des êtres désignés.

exemples :

Qui regrette-t-on quand on est devenue si belle ? (Musset, Confessions, V, 6)

On dort, entassés dans une niche (Loti, Vers Ispahan)

On est tranquilles (Vian, L’écume des jours)

Cordialement,

Eurêkoi – Bibliothèque Publique d’Information

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