Réponse apportée le  03/01/2015 par LILLE – médiathèque Jean Levy musicologie, édition contemporaine, patrimoine, histoire régionale

En préambule, les deux dates de réalisation de ces oeuvres :

– 1508-1512 : Michel-Ange, plafond de la Chapelle Sixtine
– 1509-1511 : Raphaël, « Stanze » (communément appelées en français « Chambres de raphaël »)

Ces deux fresques (« L’Ecole d’Athènes » est en effet une fresque murale qui orne la Chambre des Signatures, et non un tableau) ont été réalisées pour St Pierre de Rome, dont la construction avait été commencée en 1506 par Donato Bramante à l’initiative du Pape Jules II [fresques visibles seulement après entrée par Musées du Vatican, et non par la Basilique)

Ces deux oeuvres réalisées au même moment ont été abondamment commentées, sans que l’on puisse considérer que l’une est plus « représentative » de la Renaissance que l’autre. La célébrité de la Chapelle Sixtine aujourd’hui est due largement à son côté spectaculaire (voûte de 4 m sur 13 m) et aux nombreuses utilisations publicitaires et autres détournements dont elle a été l’objet.

Voici un extrait tiré de l »Histoire mondiale de l’art » de Hugh Honour et John Fleming (Bordas, 1997) qui compare ces deux oeuvres :

« Pendant que Raphaël peignait la chambre de la Signature, Michel-Ange travaillait au plafond de la Chapelle Sixtine. Jamais encore deux chefs-d’oeuvre de cette classe n’avaient été produits simultanément et si près l’un de l’autre. Tous deux illustrent exemplairement deux tendances encore latentes dans la haute Renaissance mais qui, par la suite, allaient diverger et s’opposer : de ce conflit naîtra ultérieurement la labilité stylistique propre à l’art européen. Les deux artistes différaient tant par leurs origines que par leur caractère. Raphaël, fils d’un peintre, fut élevé dans la tradition médiévale de l’artiste-artisan, même si son ascension sociale fut rapide. A sa mort, en effet, il était tès riche, logeait dans un palais, entretenait une suite considérable de domestiques et un nombre non moins grand d’assistants. (…)

Michel-Ange était le contraire du parfait courtisan. Insociable, méfiant, maussade, négligé, obsédé par son travail et presque pathologiquement orgueilleux, il était l’archétype de l' »homme de génie », poète autant que peintre, sculpteur et architecte. L’imagination de cet homme en conflit avec lui-même et avec le monde entier allait révolutionner tout ce qu’elle touchait. »

Cet extrait montre bien la singularité de Michel-Ange, dans sa posture d' »artiste moderne » beaucoup plus en phases avec les transformations ultérieures du statut du peintre (à Rome un siècle plus tard, Nicolas Poussin renonce aux commandes officielles pour se consacrer exclusivement à la pratique de son art, ce qui est très neuf).

Pour une description technique et compositionnelle des deux oeuvres qui vous intéressent, vous pouvez vous référer à un dictionnaire d’histoire de l’art (tous proposent des entrées à « Chapelle Sixtine », « Ecole d’Athènes » et « Stanze » et/ou « Chambres de Raphaël »).

Eurêkoi
Réponses à distance
Médiathèque Jean Levy/ Lille

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