Je suis un lycéen et je dois effectuer une anthologie. Ayant pris le thème de l’objet (du quotidien en particulier), j’ai déjà retrouvé des poèmes venant du XXe et du XIXe tels que Ponge, Rimbaud, etc … Mais après une longue recherche sur Internet et dans ma bibliothèque municipale, je ne peux trouver un poème parlant de mon thème venant du XXIe ou du XIIIe siècle. Pourtant, mon professeur m’avait dit que je pouvais en trouver dans ces époques. Pourriez-vous m’aider à trouver des références ou des livres où je pourrais retrouver ces réponses ? Merci.

Réponse apportée le 04/26/2012  par PARIS Bpi – Actualité, Art moderne, Art contemporain, Presse

Votre question nous a donné du fil à retordre car les corpus de textes ne permettent pas l’interrogation par sujet. Celle ci se fait par mots en texte intégral et on ne peut pas se permettre d’interroger avec toute une liste de mots de la vie quotidienne.

Nous pensions trouver des pistes dans l’ouvrage suivant extrait du catalogue de la Bpi mais c’est un ouvrage théorique qui ne donne que peu d’exemples ..

Titre : Poétiques de l’objet : l’objet dans la poésie française du Moyen Age au XXe siècle : actes du colloque international de Queen’s University (mai 1999) /
Éditeur : Paris : H. Champion, 2001
Description : 560 p. ; 22 cm
Collection : Colloques, congrès et conférences sur l’Epoque moderne et contemporaine ; 7

Résumé : Quelle est la démarche spécifique des poètes du Moyen Age au XXe siècle, intéressés par l’objet en tant que tel ? Quelle poétique en découle ? L’objet poétique, autre et ambivalent, est ici étudié de façon pluridisciplinaire. Comment poser le problème de l’objet ? Quels sont les rapports entre l’objet verbal et son modèle qui en est la source et qu’il décompose ?

Voici des textes que nous avons repérés en cherchant dans nos collections :

XIII° siècle

Poème anonyme in « Poètes et romanciers du Moyen age » ed Gallimard « Bibliothèque de la Pleïade », 1952 page 865

Voulez vous que je vous chant
un son d’amors avenant ?
Vilain nel fist mie
ainz le fist un chevalier
souz l’ombre d’un olivier
entre les bras s’amie.

Chemisette avoit de lin
et blanc peliçon hermin
et bliaut de soie ;
chauces ot de glaiolai
et souliers de flor de mai
estroitement chauçade.

Ceinturette avoit de feuille
qui verdist quant li tems meuille,
d’or ert boutonade.
L’aumonière estoit d’amor,
li pendant furent de flor,
par amor fu donade.


Si cela ne vous convenait pas, voir les poèmes de Rutebeuf, La complainte ou Le mariage qui comportent des vers faisant allusion à la vie domestique : http//lettres.ac-bordeaux.fr/moyenage/Poesie2_.htm

Poème 21° siècle :
On l’étendait parfois dans l’herbe
Juste pour s’asseoir, y bouger, le corps
Dans la douceur du vieux couvre-lit, la prairie
Comme une chambre en plein ciel comme si
Tout le fermé du coeur se trouvait déplié.

Le vert que broutaient les vaches, on les voyait
Parcourant lentement du grand bleu.

Un vieux couvre-lit
Comme un nuage mis par terre

extrait du recueil suivant page 40 :

Auteur : Sacré, James
Titre : Tissus mis par terre et dans le vent /
Éditeur : Bègles (Gironde) : Castor astral, [*122 doc.] 2010
Description : 83 p. : ill. en coul. ; 21 cm
Résumé : Après ¤¤Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme)¤¤ paru en 1986, ces textes poursuivent la rêverie engagée à partir des clichés de B. Abadie et la réflexion sur les rapports possibles entre le poème et la photographie. J. Sacré explore le motif du tissu.

du même auteur, un recueil au titre prometteur…mais je me suis aperçue après avoir recopié le poème qu’il datait de 1986…no comment !

Auteur : Sacré, James [*29 doc.]
Titre : Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme) /
Éditeur : Pantin : Le Castor Astral ; Saint-Lambert (Québec), 1986
Description : 44 p. : ill. ; 21 cm

Quelques bouteilles d’autres récipients deux trois objets
en verre
on pourrait dire que c’est dérisoirement futile que
pour ce poème il faudrait quand même tenter que
les mots soient davantage
de véhémence
ou bien une plus efficace présence au bord du silence
et moins le vain plaisir d’écrire
pourtant,
est-ce qu’on a pensé vraiment à la solitude par
exemple d’une petite bouteille
jetée dans un coin de jardin (coquilles d’huitres,
tessons bleus, des herbes
ou bien à des sortes d’assiettes creuses du quatrième
siècle, en verre de Cologne), et maintenant dans une
exposition urbaine ?
ou même dans une salle de séjour bourgeoise
à une carafe en verrerie rouge sur un meuble
– il arrive que la nuit du pays où c’est à de grands vents
et de la neige, dans la campagne des autobus continuent
d’avancer longtemps,
à cause de ça
on dirait que le temps ou presque son absence ainsi
ravagée
c’est comme on serait dans une grande bouteille à travers
la transparence et des traces (liquides ou couleurs),
comme sur une étagère
quelque chose d’immensément dérisoire.

En espérant avoir pu vous aider

Cordialement,

Eurêkoi – Bpi (Bibliothèque publique d’information)
http//www.bpi.fr
http//www.Eurêkoi.org

Thème(s) :  

Vous aussi vous avez une question ? 

POSEZ-NOUS VOTRE QUESTION

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *