J’ai lu quelque part que la mère d’Hemingway lui avait envoyé le fusil avec lequel son père s’était tué. Est-ce exact? Et savez-vous pourquoi?

Réponse apportée le 10/25/2010  par PARIS Bpi – Actualité, Art moderne, Art contemporain, Presse

Pour vous répondre, j’ai consulté plusieurs biographies. Toutes rapportent l’anecdote, avec des éléments d’explication : le fait que ce soit une arme familiale, avec laquelle le grand-père d’Hemingway s’était battu lors de la guerre de la Sécession, et la fascination/répulsion de l’écrivain pour le geste de son père (le premier biographe cité indique qu’Hemingway jette l’arme dans un lac, je n’ai pas retrouvé l’anecdote ailleurs).
Hemingway et son frère, qui était présent lors du suicide du père, se suicideront tous les deux comme lui, avec une arme à feu.

* Auteur : Meyers, Jeffrey
Titre : Ernest Hemingway /
Éditeur : Paris : P. Belfond, 1987
Description : 595 p. ; 24 cm
Sujets : Hemingway, Ernest–biographie

p. 13-14 : « le pere d’Ernest, Clarence Edmonds Hemingway, coulait ses balles dans un vieux moule rapporté de la guerre [de Sécession]par Anson [son propre pere, le grand-pere d’Hemingway], et il se suicida en 1928 avec le pistolet militaire d’Anson. »

p. 215 : on apprend qu’il s’agit d’un « 32 Smith et Wesson »

p. 216 : « A la demande d’Ernest, elle (la mère d’Hemingway, Grace) se fit restituer l’arme du suicide par la police et la lui envoya avec un gâteau au chocolat. Il jeta le revolver dans un lac profond du Wyoming : « Il l’avait vu s’enfoncer jusqu’à ce qu’il ne fût pas plus grand qu’une breloque dans l’eau claire, jusqu’à ce qu’il disparût. »

* Auteur : Mellow, James R.
Titre : Hemingway /
Éditeur : Monaco : Ed. du Rocher, 1995
Description : 751 p. : ill. ; 24 cm
Collection : Littérature
Sujets : Hemingway, Ernest–biographie

p. 418 : » (…) L’une des anecdotes légendaires sur les rapports de Hemingway avec Grace : cette mere sans jugeote lui avait froidement envoyé l’arme avec laquelle son père s’était tué. dans le colis en question, elle joignait aussi des cookies pour Sunny, un gâteau pour Pauline et un livre pour Bumby, accompagnés du Smith and Wesson réclamé par Hemingway. (le coroner du comté venait de lui rendre)(…) « Old Long John [écrivait-elle à son fils] est le pistolet avec lequel j’ai appris à tirer quand tu étais bébé. tu venais toujours te nicher dans mon cou quand le coup partait ». »

* Auteur : Lynn, Kenneth Schuyler
Titre : Hemingway /
Éditeur : Paris : Payot, 1990
Description : 676 p. ; 24 cm
Collection : Biographies Payot
Sujets : Hemingway, Ernest–biographie

p. 400 « Leicester (frère d’Hemingway), cependant, n’allait jamais oublier le coup de feu qu’il avait si clairement entendu de l’autre bout du couloir. (…) [il décrit la scène dans son roman autobiographique]Mais raconter la mort de son père ne fit que raviver les souvenirs de Leicester, et lorsqu’il apprit le suicide d’Ernest il ne fut plus qu’un homme hanté par la mort. En 1982, quand son médecin lui annonça qu’à cause de son diabète il faudrait l’emputer des deux jambes [répétion de la maladie de son père, avec les mêmes effets], Leicester se tua à son tour d’une balle dans la tête. (…) Après l’enterrement du docteur Hemingway, Leicester demanda à sa mère de lui donner le revolver « Long John » en souvenir. Mais Ernest fit la même requête et, lorsqu’il fut rentré à Key West, elle le lui envoya. »

J’espère vous avoir apporté la réponse que vous espériez. N’hésitez pas à refaire appel à nos services.

Cordialement,

Eurêkoi – Bpi (Bibliothèque publique d’information)
http://www.bpi.fr

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