Portrait de Lamartine par François Gérard

François Gérard [Public domain], via Wikimedia Commons

Notre réponse du 19/01/2017

Voici les deux références d’ouvrages sur Lamartine et la religion dans le catalogue généraliste de la Bpi
L’harmonie selon Lamartine : utopie d’un lieu commun
Foglia, Aurélie (1976-….) Editeur H. Champion
Date2005RésuméBibliogr. p. 719-735. Index La poésie lamartinienne unifie des domaines que la modernité a séparés : poésie, musique, politique, religion. Ceci procède d’un rapport au monde et aux mots qui se joue dans la notion d’harmonie. Or, l’harmonie au XIXe siècle, à travers le destin de Lamartine, offre un lieu commun.

La vie de Mahomet
Lamartine, Alphonse de (1790-1869) Autre(s) auteur(s)introduction et annotations de ‘Ali Kurhan , ouvrage révisé par Osama Khalil
Editeur Institut des arts et lettres arabes : l’Harmattan, Date2005
Résumé L’islam, dans cette « Histoire de la Turquie » publiée en 1854, est davantage présenté comme une secte chrétienne que comme une religion autonome. Pour Lamartine, qui cherchait à familiariser le lecteur occidental avec la religion musulmane, « l’islam est un christianisme purifié ». Mahomet est présenté comme une sorte de visionnaire, déiste et tolérant.

Dans la Bibliographie littéraire Klapp (base de données interrogeable à la Bpi), on trouve cette référence pertinente :

L’approche de Dieu chez Lamartine. Du tarissement à l’élévation poétique
Foucart, Claude
Lieu/Éditeur, Année de parution: 1993
Dans: Relire Lamartine aujourd’hui. Actes du Colloque Internat., Mâcon, juin ’90
No. de pages: 179-190
Voir dans la notice du catalogue collectif Sudoc dans quelle bibliothèque vous pouvez lire cet ouvrage (lien Où trouver ce document) :
Identifiant pérenne de la notice : http://www.sudoc.fr/002872994
Titre: Relire Lamartine aujourd’hui [Texte imprimé] : actes du colloque international, Mâcon, juin 1990 / [organisé par le] Centre de recherches révolutionnaires et romantiques de l’Université Blaise-Pascal (Clermont II) ; recueillis et présentés par Simone Bernard-Griffiths et Christian Croisille ; avec la collab. de Antoine Court et Marie-René Morin

*** Sur le site du CRLV Le Centre de Recherche sur la Littérature des Voyages (CRLV) vous pourrez lire cet article qui vous apportera matière à réflexion et sans doute un angle intéressant pour votre travail :
LAMARTINE EN ORIENT
Numero revue Astrolabe : Juillet/Août 2007
http://www.crlv.org/astrolabe/juilletao%C3%BBt-2007/lamartine-en-orient
Je vous en cite des passages :

Pourtant malgré ces allégations, on ne peut empêcher une lecture sensible et presque ethnologique de l’œuvre lamartinienne. À la fois poème lyrique, témoignage de l’esprit du temps, et miroir du refoulé, les récits de voyages et leurs adjuvants ou prolongements tels le Résumé politique du voyage en Orient[8], son Épilogue et l’Histoire de la Turquie[9], permettent de sonder l’âme du poète à partir de ses représentations de l’Autre et de l’Ailleurs. Ce postulat énoncé, il convient de prime abord d’envisager le périple de Lamartine comme une quête intimement spirituelle. Pour ce « mage romantique »[10], l’Orient semble avant toute chose l’horizon d’une révélation divine.

L’Orient ou le divin dessein rendu sensible
[…] En Orient, Lamartine rencontre Dieu et se découvre guide spirituel de l’humanité. Il aborde cette terre sacrée en quête d’idéal spirituel, et dans le foisonnement d’une exaltation introspective :
Ce jour-là commencèrent en moi des impressions nouvelles et entièrement différentes de celles que mon voyage m’avait jusque là inspirées : j’avais voyagé des yeux, de la pensée, de l’esprit ; je n’avais pas voyagé de l’âme et du cœur comme en touchant la terre des prodiges, la terre de Jéhovah et du Christ, mon voyage devint une prière[12].
Cette élévation spirituelle, cette certitude de rencontrer l’Autre et d’établir avec le divin un lien direct, culminent à Jérusalem, lorsque le poète s’agenouille enfin au Saint-Sépulcre et qu’une « grande lumière de raison et de conviction » se répand dans son « intelligence »[13]. Peut-être a-t-il alors la certitude d’une mission divine, le sentiment clair d’être appelé au service de l’humanité ? Comme l’énonce Paul Bénichou, « L’Orient est, par excellence, la fabrique des prophètes »[14]. Lamartine part pour renaître, mais cette renaissance ne trouve son sens que dans la rencontre avec l’Autre à Jérusalem, en octobre 1832, et sans doute plus encore à Beyrouth où sa fille Julia décède, victime de la tuberculose, en décembre 1832. En ce sens, l’Orient lamartinien, Orient sacré et originel, se veut initiatique, dans la mesure où il permet, non pas de changer, ni d’acquérir une quelconque sagesse orientale, mais de renaître autre.
Lamartine en Orient et la tentation syncrétique
[…] Pour Lamartine, la diversité religieuse n’est qu’apparence, les différences et particularités des dogmes n’effacent pas l’universalité de Dieu et de la prière. C’est le même Dieu, c’est la même prière que l’on retrouve chez les musulmans, les juifs et bien entendu au sein des diverses branches du christianisme. Pour un chrétien rationaliste comme Lamartine, selon qui Dieu est à la fois inconcevable et irrécusable, les analogies entre « les communions chrétiennes » sont remarquables et traduisent un même sentiment religieux. Ainsi atténue-t-il à l’extrême les différences dogmatiques comme, par exemple, quand il décrit des chrétiens libanais[26].

Le Voyage en Orient est consultable en ligne gratuitement sur Gallica la bibliothèque numérique de la Bnf.

Je vous cite le passage concernant la religion dans l’article de L’Universalis sur Lamartine
Henri GUILLEMIN, « LAMARTINE ALPHONSE DE – (1790-1869) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alphonse-de-lamartine/

« On dirait d’un mystique, ou du moins d’un croyant, aux certitudes viscérales. Or, il passe son temps à douter. Il a rompu, vers ses dix-huit ans, avec la foi de son enfance, pour passer au rationalisme. Il est revenu à cette foi, au moment de son mariage, par un coup de force intérieur. Mais c’est dans un malaise croissant qu’il s’efforce d’être « bon catholique ». S’il se rend, en 1832, en Terre sainte, c’est beaucoup – sans le dire – pour tenter de retrouver, sur ce sol « qui a germé le Christ », une ferveur déjà presque éteinte. Et c’est précisément en Terre sainte, et sous les murs mêmes de Jérusalem, que, le 25 octobre 1832, il commence ces vers qu’il terminera seulement un quart de siècle plus tard, sur « l’immatérialité de Dieu », et dont la signification première et immédiate est celle-ci : inconcevable, une incarnation de la divinité ; le Christ n’était qu’un homme. S’abat sur lui, quelques semaines plus tard (le 7 décembre), la mort de sa petite Julia : cassure définitive entre lui et la « mythologie » chrétienne ; dans les fables seulement les enfants ressuscitent. En même temps, toute la politique de Lamartine dérive d’une arrière-pensée religieuse, comme chez Jean-Jacques Rousseau, comme chez Robespierre, comme chez Jaurès. « Si Dieu n’est pas au terme du chemin, à quoi bon marcher ? » Ces mots sont du 21 novembre 1841. Sa grande bataille temporelle, déclenchée le 18 juillet 1847, dans ce discours de Mâcon où il annonça « la révolution du mépris », il l’appelle, tout bas, « la bataille de Dieu ». Rien n’est moins sûr, pourtant, à ses yeux, que l’existence d’un Dieu d’amour. Il avait voulu employer sa vie à bien agir ; il avait écarté, à plusieurs reprises (et à Florence notamment, en 1827-1828), des tentations reparues. Et « Dieu » lui avait arraché ce qu’il aimait le plus au monde : ses deux enfants. Cédar, le héros de sa Chute d’un ange, connaît le même destin et meurt dans le blasphème, jetant des poignées de pierres vers le ciel. Au printemps de 1833, Lamartine, encore dévasté par la mort de sa fille, visite Baalbek, et le vent qu’il y entend siffler entre les colonnes lui paraît âprement « moqueur ». Le 22 janvier 1845, il écrira à Champvans : « Shakespeare a raison ; la vie est un conte sans suite et sans dénouement, débité par un idiot ».

Article repérés dans Persée le portail de revues de sciences humaines en accès en ligne
D’autres angles possibles sont évoqués dans ces deux articles, l’un sur le Saint-Simonisme l’autre sur la Grèce et les désillusions de Lamartine :
Lamartine et le « Père Enfantin » [article]
Fernand Letessier Bulletin de l’Association Guillaume Budé Année 1967 Volume 1 Numéro 3 pp. 333-342 DOI : 10.3406/bude.1967.4251 http://www.persee.fr/doc/bude_0004-5527_1967_num_1_3_4251

Court Antoine. Lamartine et la Grèce. In: Le Romantisme et la Grèce. Actes du 4ème colloque de la Villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer du 30 septembre au 3 octobre 1993. Paris : Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 1994. pp. 95-110. (Cahiers de la Villa Kérylos, 4)
http://www.persee.fr/doc/keryl_1275-6229_1994_act_4_1_904
Voir paragraphe 2 Dans les pas de Lamartine. Le voyageur refroidi

Cordialement,

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