Une question me taraude depuis des années. Quand le métro (la ligne 1 notamment ) s’arrête à la station Bastille, on entend toujours sur le quai une succession de petits bruits répétitifs qui créent comme une petite mélodie. Sauriez vous à quoi cela est dû ? Merci beaucoup !

rame de métro à Bastille

L’Atelier Bruit du PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture) a travaillé à la demande de la RATP à un signalement sonore avertissant les usagers d’un écartement important, et donc potentiellement dangereux, entre les rames de métro et le quai de certaines stations. En anglais, cette distance est appelé gap (présent dans l’annonce Mind the gap). Ne trouvant pas d’équivalent satisfaisants en français, la RATP a demandé à l’Atelier Bruit de créer un son qui soit lisible (évoquant le danger et le vide) sans être trop agressif ou intrusif. L’option retenue, une succession de bip, a été mis en place en 2010.

Vous pouvez retrouver cette explication à la page 10 du Compte-rendu de l’Atelier de lancement (10 mars 2009) :

 » Mission pour la RATP, création d’un son faisant remarquer aux usagers du métro la présence d’un écartement anormalement important – et donc dangereux – entre les voitures et le quai dans certaines stations. Un mot, « gap », désigne cet écartement en anglais, et l’annonce d’alerte est « mind the gap ». Faute de mot suffisamment précis et évident dans la langue française, la RATP a demandé la création d’un son pour le signaler. Nous-mêmes ne voulions pas avoir recours à la parole, le quai étant déjà très sollicité par les annonces verbales et les discussions entre usagers. Il fallait d’abord trouver un son qui signifie « danger + vide » dans toutes les cultures, et qui tout en étant remarquable ne soit ni agressif, ni intrusif. Il fallait aussi que ce son – qui dénonce un danger dont la RATP est responsable – amène cependant à porter sur la RATP un jugement positif. 
Plusieurs métaphores ont été utilisées pour attirer l’attention des voyageurs vers le sol: le son d’un serpent se déplaçant vivement (métaphore du danger au sol), combiné avec l’évocation du risque de chute par un « h » aspiré (métaphore du vide), ou le son d’un sonar (à l’écoute des obstacles souterrains) répondant aux sons des grillons. L’émergence a été assurée par la hauteur moyenne choisie et par la spatialisation du son. Le respect du brief (évoquer les grillons qui vivaient dans le métro et se nourrissaient des mégots avant l’interdiction de fumer) n’a pas été total. Un premier test-prototype en situation a été suivi d’un test auprès des consommateurs, et le son sera mis en service en 2010, au moment ou la ligne 1 deviendra une ligne automatisée, sans conducteur. »

Cordialement,

Eurêkoi – Bibliothèque Publique d’Information

 

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