Je voudrais savoir si saint Augustin parle à un moment donné dans son oeuvre de « Montus coagulatus, montus fermentatus » pour évoquer Jésus ou si c’est un fantasme fromager du divin Dali !

tableau, Saint Augustin, Sandro Botticelli, 1480

Saint Augustin, Sandro Botticelli, 1480[Public domain], via Wikimedia Commons

Réponse apportée le 08/20/2014 la BDP Saône-et-Loire et la BSG, modifiée le 20/08/2017

Eurêkoi Bibliothèque Sainte-Geneviève :

J’ai trouvé une réponse à votre question, non sans difficultés, mais je pense être parvenu à réunir tous les éléments pour comprendre le « Parce que Jésus, c’est du fromage » de Dali.
La question a été évoquée par Ronald Hilton, professeur émérite en langues romanes à l’université de Stanford, sur le site de la World Association for International Studies (WAIS).
Cette page (https://wais.stanford.edu/Religion/religion_041122_staugustineconfessions.htm) indique que la citation de Saint-Augustin a été légèrement déformée par Fray Luis lors de la traduction. Selon Hilton, il est question de lait dans les écrits de Saint-Augustin (« that mountain flowing with milk, that fruitful mountain ») plutôt que de fromage. Il indique que ce choix est peut-être lié à la place centrale du fromage dans l’alimentation des contemporains de Fray Luis, mais ça ne reste qu’une supposition.
J’espère que cette réponse vous apportera satisfaction.

Eurêkoi Bibliothèque de Saône-Loire :

Il est probable que Dali ait voulu créer un raccourci surréaliste entre Jésus et le fromage en s’inspirant d’un ouvrage qu’il possédait dans sa bibliothèque personnelle du religieux augustin espagnol Luis de Léon (1528-1591) intitulé « les noms de Jésus » (« De los nombres de Christo ») .
Cet ouvrage est un traité sur les quatorze noms attribués au Christ dans la Bible ; à propos du nom “montagne”, Luis de Léon mentionne un commentaire de Saint-Augustin sur des écrits de Saint-Paul : « Montus coagulatus, montus fermentatus ».
Dans l’esprit du langage imagé et symbolique du mystique espagnol ainsi que dans la tradition biblique ancrée dans la culture juive (importance des références pastorales liées à l’élevage du mouton ou de la chèvre, le lait y étant synonyme de richesse) la montagne de Dieu est une montagne d’abondance et de paix fertilisée par le ferment (la présure : coagulum en latin) de la grâce divine, plusieurs expressions bibliques évoquent cette idée :
« mons incaseatus », « mons coagulatus », «mons pinguis »…

Voici également un extrait d’un colloque international présenté le 2 octobre 2003 à l’Université catholique de Louvain : Jardins et naissance dans les Confessions de saint Augustin par Paul-Augustin Deproost*

« In horto ad ortum : jardins et naissance dans les Confessions de saint Augustin » par Paul-Augustin Deproost », on y mentionne notamment le séjour de Saint Augustin dans le domaine des préalpes milanaises de son ami le grammairien Verecundus, en 386 ou 387, il y vécut une période de paix, de félicité et d’abondance qu’il compare au paradis, la montagne de Dieu.
On trouve la mention de ce séjour dans les Confessions (IX,3,5) : « Fidelis promissor reddis Verecundo pro rure illo eius Cassiciaco, ubi ab aestu saeculi requieuimus in te, amoenitatem sempiterne uirentis paradisi tui, quoniam dimisisti ei peccata super terram in monte incaseato, monte tuo, monte uberi. » :
« …La terre d’en bas et celle d’en haut sont, du reste, confondues dans la suite de la phrase, car Verecundus s’est vu absous de ses péchés « sur la terre dans la montagne fromagée, ta montagne, la montagne d’abondance ». La montagne en question est celle qu’habite le Seigneur dans le Psaume 67, 16, où le « mons incaseatus » est le correspondant vieux-latin du « mons coagulatus » de la Vulgate ; amenée par un jeu rhétorique avec le nom de Cassiciacum, cette citation biblique inscrit la montagne du Seigneur dans l’univers géorgique et fertile de la propriété montagneuse de Verecundus, où Augustin s’est retiré. Entendu dans cette perspective symbolique et dans le fil de la citation biblique, le « rus Cassiciacum » est le lieu du repos et de l’abondance, la « patrie de la paix » qu’observait Augustin, sans trouver le chemin qui y conduisait… »

Voici la traduction du dictionnaire latin/français Gaffiot pour les mots :

« caseatus » : où il y a du fromage. Fig. : gras, fertile

« Coagulo » : coaguler, figer, épaissir un liquide « lac coagulatur in caseum » : le lait se forme en fromage.
AUG . Psalm 75,8 : établir la paix
« Coagulum » : présure, lait caillé. Fig. : ce qui réunit, qui rassemble

Nous vous proposons pour le plaisir un extrait des Archives de l’INA :
-Dali s’exprimant sur “le Christ, c’est du fromage” lors d’une émission radiophonique du 30 septembre 1961 :
http://player.ina.fr/player/embed/I00008167/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/460/259>

Cordialement,
Eurêkoi – MACON BDP Saône-et-Loire

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A quelle date est rentrée dans la Police Nationale la 1ère femme gardien de la paix ? dans quelle école a t-elle effectué sa formation ?

deux policier de dos, une femme et un homme

CC0 Public Domain, via Pixabay

Quel a été son premier poste d’affectation? Lors de cette promotion l’accueillant, combien de femmes en faisait partie au niveau national ? Merci d’avance

Réponse apportée le 03/26/2009  par MACON BDP Saône-et-Loire et révisée le 26/07/2017

Le premier concours ouvert aux gardiennes de la paix eut lieu en 1978. D’après le site du journal « L’Union » (Champagne-Ardennes), la 1ère promotion de gardiennes de la paix (51 élèves, 30 lauréates) a été formée à Reims. (Cet article n’est plus consultable en ligne)

L’Ecole Nationale de Police de Reims le signale sur son site :
« 1979 : incorporation des 51 premières femmes gardiens de la paix de France au sein de la 89èmepromotion sur un effectif total de 200 élèves. »

Le site de la police du Ministère de l’Intérieur, dans la rubrique Histoire précise que « en 1966, quelques femmes sont intégrées aux services actifs par la voie du concours d’officier de police. Recrutées, dans un premier temps, pour des missions liées à la protection de l’enfance, elles voient cette restriction disparaître avec l’accès à tous les postes ouverts au concours d’inspecteur de police (anciennement officier de police) en 1972, de commissaire de police en 1974, de gardien de la paix en 1978 et d’officier de paix en 1982. »

Dans Histoire de la police française, de Georges Carrot, paru aux éditions Tallandier en 1992, il est précisé que « c’est seulement en 1914 que douze jeunes femmes pénètrent très modestement à la préfecture de police sous le nom de « Dames dactylographes ». Il faudra encore attendre mars 1935 pour que soit lancé un premier recrutement féminin dans les services actifs. Il concernait deux « Assistantes de police » chargées d’assurer, en uniforme, la protection des enfants sur les voies et dans les lieux publics. »

Citons l’ouvrage De la « sergote » à la femme flic : une autre histoire de l’institution policière (1935-2005) par Geneviève Pruvost, paru aux éditions La Découverte, en 2008.
Vous en trouverez un compte-rendu sur le site du portail français des sciences sociales : Jérémie Gauthier, « Geneviève Pruvost, De la « sergote » à la femme-flic. Une autre histoire de l’institution policière (1935-2005) », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2009, mis en ligne le 18 janvier 2009, consulté le 10 août 2017. URL : http://lectures.revues.org/719
On y trouve une série de références d’articles de presse sur la féminisation du corps des gardiens de la paix et de la première promotion parus à l’époque, ainsi que les références de journaux télévisés que vous pourrez consulter sur le site de l’INA  :

– Pascal Martini, « Les femmes gardiens de la paix », Voix de la Police Nationale (CGT), Juillet-août-septembre 1978, n°43.
« Madame l’agent… », Le Matin, 15 février 1978, entrefilet.
« Des femmes gardiens de la paix ? », L’Humanité, 15 février 1978, entrefilet.
« Femmes agents de police », Journal Télévisé 20h, 8 novembre 1978, canal 1.
« Madame le policier », L’Unité Syndicale, Jacquemin, secrétaire général de la 10e Région, 5 mars 1979, n°145.
« Ce sont les premières femmes gardiens de la paix », France-Soir, 23 mai 1979, 1 p. + grande photo avec les femmes en treillis au stand de tir.
« Les femmes gardiens de la paix », Revue de la Police Nationale, juillet 1979, n°110, p. 385 + photos, une femme gpx en uniforme pantalon, photo de trois femmes en chemise, cravate, au mess, photo de femmes avec leur arme et un moniteur de sport, photos de femmes en train de défiler.
« Lyon, onze femmes gardiens de la paix », Le Matin, 5 août 1979, entrefilet.
« Femmes gardiens de la paix », Journal Télévisé, 7 août 1979, canal 2
« femmes gardiens de la paix », Journal Télévisé, Soir 3, 8 août 1979, canal 3, 19h10
« Les femmes flics », Journal Télévisé, Midi 2, 8 août 1979, canal 2.
« Et toc ! Madame l’agent », France-Soir, 22 septembre 1979, entrefilet.
« Bienvenue aux gardiens de la paix féminins », SGP, Claude Montmorency, secrétaire général adjoint, 29 octobre 1979. »

Voir également ce rappel historique en image Les premières femmes gardiens de la paix  sur le site APP Amicale-Police-Patrimoine.fr

Vous pouvez également, le cas échéant, vous renseigner auprès du musée de la police nationale, pour consulter leurs archives.

En espérant avoir répondu au mieux à votre question, nous vous remercions de la confiance que vous avez accordée à notre service.

Cordialement,

Eurêkoi – BDP de Saône-et-Loire et Bpi

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Quel est le cri de la taupe ?

Photographie d'une taupe

By Joseph Sardin [CC BY 2.0], via Flickr

Je désirerais connaître le bruit, le cri de la taupe. Si ce dernier peut être audible par l’Homme. Si elle n’en a pas, quel est le moyen de discussion avec ses congénères ?

Réponse apportée le 03/31/2009  par MACON BDP Saône-et-Loire – révisée le 05/07/2017

L’Encyclopédie des animaux propose une fiche descriptive sur la taupe. Il est écrit que la taupe « émet un gazouillement, renifle quand elle est excitée ; aussi des cris perçants, peut-être même des ultrasons. Le bruit de sa mastication ou ses reniflements d’exploration peuvent aider à la localiser ».

Dans l’ouvrage Mammifères de France, paru aux éditions Artémis (collection Découverte nature), il est mentionné que la taupe émet des « couinements, petits gazouillis ».
Retrouvez un extrait de ce livre sur Google Books.

Cordialement,

Eurêkoi – Bibliothèque Départementale de Saône-et-Loire

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Comment trouver une liste de toutes le manifestations ou concours concernant la photographie, la peinture, la sculpture, les arts plastiques, auxquels un artiste peut s’inscrire pour participer ?

Exposition au musée d'art de Pékin

By Tboiron [Public domain], via Wikimedia Commons

Réponse apportée le 04/24/2009  par MACON BDP Saône-et-Loire – Saône-et-Loire, Bourgogne – révisée le 03/07/2017

 

Il n’existe pas de répertoire exhaustif des concours et manifestations artistiques en France, nous vous proposons donc différents outils qui vous permettront d’accéder à une information partielle dans ce domaine :

Le guide international Art & concours
Epitheme éditions, 2005
Ce guide recense les concours organisés en France, en Europe et dans le reste du monde pour promouvoir la création artistique ou susciter les échanges artistiques dans les domaines des arts plastiques, de la bande dessinée, du design, du dessin, etc. Il précise pour chacune des 322 manifestations répertoriées : les organisateurs, les disciplines concernées, les dotations, les objectifs, etc.

Nous vous proposons également de consulter le site Artactu.
Il s’agit d’un site de sélection d’expositions classées en trois rubriques : à Paris, en régions et à l’étranger. Artactu propose aussi une sélection de livres d’art et d’événements annoncés par le web. Archives depuis septembre 2007.

Le portail officiel de la Culture en France, site du ministère de la culture, permet d’avoir accès aux événements culturels des différentes régions, avec un accès thématique, géographique et par types de manifestations.

Le portail des Arts Plastiques répertorie quelques concours en sculpture et peinture.

Vous pouvez également contacter le CNAP (Centre National des Arts plastiques) ou consulter son site. Il a pour mission de soutenir la création artistique contemporaine.

Sur le site du ministère de la culture, vous pouvez consulter les Appels d’offres, résidences et concours proposés par des fonds régionaux d’art contemporain, des centres et des écoles d’art.

La société Active-Art spécialisée dans la création et l’animation de sites Internet pour les artistes propose le téléchargement gratuit sur son site d’un guide intitulé : « Les lieux pour l’art : répertoire des sites de salons, biennales, foires, festivals« .

Le magazine « La Tribune de l’art » propose sur son site le calendrier des expositions des musées.

Enfin, le magazine « Beaux-arts » contient chaque mois une rubrique importante dédiée aux expositions artistiques en France classée par régions.

Cordialement,

Eurêkoi – Bibliothèque publique d’information

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Bonjour, je recherche des documents sur Gloria Friedmann (sculptrice)

Réponse apportée le 08/12/2013  par MACON BDP Saône-et-Loire – Saône-et-Loire, Bourgogne

La recherche menée sur cette artiste vous propose la notice biographique issue de l’ouvrage : Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs / E. Bénézit. – Grund, 1999
Disponible sous la cote : 7(092) BEN vol. 2/ vol. 3
Niveau 3 – Arts, loisirs, sports

Sous le nom :  » FRIEDMANN, Gloria  » on peut lire :
« Née en 1950 à Kronach (Allemagne) XXe siècle.
Depuis 1977 active en France. Allemande.
Sculpteur, auteur d’assemblages, créateur d’environnements, technique mixte.
Tendance arte povera.
Autodidacte, elle s’installe en Bourgogne, en 1977, à Aignay-le-Duc, où elle vit et travaille. Depuis 1980, elle participe à de nombreuses expositions collectives, en France : Villeurbanne, Strasbourg, Dijon, et surtout Paris : 1980 XIe Biennale, 1981 musée national d’Art moderne, 1985 Salon de la Jeune sculpture, et à l’étranger : 1986, Berlin, Rome, 1987 Zagreb, Documenta 8 de Kassel ; 1988, Hambourg, New York ; 1991, Essen, Padoue, Los Angeles…
Elle montre également des oeuvres dans des expositions personnelles, à Paris : 1980, musée d’Art moderne de la Ville ; 1986, 1988, 1991, galerie Montenay ; ainsi que 1987, musée de Grenoble ; 1992, Museum Modern Kunst à Vienne et Kunst-museum d’Ittigen ; 1993 le Consortium de Dijon et Kunsthaus de Nuremberg, 1994, Centre d’art contemporain à Vassivière-en-Limousin, 1995 Pour qui ? Contre qui ? à la Villa Arson Nice, 1998 galerie Cent 8 à Paris. Outre les musées et galeries, elle expose dans des lieux plus originaux, comme l’église des Jésuites de Sion, celle de Val-de-Vesle, la cour XVIIe du palais Liechenstein à Vienne, mais aussi dans la nature, ainsi dans la forêt de Bar-le-Duc.
Elle commence à aborder la photographie au début des années quatre-vingt, se mettant en scène dans des lieux désaffectés.
A partir de 1982, elle travaille sur le paysage, dans des sortes de tableaux reliefs, dans lesquels elle s’attache à recréer la nature avec les produits du quotidien, de l’industrie, qui ne valent presque rien, tels que tuyaux, pare-brise, plaques de fer rouillées. Ainsi, utilise-t-elle des sacs poubelle, mettant en avant leurs qualités plastiques, dans son oeuvre « Ciel orageux sur West-schleswig » dont le titre pourrait évoquer certains paysages romantiques.
Puis, elle se tourne vers la sculpture, privilégiant, désormais, les formes minimales et les matériaux naturels, bois, os, crin, granit, terre (…) afin de donner une vision de la vie originelle mais aussi de sa destruction. En effet, grand nombre des matériaux présents dans ses oeuvres sont morts. Ils ont subi des transformations, comme le charbon, qui résulte de la lente décomposition de matières organiques ou les animaux empaillés : ainsi le cerf blanc aux superbes bois sur un tas de feuilles mortes face à une sphère en mousse monumentale et un cône en écorce dans l’oeuvre de 1992 « Les Représentants » ou le coq aux couleurs rutilantes juché sur une pile de bois calciné, parfaitement agencée.
Parallèlement à ces environnements, presque baroques, elle réalise des oeuvres à rapprocher de l’arte povera : ainsi ce rondin en chêne nommé « Satellite », de même ces deux grands rectangles de granit et de peau, le premier posé contre le mur, le second fixé au mur dans « Lascaux », mais aussi ce mémorial à la nature, « Du Terroir », composé d’une caisse de bois évidée en son centre, qui se dresse, haute de trois mètres, sur un monticule de terre, fraîchement retournée, et dans laquelle on peut voir, à travers une grille, des feuilles, des crânes, des morceaux de bois, des plumes, tous ces fragments de nature sélectionnés par l’artiste.
Gloria Friemann ne prône pas un retour à la nature de type Rousseauiste, elle s’attache plutôt à mettre en scène la décomposition du monde irrémédiablement marqué. Elle puise, dans l’univers, sans jamais le plagier, les forces mais aussi la matière de ses oeuvres. Elle montre ainsi qu’en empruntant à la nature, elle ne peut que représenter une nature morte : « Je n’imite pas la nature, je la recrée en l’évoquant, en la contrariant. »
Son oeuvre, reflet de certaines préoccupations actuelles, en particulier la mort de la planète, est lieu d’interrogations. L’artiste en propose une interprétation originale, chargée d’émotions, bâtit une ode aux phénomènes naturels, fruit de son expérience, de ses souvenirs, qui saisit par son évidente simplicité. Laurence Lehoux… »

Je vous propose également cet article sur Gloria Friedmann issu du : Dictionnaire international de la sculpture moderne & contemporaine / Alain Monvoisin. – Ed. du Regard, 2008 :

« …FRIEMANN, GLoria
Gloria PETERHANSELN, DITE
(1950, KRONACH, ALLEMAGNE)
Gloria Friedmann, se fait connaître vers le début des années 80 avec des sculptures d’emblée inspirées par la nature dont elle métaphorise des fragments à l’aide de matériaux inattendus (le verre pilé devient l’écume des vagues en plaques de verre dans « Les Vagues finissantes sur la plage » et deux murs parallèles de parpaings crépis de vert deviennent « L’Allée des tilleuls », 1985). Puis ce sont des oeuvres monumentales de plein air, notamment celles qu’elle exécute dans une forêt proche de Bar-le-Duc en 1986 (« Un hommage au beau naturel ») : l’une d’entre elles consiste en un lourd panneau de sapin de 4 mètres de haut, poli et gravé du titre de l’oeuvre, « Au fond de la forêt », et planté au milieu des arbres tandis qu’une autre est un grand parallélépipède en fer rouillé dressé sur un tas de terre, à travers lequel une ouverture protégée par une grille laisse entrevoir un amas de feuilles mortes, d’ossements d’animaux, et de plumes d’oiseaux (« Du Terroir »). Cette confrontation entre nature et culture, très ancrée dans l’art allemand d’après-guerre (Beuys, Laib, Rinke,…) prend avec ses propositions une dimension particulière en raison de l’extrême rigueur de ses mises en scène ainsi que de leur adéquation aux lieux : « Chaque espace naturel à ses propres courants d’énergie qu’il faudra libérer avec l’oeuvre. Chaque espace est différent et me communique des émotions particulières… »
Si ses matériaux de prédilection, dont elle dresse un inventaire dans les « Parias » (1991-1994), boîtes de verre dans lesquelles elle enferme et livre à la décomposition fruits, légumes, fromage, charcuterie, etc., s’inscrivent à la lettre dans le domaine de la nature morte, ses « Tableaux vivants » ainsi que ses « Représentants » recourent à un éventail de matéraux plus éclectiques : un cochon et un saxophoniste sont placés derrière une muraille de sacs-poubelle pleins de déchets recyclables (1994), une chasse à courre stationne parmi des bidons de pétrole sur le carreau d’une mine de charbon de la Ruhr (1994) tandis que, plus tard, les drapeaux des pays de la Communauté européenne flottent derrière un rideau d’os blanchis (1998). « La terre, la pierre, des ossements, des peaux d’animaux sont des symboles anciens, destinés à recouvrir des dogmes philosophiques et des idées morales dont le sens serait perdu. » Loin de s’enfermer dans une interprétation du sentiment de la nature proche du romantisme allemand, Gloria Friedmann met au jour les évidences brutes du quotidien (le haut militaire et le faucon dans « Erzähl den Verlieren vom Ende der Zieger », 2003) se refusant toutefois à communiquer au spectateur un état d’angoisse pour lui proposer plutôt « une réflexion qui calme l’esprit sur notre propre existence : sans mort, pas de vie… »

Voici également quelques références de catalogues d’exposition, articles de revue et livres sur Gloria Friedmann et son oeuvre : vous pouvez utiliser les notices (identifiants pérennes) du Sudoc pour localiser ces ouvrages (ce catalogue permet de trouver un document dans les bibliothèques universitaires françaises, de l’emprunter directement ou par le prêt entre bibliothèques (PEB) ; il vous permet aussi de connaître les horaires et fermetures annuelles de ces bibliothèques..)

– Gloria Friedmann : [exposition], Kunstsammlungen zu Weimar, 14.01.-11.03. 2001, Musée-château d’Annecy, 22.03.-30.04. 2001, Stadhaus [i.e. Stadthaus] Ulm, 15.07.-09.09.2001 / [textes de William Saadé, Pierre Restany, Éric Troncy, et al.]
Editeur: Éd. du Regard, Paris: 2000.
G. Friedmann est une artiste de son temps, vivant dans un climat de communication entre nature et culture, dont l’oeuvre se nourrit de messages sélectionnés avec pertinence, qu’elle transforme en images élaborées en scénarios.
Identifiant pérenne : http://www.sudoc.fr/058961666>

– Gloria Friedmann… : exposition « Lune rousse », [Paris], au Musée Bourdelle du 9 octobre 2008 au 1er février 2009 / [textes de Éric Troncy, Élisabeth Lebovici et Jean-Christophe Bailly]
Editeur : Paris musées : Musée Bourdelle, Paris: 2008.
Textes français et trad. anglaises en fin de vol..
Contient : « Entretien avec Gloria Friedmann « , propos recueillis par Élisabeth Lebovici.
Présentation des réalisations, pour la plupart inédites, de Gloria Friedmann mises en place au coeur du Musée Bourdelle et de ses collections. Sa pratique s’inscrit dans la tradition de la sculpture, son utilisation de la terre et du plâtre et son attachement au travail manuel.
Le catalogue est suivi d’une rétrospective des oeuvres de l’artiste sur la période 1980-2008.
Identifiant pérenne : http://www.sudoc.fr/132780828>

– Play-back d’Eden : monologue d’une artiste face à un primate naturalisé / Gloria Friedmann.
Editeur : Jannink, Paris: 2003/ Collection L’art en écrit, n° 59
Réflexion adressée à un primate, sur la nature, la nature de l’art et de l’humain, intégrant un tableau vivant réalisé le 19 juin 2003 au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en compagnie de Frans de Waal, primatologue, et de Jean-Christophe Bailly, écrivain.
La version de luxe est enrichie d’une oeuvre originale signée de l’artiste pour les 290 exemplaires.
Identifiant pérenne : http://www.sudoc.fr/076690644>

// Ouvrage, catalogue, réédité en 2013 : « Gloria Friedmann : Play-back d’Eden : exposition du 30 mars au 16 juin 2013 », Fondation Maeght, Saint-Paul de Vence [catalogue par Jean-Christophe Bailly et Catherine Millet ; avec les contributions d’Adrien Maeght et d’Olivier Kaeppelin]
Identifiant pérenne : http://www.sudoc.fr/169931927>

– Histoires naturelles : journal d’un amateur / Alain Coulange
Editeur : Pictura, Toulouse: 1991.
Sur le mode du journal sont abordés certains aspects des oeuvres de Bertrand Lavier, Gloria Friedmann, Michel Verjux.
Identifiant pérenne : http://www.sudoc.fr/021951969>

Je vous propose enfin quelques articles de revues, trouvés en consultant la base Art full text (H.W Wilson) : Base de données généraliste en art, en deux segments : ART FULL TEXT, qui propose le texte intégral de 300 périodiques publiés depuis 1995 et une bibliographique (références et résumés) pour les documents antérieurs, depuis 1984 ; et ART INDEX RETROSPECTIVE qui propose le texte intégral et une bibliographie couvrant les années 1929 à 1984.

* Dans l’atelier de Gloria Friedmann : femme de tête et artiste animale / Fabrice Bousteau
Beaux-arts, 01 mai 2013, n°347, pp.76-81
Depuis le début des années 1980, Gloria Friedmann dessine une oeuvre unique qui interroge les relations entre nature et culture. « Beaux-arts magazine » l’a rencontrée dans son atelier au coeur de la Bourgogne rurale, à la veille de son exposition à la fondation Maeght.

* Gloria Friedmann, la nature à l’oeuvre / Guillaume Morel
Connaissance des arts, 01 mai 2013, n°715, pp.58-63
Sensible et engagée, l’oeuvre polymorphe de Gloria Friedmann explore les rapports ambigus qu’entretient l’homme avec son environnement. L’artiste nous a reçus en pleine préparation de son exposition à la fondation Maeght, à voir jusqu’au 16 juin 2013.

* Gloria Friedmann : « La peinture était une terre inconnue » / Frédéric Bonnet
Journal des arts, 12 avril 2013, n°389, p.16
La Fondation Maeght, à Saint-Paul, présente les premières et récentes peintures de Gloria Friedmann, autour d’une réflexion sur la nature.

* Gloria Friedmann. La chasseresse et l’oeuvre-proie / Philippe Dagen
Monde 2 (Le), 18 juillet 2009, n°283, pp.40-45
Actrice, costumière, mannequin, Gloria Friedmann s’est longtemps cherchée. En Bourgogne, elle s’est trouvé des lieux de création, dont un atelier, une « zone de confusion », où elle se laisse guider par la matière lors d’un processus qu’elle compare volontiers à une traque pour, au final, « trouver la forme juste d’une idée ».

* Gloria Friedmann : cabaret / Catherine Millet
Art Press, 01 septembre 2008, n°348, pp.53-57
Du 9 octobre 2008 au 1er février 2009, Gloria Friedmann investit la totalité du musée Bourdelle, à Paris. Au total, une dizaine de haltes (Alphaville, le Contemporain, Cabaret, Mammalia, Terminus des étoiles, Ultra corps…) qui, sous le titre général de « Lune rousse » offriront au visiteur le loisir de découvrir les multiples aspects d’une oeuvre désormais dans la pleine affirmation de ses moyens

* Gloria Friedmann, Valérie Favre
Ninety (ISSN 0294-1880), octobre 2000, n° 36
Deux artistes au sommaire de cette revue d’art contemporain.

En espérant avoir répondu au mieux à votre question, nous vous remercions de la confiance que vous avez accordée à notre service.

Cordialement,

Bibliothèque départementale de Saône-et-Loire
Site Internet : http://bdsl.cg71.fr

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Je recherche une bibliographie d’auteurs allemands(traduits en langue française), ayant abordé le sujet du mur de Berlin dans des ouvrages de fiction.

Réponse apportée le  09/04/2012 par MACON BDP Saône-et-Loire – Saône-et-Loire, Bourgogne

Notre recherche bibliographique s’est orientée vers des ouvrages destinés à un public adulte. Si vous souhaitez également des ouvrages de fiction pour la jeunesse, merci de nous repréciser votre demande.

Voici tout d’abord un exposé synthétique sur le roman allemand contemporain, proposé par la bibliothèque départementale de Maine-et-Loire qui situe le contexte littéraire : « Le thème de l’identité allemande : la division du pays est une blessure ouverte dont la littérature témoigne. Pour une nouvelle génération d’écrivains (U. Johnson, Peter Schneider, Fritz Raddatz, Thorston Becker), le Mur de Berlin est emblématique d’une dictature toujours présente dans la conscience allemande ».
Vous pouvez le consulter en cliquant sur ce lien :
http://www.cg49.fr/medias/PDF/themes/culture_sports/bdp/boi
te_outils/roman_allemand_contemporain.pdf

Le Goethe-Institut de Bordeaux propose également de nombreuses références de livres de littérature allemande évoquant la chute du mur :
http://www.goethe.de/ins/fr/bor/prj/lde/frindex.htm

Nous vous proposons une sélection bibliographique d’ouvrages que la bibliothèque départementale ne possède pas, mais dont vous pouvez suggérer l’achat :

Les orphelins du tsar / Vladimir Volkoff. – Ed. du Rocher, 2005
Résumé : en 1991, deux ans après la chute du mur de Berlin, au cimetière de Sainte-Geneviève-des-Bois dans le sud de Paris, une jeune journaliste française est assise sur la tombe d’un aïeul russe et lui annonce les changements qui s’opèrent avec la chute du communisme. Au même moment, arrive un jeune capitaine du KGB qui se recueille sur la même tombe.

Fugue en lit mineur / Michael Kumpfmüller ; traduit de l’allemand par Nicolas Véron. – Ed. Denoël, 2003
Résumé : Heinrich Hampel, vendeur de lits endetté, décide en 1962, peu de temps après la construction du mur de Berlin, de partir vivre à l’Ouest afin d’échapper à ses conquêtes trop envahissantes et à ses créanciers. Retrace l’histoire de l’Allemagne divisée à travers l’odyssée de ce citoyen ordinaire.

Musique militaire / Vladimir Kaminer ; traduit de l’allemand par Jeanne Etoré-Lortholary. – Ed. Belfond, 2003
Résumé : entre autoportrait satirique et roman picaresque, ce récit dresse le portrait de la Russie, des années 1960 à la chute du mur de Berlin. Né à Moscou en 1967, l’auteur y relate les maux de la société russe : alcoolisme, mal de vivre, poids de l’appareil d’Etat, etc.

Le sauteur de mur / Peter Schneider ; traduit de l’allemand par Nicole Casanova. – Ed. Grasset, 2000.
Résumé : ce récit est une chronique d’investigation où le narrateur va et vient dans une « ville siamoise » coupée en deux par un ruban de béton : Berlin. Sans choisir son camp, Schneider, homme de l’Ouest, tisse un treillis d’histoires, celle du chômeur Kabe qui sauta quinze fois le mur pour rejoindre l’Est, celle des trois écoliers qui passent à l’Ouest pour se gaver de westerns.

Nox / Thomas Hettche ; traduit de l’allemand par Bernard Banoun. – Ed. Grasset, 1997.
Résumé : le roman d’une nuit, celle de novembre 1989 où s’ouvrit le mur de Berlin. Une femme commet un crime, abandonne sa victime, fait de nombreuses rencontres, recherche sa propre identité. Cette promenade dans la nuit, comme un poème expressionniste, mêle le rythme du corps à celui de la ville.

Visas d’un jour / Hanns Zischler ; traduit de l’allemand par Jean-François Poirier. – Ed. Bourgois, 1994.
Résumé : textes écrits entre 1983 et 1993, au cours d’une période que certains associent aujourd’hui au naufrage des deux Berlin, soit avant, pendant et après la chute du mur.

Les quatre outilleurs / Volker Braun. – Ed. Inventaire, 1998.
Résumé : un conte drolatique faisant référence à l’ancienne RDA et à la réunification.

Voici enfin une liste de romans allemands disponibles à la bibliothèque départementale :

Amanda sans coeur / Jurek Becker ; trad. de l’allemand Nicole Casanova. – Paris : Grasset, 1994. – 332 p. ; 23 x 14 cm.
Résumé : trois hommes ont aimé Amanda en Allemagne de l’Est, avant la chute du mur. Avoir un écrivain dissident pour épouse terrifie Ludwig, communiste bon teint, qui demande le divorce. Vivre avec Fritz empêche Amanda d’écrire. Elle entrevoit ce que veut dire écrire en RDA. Stanislas, journaliste en RFA, s’en fait aimer et l’épouse. Elle reprendra son livre.

Animal triste / Monika Maron ; trad. de l’allemand. – Albin Michel, 1998

Chute libre à Berlin / Peter Schneider ; trad. de l’allemand Nicole Casanova. – Paris : Grasset, 2000. – 320 p. ; 23 x 14 cm.
Résumé : très loin de Berlin, sous le soleil californien, le chercheur Edouard Hoffmann apprend qu’il a hérité d’un immeuble situé à Berlin-Est. Cet immeuble, il n’en a jamais entendu parler ; du grand-père qui le lui a légué, il ignore à peu près tout. De retour à Berlin, après une absence de plusieurs années, il découvre une ville en chantier dont il ne connaît plus rien.

Le complexe de Klaus / Thomas Brussig ; trad. de l’allemand Olivier Mannoni. – Paris : Albin Michel, 1998. – 316 p. ; 23 x 15 cm. – (Grandes traductions).
Résumé : qui est Klaus Uhltzscht, ce parfait inconnu dont la rumeur dit qu’il aurait joué un rôle essentiel dans la chute du mur de Berlin, juste en baissant son pantalon ? Un jeune mâle déchaîné, explique-t-il au journaliste américain venu l’interroger. Et le voilà qui raconte sa jeunesse entre une mère castratrice, inspectrice de l’hygiène et un père autoritaire, agent de la Stasi.

Fontaine d’appartement / Jens Sparschuh ; trad. de l’allemand. – Actes sud, 1998

Histoires sans gravité / Ingo Schulze ; trad. de l’allemand Alain Lance, Renate Lance-Otterbein. – Paris : Fayard, 1999. – 250 p. ; 24 x 12 cm. – (Littérature étrangère).
Résumé : 29 chapitres qui peuvent se lire comme autant de petites histoires, mais qui composent aussi un récit entier. La plupart de ces récits se déroulent dans la partie orientale de l’Allemagne juste après la réunification. La vie quotidienne racontée avec une prédilection pour les incidents minuscules et le sens du tragi-comique.

Match retour / Ulrich Woelk. – Actes-Sud, 1994

Les Pleurs de Babel ou Le Siècle d’Erna / Georges Walter. – Phébus, 1993

Toute une histoire / Gunter Grass. – Seuil, 1997

La ville derrière le mur / Philip Hensher ; trad. de l’anglais Hugues de Giorgis. – Paris : Bourgois, 1999
Résumé : Berlin Ouest, 1988 avant la chute du mur. Frederich vit petitement, travaillant deux jours par semaine dans une librairie. Daphné est étudiante et fait partie d’un groupe d’activistes en lutte contre les symboles trop voyants du capitalisme. Les personnages s’expriment sur les conséquences inattendues de l’effondrement du rideau de fer et vivent des aventures cocasses et déjantées.

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Bibliothèque Départementale de Saône-et-Loire

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