Sociologie : Existe-t-il des études sociologiques sur l’engouement des populations pour les tatouages, au sein des pays de l’OCDE ? Si oui, quels sont les résultats majeurs ?

Bibliothèque publique d’information, notre réponse du 05/08/2020. 

Enseigne tatouage by Fabio Tura on Unsplash


Nous avons interrogé plusieurs bases de données et avons procédé à de multiples recherches au sein des sites de statistiques comme l’ Insee (L’Institut national de la statistique et des études économiques est chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles en France) et l’ Ined (Institut National d’Étude Démographique) qui n’ont abouti à aucun résultat pertinent.

Nous avons ensuite recherché au sein de HALHyper articles en ligne qui est une plateforme en ligne, développée en 2001 par le Centre pour la communication scientifique directe du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique), destinée au dépôt et à la diffusion d’articles de chercheurs.

Nous y avons repéré ce document :
Tatouages à motifs ethniques : motivations d’une pratique chez les jeunes adultes, par Élise Müller. Revue des Sciences sociales, Presses Universitaires de Strasbourg, 2010. 


Ensuite nous avons interrogé la base de données Cairn.info qui est une plateforme de revues, magazines, encyclopédies de poche et ouvrages collectifs français en sciences humaines et sociales :
Le monde à fleur de peau : sur le tatouage contemporain, par David Le Breton,  Hermès La Revue, 2016/1 (n° 74), p. 132-138. Consulté le 05/08/2020.
Résumé : 
Le tatouage est une limite symbolique dessinée sur la peau, elle fixe une butée dans la recherche de signification et d’identité, elle est une sorte de signature de soi par laquelle l’individu s’affirme dans une identité choisie. Nous sommes aux antipodes des attitudes rebelles d’autrefois où le tatouage marquait une appartenance populaire, virile, un peu voyou, et à l’inverse dans une attitude consumériste. Le tatouage est aujourd’hui banalisé, il ne recèle plus rien de subversif, il est l’affirmation d’une esthétique de la présence.



De la même manière, nous avons interrogé la plateforme Openedition qui est une plateforme numérique proposant l’accès à plus de 500 revues universitaires et 7200 livres numériques en histoire, anthropologie et sociologie.
De chair, d’encre et de quotidien : une ethnographie du corps tatoué par Sébastien Lo Sardo, Techniques & Culture, p52-53, 2009. Consulté le 05/08/2020.
Résumé :
Fondé sur un travail de terrain de deux années, cet article vise à rendre compte des liens qui unissent les pratiques contemporaines de tatouage à la construction des identités sociales. Depuis une quinzaine d’années, le tatouage occidental est l’objet d’un nombre croissant de recherches en sciences sociales. Pour l’essentiel, cependant, ces travaux demeurent prisonniers d’une approche sémiotisante qui réduit le corps à une surface symbolique, passivement soumise à l’inscription de sens.
Notre approche, au contraire, se veut empiriquement ancrée dans ce que les pratiques corporelles ont de concret et de matériel. Il s’agit de proposer une ethnographie centrée sur la pragmatique des usages quotidiens (corporels, vestimentaires ou discursifs) des marques tatouées. […]

Représentations du tatouage : le paradoxe de la différenciation et de l’assimilation par Mélanie Girard, Simon Laflamme et Claude Vautier, In Nouvelles perspectives en sciences sociales, Volume 15, Numéro 1, Novembre 2019, p. 93–171. Consulté le 05/08/2020.
Résumé :
La technique du tatouage serait, en principe, aussi vieille que l’humain. Réservée à peu près exclusivement aux sous-cultures de la déviance pendant la majeure partie du XIXe siècle, on voit s’étendre son usage, en Occident, depuis les années 1980, 1990, période pendant laquelle on assiste à une expansion des modifications corporelles en général. La question se pose donc de savoir comment expliquer cet engouement récent pour les bodmods dont, au premier chef, le tatouage.
Dans ce texte, nous soutenons, d’une part, que sa montée en popularité peut s’expliquer par une épistémè qui prend racine dans quatre phénomènes distincts, mais interreliés : le rapport à l’espace qui se noue dans les années d’après la première guerre et qui se cristallise en 1969 avec les premiers pas sur la lune ; la montée en puissance des super héros, portés par des plateformes comme Marvel Comics et DC Comics ; la révolution sexuelle et le mouvement hippie qui en est le corollaire ; l’apparition d’internet et des réseaux sociaux en particulier. […]
À travers les données tirées d’une enquête franco-canadienne et en distinguant entre personnes non tatouées, peu tatouées et très tatouées, nous démontrons que, bien que la dimension artistique soit plus présente dans le discours français et la dimension symbolique, plus caractéristique du propos canadien, le tatouage éveille globalement, chez les individus interrogés, des référents liés à sa dimension artistique et esthétique, à la santé et au fait qu’il amène à transgresser des normes et à repousser ses limites physiques et psychologiques. […]


Tatouages et modifications corporelles : d’un phénomène sociologique à un objet juridique, in Dalloz Actualités : Le droit en débats, le 20/06/ 2019. Consulté le 05/08/2020.
Extrait : 
Mais le tatouage s’est largement démocratisé, jusqu’à devenir un phénomène de société. Un sondage de 2018 réalisé par l’IFOP à la demande du journal La Croix révèle que 18 % des Français de plus de 18 ans sont ou ont été tatoués. Fin 2016, ils n’étaient que 14 %, et seulement 10 % en 2010. Les 18-35 ans représentent aujourd’hui 29 % des Français tatoués. Parmi les habitants des trois pays étudiés, la France et le Royaume-Uni (21 %) sont à un niveau similaire mais inférieur à celui des États-Unis où 31 % des plus de 18 ans ont gravé un motif sur leur peau.


Les principales études statistiques que nous avons pu trouver ont été menées par l’Ifop (Institut français d’opinion publique) qui est un institut d’études d’opinion et marketing en France et à l’International : 

La pratique du tatouage en France, aux États-Unis et en Grande-Bretagnepar Ifop, le04/09/2018
Résumé : 
Alors que le festival du tatouage s’est tenu à Deauville les 18 et 19 août derniers, l’Ifop a souhaité comparer la pratique du tatouage des Français, des Britanniques et des Américains.
Seuls 18% des Français déclarent être ou avoir déjà été tatoués, soit une proportion légèrement inférieure à celle des 21% de britanniques ayant déjà gravé un signe distinctif sur leur épiderme. Toutefois, c’est bien outre-Atlantique que la mode du tatouage a conquis le plus d’adeptes puisque près d’un Américain sur trois (31%) affirme être tatoué.
Pour autant, la proportion de Français déclarant avoir fait l’expérience d’un tatouage a gagné huit points depuis 2010 et 29% des jeunes de moins de 35 ans sont désormais concernés, laissant deviner une pratique qui tend à se banaliser au sein de la population.


Les Français et le tatouage par Ifop pour le Syndicat National des Artistes Tatoueurs, novembre 2016.
Résumé : 
Alors qu’un Français sur dix se disait tatoué en 2010, ce sont aujourd’hui 14% des personnes interrogées qui sont ou ont déjà été tatouées, une proportion encore plus forte chez les femmes (17%), les jeunes (27% des moins de 35 ans), les ouvriers (25%) et dans le sud-ouest (20%). Le tatouage apparaît également comme une pratique plutôt appréciée de ses adeptes puisque 61% des personnes déjà tatouées se disent prêtes à retenter l’expérience. Chez les tatoués, on se « marque » plutôt sur des emplacements discrets du corps (67%), bien plus que sur des zones visibles (43%) ou intimes (4%). Enfin, pour une majorité de Français (55%), le tatouage constitue un art à part entière, cette opinion étant extrêmement partagée chez les plus jeunes (80% des 18-24 ans).

Les français et les tatouagespar IFOP pour Dimanche Ouest-France,le 25/07/2010.
Résumé :
La pratique du tatouage se révèle assez peu répandue en France sans pour autant être marginale : un Français sur dix déclare en effet s’être fait tatoué (10%). Sans grande surprise, cette pratique du tatouage apparaît fortement corrélée à l’âge, certaines générations étant beaucoup plus concernées. Un jeune sur cinq âgé de 25 à 34 ans déclare ainsi posséder un tatouage, soit une proportion deux fois supérieure à la moyenne. A noter également que le tatouage est marqué socialement. Les ouvriers s’avèrent plus concernés que la moyenne (19%, +9 points par rapport à la moyenne), tandis que la pratique se révèle plus rare au sein des cadres (7%). Enfin, les personnes se déclarant proches de l’extrême-droite sont parmi les plus nombreuses à déclarer posséder un tatouage (23%, soit un écart de 13 points avec la moyenne). Par ailleurs, dans la très large majorité des Français qui n’est pas encore tatouée (90%), rares sont ceux qui expriment une volonté de passer à l’acte et de se faire faire un tatouage. Seuls 6% l’envisagent.


Et récemment : 
Les pays où les tatouages sont les plus populaires de Pascaline Boittiaux, 25 mai 2018. Consulté le 05/08/2020.
Résumé : 
Tribaux, floraux, colorés, minimalistes… les tatouages revêtent mille et un styles pour s’adapter à leur large public. Loin d’être l’apanage d’une génération ou d’un milieu, le tatouage séduit des milliards de personnes. Une étude menée dans 17 pays du monde par l’institut de sondage Dalia révèle en effet que plus de 40 % de la population est tatouée.
Avec 36 % des personnes interrogées déclarant avoir au moins un tatouage, les Français sont moins nombreux à être tatoués. Loin devant se trouvent les Italiens, qui sont près de la moitié à avoir cédé aux sirènes du tatouage. Viennent ensuite les Suédois (47 %) et les Américains (46 %).


Plus largement sur le web : 
Les tatouages sont «l’expression d’une vision à court terme, dit une étude (américaine) par  Nicolas  Bérubé, LaPresse, le 3 septembre 2019. Consulté le 05/08/2020.
Extrait :
Bradley Ruffle, professeur au département d’économie de l’Université McMaster et coauteur de l’étude signale avoir été surpris par ces résultats.
[…]Une constatation qui nous a surpris est que les femmes ayant des tatouages qui peuvent être facilement cachés sont une exception et la seule exception : elles ne pensent pas à court terme ou ne sont pas plus impulsives que les femmes non tatouées. Notre explication préférée pour ce résultat est qu’il est plus socialement acceptable que les femmes ornent leur corps et leur visage avec du maquillage, des bijoux et des piercings, par exemple.


Tatouage : l’art dans la peaupar Pierre Ropert, France Culture, le 08/05/2014.


À écouter 
Le tatouage, un complément d’identité direct, via l’émission SUR LES DOCKS (France Culture) par Irène Omélianenko, le 02/06/201.
Résumé :
Pourquoi se tatoue-t-on ? Pourquoi les artifices éphémères – les vêtements, le parfum, le maquillage – ne suffisent-ils pas à ceux qui choisissent le tatouage pour se distinguer ? Si les motivations varient en fonction de chaque individu, ce qui demeure c’est la valeur identitaire forte du tatouage.


À lire :
Le tatouage : sociogenèse des normes esthétiques
Lieven Vandekerckhove, Academia-Bruylant, 2006.
Résumé
Étudie le phénomène du tatouage en recherchant une base sociale objective pour la signification expressive variée que la société occidentale lui accorde. Tente de comprendre l’esthétique corporelle en général ainsi que la genèse des normes esthétiques concernant le tatouage.

Une anthropologie du tatouage contemporain : parcours de porteurs d’encres
Élise Müller, l’Harmattan, Paris, 2013.
Résumé
Se fondant sur les témoignages de tatoueurs et de tatoués, cette étude s’attache à analyser le succès de cette pratique longtemps marginale qui s’est démocratisée au fil des années pour devenir une façon pour chacun de s’engager vis-à-vis de soi-même et d’affirmer son identité. Elle montre ainsi que le tatouage revêt une dimension initiatique et porte en lui les réminiscences d’un passé sacré.


Eurêkoi – Bibliothèque publique d’information
www.bpi.fr


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