Quels ont été les lieux d’enregistrement et centres administratifs à Marseille gérant les rapatriés des camps en 1945 ?

Notre réponse du 29/06/2018  par Marseille BMVR de l’Alcazar

Mémorial des camps de la mort.1 3Malik88 Travail personnel CC BY-SA 3.0

Un membre de ma famille a été envoyée en camp de travail obligatoire en Allemagne durant la seconde guerre Mondiale. A la libération en 1945, je sais qu’il s’est retrouvé en France à Marseille. Je souhaiterais savoir où les personnes rapatriées d’Allemagne ont été enregistrées à Marseille, par quel organisme, administration ou institution ? Et par conséquent vers quelles archives je peux orienter mes recherches pour retrouver la trace de leur enregistrement à leur arrivée en France ? 


Robert Mencherini, historien, universitaire et marseillais est le spécialiste de la période.
Biographie et contact.  
Il a écrit un ouvrage La Libération et les années tricolores (1944-1947). Midi Rouge, ombres et lumières, tome 4. Édition Syllepse, 2014.
(voir + pp. 214 à 217)
y sont évoqués « le retour des absents » car Marseille abrite un des principaux centre d’accueil en France.
Ses sources : les Archives départementales (AD) des Bouches-du-Rhône, 77 W 60.


« ….Marseille, quant à elle, abrite un des principaux centres d’accueil pour les déportés, prisonniers de guerre et réfugiés ayant bénéficié de l’avancée des troupes soviétiques. Pour la plupart regroupés à Odessa (Russie), leur rapatriement vers la cité phocéenne est organisé par voie maritime, à bord de navires alliés de différentes nationalités. Un centre d’accueil marseillais est ainsi créé et progressivement aménagé au nord de la ville, à proximité du port commercial, dans un hangar de la Compagnie des messageries maritimes, Centre de la Madrague au 309 chemin-de-la-Madrague.
À partir du 23 mars et jusqu’à la fin de l’été 1945, plusieurs convois, avec à leurs bords des milliers de déportés et prisonniers, se succèdent et accostent à Marseille, au Cap Janet. Les navires sont accueillis par une foule, souvent nombreuse, composée de badauds, mais également de familles et amis venus retrouver un proche.
L’arrivée de certains de ces convois donne également lieu à des manifestations plus officielles, en présence d’autorités civiles et militaires. Lors d’un récapitulatif, établi le 15 octobre 1945, on décompte un total de 49 230 personnes rapatriées par voie maritime à Marseille, à savoir 33 091 rapatriés en provenance d’Odessa, 15 683 depuis Naples, 143 d’Istanbul et 313 d’Alger.
D’autres prisonniers et déportés sont, quant à eux, rapatriés par les airs, ou arrivent en train à la gare Saint-Charles, avant d’être enregistrés au centre de la Madrague.
Au total, jusqu’à la mi-octobre 1945, 58 781 prisonniers, déportés, requis du STO mais aussi travailleurs volontaires en Allemagne, transitent par le centre d’accueil marseillais. (…) « 


A consulter auprès des archives départementales :
Rapport du capitaine Cherpin sur le « 2e convoi de rapatriés en provenance d’Odessa et arrivés à Marseille le dimanche 1er avril 1945.
Source : © AD Bouches-du-Rhône 77 W 60. Consultable sur le site museedelaresistanceenligne.org.

Idem source : le premier convoi accueilli le 23 mars et 29 mars, 3 avril 1945. Différents rapports sont détenus par les AD Marseille BdR 150 w 181. 


La presse régionale se fait l’écho de ces rapatriements et diffuse, chaque jour, la liste des personnes rapatriées originaires de la région dans une rubrique intitulée « Le retour des absents ».

Voir les différents journaux d’époque :

Le Provençal autour de ces dates à l’Espace Régional 3° étage Alcazar
(24/25/26 mars, 9 avril 1945, 29/04/1945) rubrique intitulée « Le retour des absents ». ;
Rouge midi 30/04/1945 : le retour des travailleurs du STO
Le Méridional 3-4 juin 1945 ; 6 juin 1945 : article sur arrivant en train à la gare Saint-Charles, avant d’être enregistrés au centre de la Madrague.

Le Musée de la résistance qui peut répondre à votre demande :
Article de presse intitulé « Le retour des absents« , Le Provençal, 21 avril 1945 Source : © Collection Robert Mencherin.

Les Bouches-du-Rhône dans la guerre 1939-1945
Robert Mencherini, Édition De Borée, 2016.

Le retour des absents, Marseille, 1945.
Philippe Pawlak. Mémoire de maîtrise d’histoire, dir. Françoise Thébaud, Université d’Avignon et des pays de Vaucluse, 2001, 162 p.

Articles de journaux faisant référence au retour des prisonniers (Service Archives départementales et municipales)
Travailler avec les archives : la presse. Le retour des déportés
(La Marseillaise, années 1944-1945)
Travail dirigé Académie Aix Marseille, 2013

« La libération des camps nazis, le retour des déportés » in Bulletin Résistance, n° 14/15. Ce bulletin vient en appui des ressources mises en ligne sur le portail national du CNRD (Centre National de la Resistance et Déportation) Accessible en ligne.


Autres services pouvant disposer de documentation et pouvant vous accompagner dans vos recherches :

Les Services d’Archives sur Marseille
Archives municipales

Voir aussi du coté du Musée de la Résistance nationale / Service pédagogique à Champigny-sur-Marne.

Le Musée d’histoire et sa bibliothèque également que vous pouvez contacter : Centre de documentation du musée d’histoire de Marseille.


EurêkoiBMVR Marseille

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