Bibliothèque municipale de Lille – notre réponse du 22/08/2026.

Ça n’est, en réalité, que récemment que le concept a été repris un peu partout, au
point d’ailleurs où le très respectable dictionnaire britannique Oxford a jugé, en 2016, que le mot « post-vérité » était le mot de l’année. La définition qu’il en donne est la
suivante : « circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence
pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions
personnelles. » L’ère de la post-vérité ? | France Culture, provenant du podcast Le
Journal de la philo, 2018.
Vous trouverez quelques ouvrages et auteurs essentiels, ainsi que des articles permettant de nourrir votre réflexion sur le sujet.
Pour commencer, voici une définition de la post-vérité, par le Robert Dico en ligne :
Didactique. Ère de la post-vérité, dans laquelle les discours démagogiques ont plus d’influence que les faits objectifs.
Sélection d’ouvrages analysant la post-vérité
Philosophie de la post-vérité de Alain Cambier, édition Hermann, 2019.
Résumé :
Une analyse du phénomène des fake news ou de la post-vérité qui se développe à la suite de l’essor des réseaux sociaux. Les conséquences de cette volonté d’occulter la vérité sont examinées sous l’angle de la philosophie. L’auteur explique qu’une telle attitude serait symptomatique de la montée du relativisme au détriment du rationalisme.
Post-vérité : pourquoi il faut s’en réjouir de Manuel Cervera-Marzal, édition le Bord de l’eau, 2019.
Résumé :
L’auteur élabore une histoire de la notion de post-vérité, fournissant une analyse documentée de ses usages politiques, médiatiques et académiques. Il défend l’idée que l’avènement de ce concept, ainsi que celui de son double, le populisme, sont une chance pour la démocratie.
Voici également un article de Ana Cristina Suzina à propos de ce livre : Manuel CERVERA-MARZAL, Post-vérité : pourquoi il faut s’en réjouir, Lormont, Le Bord de l’Eau, coll. « La bibliothèque du MAUSS », 2019, 122 p. de Aba Cristina Suzina, Réseaux, 29/05/2020, n°220-221, pages 300 à 304.
De la vérité dans les sciences de Aurélien Barrau, édition Dunod, 2023.
Résumé :
L’auteur s’appuie sur les théories physiques récentes et les philosophies du XXe siècle pour donner une définition de la science et analyser le rapport de celle-ci à la vérité. Prenant en compte le concept de post-vérité et la théorie des faits alternatifs, il plaide pour un relativisme cohérent et exigeant.
Total Bullshit ! : au cœur de la post-vérité de Sebastian Dieguez, édition PUF, 2018.
Résumé :
L’année 2016 a été consacrée comme celle de la « post-vérité ». Que faut-il comprendre par ce terme ? Selon le dictionnaire d’Oxford, qui en a fait son mot de l’année, le terme désignerait des « circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour former l’opinion publique que l’appel à l’émotion et aux croyances personnelles ». Ce livre prend le parti de retourner à la source de cet état des lieux et l’identifie dans le concept de « bullshit » théorisé par le philosophe Harry Frankfurt en 1986. Ce qu’il a défini comme une « indifférence à l’égard de la vérité » distincte du mensonge s’avère en effet un outil conceptuel remarquablement efficace pour saisir comment l’opinion prétend l’emporter sur la vérité et pour comprendre le succès des impostures scientifiques et des « théories du complot ». L’ère de la post-vérité est bien celle du bullshit institué à une échelle globale, et seule une compréhension fine de ce phénomène permettra d’engager la lutte qui se prépare. Heureusement, une telle science du bullshit est en fait déjà disponible, mais il restait à l’assembler en un seul volume accessible, utile et stimulant.
La faiblesse du vrai, de Myriam Revault d’Allonnes, éditions du Seuil, 2018. Consultez sur cette même page un article de Dominique Friard, infirmier et superviseur d’équipes, qui nous explique tout l’intérêt de ce livre.
Résumé :
Un ouvrage philosophique qui met en perspective fake news et faits alternatifs.
Sélection d’articles en ligne sur la post-vérité
Mais qui donc a inventé la post vérité ? – Méta-media par Hervé Brusini, Direction de l’information, France Télévisions, France info, 30/01/2017.
Extrait :
Tel est le diagnostic posé par le dramaturge serbo-américain Steve Tesich en 1991. Une époque, remarquons-le au passage, où internet inaugure à peine ses premiers sites.
Ce serait pourtant lui l’inventeur de l’expression « post truth » dans son acception la plus contemporaine. S. Tesich affirmait alors dans l’hebdomadaire américain The Nation :
« Nous devenons rapidement des prototypes d’un peuple que les monstres totalitaires ne pouvaient concevoir que dans leurs rêves.
Jusqu’à présent, tous les dictateurs ont dû travailler dur pour réprimer la vérité… Fondamentalement, en tant que peuple libre, nous avons décidé que nous voulons vivre dans un monde post-vérité. »
Post-vérité : nouveau mot ou nouvelles réalités ? par Arnaud Mercier, Professeur à l’Institut Français de Presse, INA La revue des médias, De quoi les fake news sont-elles le symptôme ? – épisode 4/9, 28/04/2017.
Résumé :
L’engouement récent pour la « post-vérité » interroge. Des réalités nouvelles seraient-elles apparues pour que de nouveaux mots aient été créés afin d’en rendre compte ? Ou un phénomène ancien, le mensonge, a-t-il su trouver d’autres masques à l’ère des médias numériques ?
La post-vérité entretien avec Gloria Origgi, philosophe et directrice de recherche au CNRS, par Nathalie Chouchan et Stéphane Marchand, Cahiers philosophiques, 30/12/2021, n°164, pages 123 à 131.


