Préhistoire : je m’interroge sur le temps de gestation des bébés des premiers hominidés. Est-il différent des humains actuels ?

Bibliothèque publique d’information, notre réponse du 10/02/2020.

statue fœtus
Œuvre d’art, fœtus, sculpture sur pierre, Mia, histoire ancienne. PXhere. Domaine public.





Si le temps de gestation des premiers hominidés a pu varier. Il se situe néanmoins entre 7 et 9 mois. 
Pour vous répondre de façon la plus précise et argumentée possible nous avons consulté diverses ressources documentaires






Dans la fiche Wikipédia sur l’Histoire évolutive de la lignée humaine, la question de la bipédie (le fait de marcher sur deux jambes) est avancée comme contrainte évolutive du temps de gestation. 
Le petit bassin devient soumis à des exigences contradictoires : pour faciliter la marche, il doit être le plus étroit possible, afin de mettre l’articulation des fémurs à l’aplomb du centre de gravité du corps ; mais il doit en même temps rester suffisamment large pour permettre le passage du fœtus pendant l’accouchement.
Ces contraintes ont eu des effets significatifs sur le processus de mise au monde, qui est beaucoup plus difficile chez Homo sapiens que chez les autres primates. Le petit diamètre du canal de naissance devient un obstacle à l’augmentation régulière de la taille du cerveau chez les premiers humains, provoquant un raccourcissement de la période de gestation, et un accouchement précoce donnant naissance à des enfants immatures.


D’après l’article la saga des origines, les australopithèques avaient une gestation de 8 mois. 
Reste à savoir comment vivaient les australopithèques dans ce milieu. On peut l’imaginer d’après ce que l’on sait de la vie sociale des autres primates. Ils devaient vivre en petites bandes de quinze à soixante individus, qui se séparent la journée à la recherche de nourriture et se retrouvent le soir, comme le font les chimpanzés ou les babouins.
Les petits restent au contact de leur mère pendant plusieurs années. On estime, par comparaison avec les chimpanzés, que les australopithèques pouvaient vivre une trentaine d’années. Un tiers de leur vie était consacré à la croissance : après la gestation de huit mois, la maman australopithèque allaitait son petit jusqu’à l’âge de 4 ans ; puis, leur enfance durait une dizaine d’années, où ils apprenaient en jouant, en observant, en imitant, à devenir de bons australopithèques.
Il fallait apprendre à se nourrir, à se défendre, à se faire respecter, à observer, à communiquer. La puberté survenait vers l’âge de 10-11 ans, et les femelles pouvaient accoucher vers 13 ans.
Auparavant, les mâles ou les femelles avaient quitté le groupe maternel pour rejoindre un autre groupe, comme on le voit chez la plupart des mammifères sociaux.
SOURCE :
« La saga des origines » de Jean-François Dortier.  
Dossier : l’Homme cet étrange animal. Aux origines du langage, de la culture et de la pensée, sous la direction de Dortier Jean-François. Éditions Sciences Humaines, 2012, pp. 161-194.
Consultable gratuitement en ligne à la Bpi, via la base CAIRN Info.


Quant à cet article sur le site Futura planète, il présente des données intéressantes concernant l’évolution de la durée de gestation : 
Les espèces devenues naines au cours de l’évolution ont bien souvent suivi deux voies différentes. Leur temps de gestation et donc de développement du fœtus peut s’être raccourci progressivement, ou ce sont les premiers stades de vie postnatals qui ont perdu en longueur.
L’animal devient alors adulte tout en ayant toujours sa taille d’enfant. Une troisième piste a cependant été découverte dernièrement : les temps de gestation et la durée des premiers stades de vie peuvent rester inchangés et c’est alors la vitesse de croissance qui diminue.
SOURCE :
« Les Hommes de Florès étaient bien des nains, selon des ouistitis » par Quentin Mauguit, Futura planète, publié le 12/03/2013.


Selon Richard Lefrançois, sociologue canadien : » le poids corporel est associé significativement à la durée de la gestation (r = 0,80), à l’âge de maturité (r = 0,75) et à la longévité (r = 0,64).« 
SOURCE :
Chapitre 4. Sur les traces de la longue vie de Richard Lefrançois, dans : Les nouvelles frontières de l’âge [en ligne]. Montréal : Presses de l’Université de Montréal, 2004 (généré le 10 février 2020).
Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pum/18111>.
ISBN : 9791036504280.

Également, dans l’ouvrage suivant, de nombreuses références à la gestation, notamment p144 :
Le comparatisme devant le miroir 
éd. par Guy Jucquois et Pierre Swiggers. Louvain-la-Neuve : Peeters, 1991
Extrait via Google Books

La question de la gestation est également abordée chez Pascal Picq, paléoanthropologue français qui a été maître de conférences au Collège de France :
Premiers hommes : notre espèce aime raconter des histoires et, plus que tout, celles de ses origines…Pascal Picq. Paris: Flammarion, 2018.
Extrait sur Google Books.
Consultable à la Bpi : 569 PIC. Niveau 2 – Sciences


Pour finir, je vous conseille également d’aller explorer la bibliothèque du Musée de l’Homme et de questionner les bibliothécaires sur ce passionnant sujet.  
http://www.museedelhomme.fr

En attendant, il est toujours possible de consulter le portail des bibliothèques et de la documentation du Muséum national d’Histoire naturelle qui offre des centaines de milliers de ressources consultables en ligne.


Eurêkoi – Bibliothèque publique d’information
www.bpi.fr

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