Portait d'une Dame au XVe siècle.

Porträt einer Dame.Par Rogier van der Weyden — The Yorck Project (2002), Domaine public


Bibliothèque publique d’information, notre réponse du 05/04/2018
 
A la Renaissance, les femmes s’épilaient, notamment les sourcils et le pubis.
 
Michèle Clément (Professeure de littérature française du XVIe siècle, membre du Groupe Renaissance et Age classique, Lyon 2.) souligne: On ne sait pas grand chose des pratiques intimes de l’épilation au XVIe siècle, sinon qu’elle se pratiquait parfois dans le cadre des étuves où des barbiers étaient préposés au rasage, y compris des parties sexuelles.
[…] Quelques lignes de l’ouvrage de Martin Monestier, Les Poils. Histoires et bizarreries. Cheveux, toisons, coiffeurs, moustaches, barbes, chauves, rasés, albinos, hirsutes, velus et autres poilants trichosés, Le Cherche midi, 2002, pp. 212-213, sont néanmoins éclairantes. 
 
et plus haut :  On peut y voir subrepticement une forme d’éducation sexuelle à destination d’une population rurale ignorante des pratiques de raffinement telles l’épilation, peut-être réservée à une élite sociale. 
 
Loin de ces histoires comiques qui attestent au moins une pratique sociale, on vérifie aussi que les codes esthétiques de la représentation picturale contemporaine, sont ceux de sexes féminins épilés
 
Pour résumer, l’épilation était admise dans la société de la Renaissance avec des lieux prévus à cet effet, les étuves, (lieux qui vont se raréfier au fil du siècle) et l’épilation était un idéal esthétique ; on ne saurait en dire plus. Il est peu probable que les femmes dans un milieu rural s’épilent. 
 
« D’une scène à l’autre. Construction de l’obscénité dans les narrations facétieuses à la Renaissance » de Michèle Clément in H. Roberts, G. Peureux et L. Wajeman. Obscénités Renaissantes, Droz, p.335-348, 2011, Travaux d’humanisme et Renaissance, 473, 978-2-600-01466-3. ffhalshs-00934348f
 
Dans le livre les Avenues Fémynies,  Madeleine Lazard indique  dans un passage sur les poètes et la vieillesse.
Dans l’Éloge de la folie, il [Erasme] a tracé un portrait cruel des vieilles «toujours en chaleur, désirant un mâle, comme disent les Grecs, et séduisant un jeune Phaon qu’elles ont acheté très cher. Elles passent leur temps à se maquiller, à s’épiler les poils du pubis,
à exhiber leurs mamelles mollasses et putrides, à essayer d’éveiller le désir défaillant de leur voix tremblotante et plaintive, à boire et à danser avec les jeunes filles et à gribouiller des petites lettres d’amour. Cela fait rire tout le monde. On les trouve complètement folles, et elles le sont».
 
Madeleine Lazard.[Paris] : Fayard, impr. 2001
Consultable en ligne : sur le site voixdefemmes.hypotheses.org
 
Château d’Ecouen
Fiches pédagogiques : Collèges et lycées : La vie de cour à la renaissance 
On trouve cette mention dans la partie costumé féminin
Seules les servantes vont tête nue. Le front est rehaussé par une épilation des sourcils. Les cheveux sont parfois redescendus sur les tempes ou les oreilles par deux chignons retenus dans une résille, ou par un seul, derrière la tête. 
 
« Le corps vu par les artistes de la Renaissance » in Journal de tous les Arts, mars-avril 2013.
La toilette
Les soins apportés à la peau et aux cheveux lors de la toilette étaient également le privilège de l’aristocratie ; ils étaient bien distincts du bain faisaient l’objet d’un véritable cérémonial : se maquiller, se coiffer, ajuster ses vêtements, choisir ses parfums et ses bijoux…et s’épiler les sourcils, le front, supprimer les moindres poils, manier le fer à friser, se blanchir le teint à la poudre de Chypre, rougir les lèvres, les ongles et les joues, se nettoyer les dents à la poudre d’os, frotter sa barbe au moyen de boulettes parfumées…( la toilette était en effet une pratique aussi bien féminine que masculine). 
 

Ces informations sont reprises dans des publications plus récentes et moins scientifiques. 
Selon cet article du magazine féminin Vanity Fair, les femmes s’épilaient bien durant la Renaissance.

« Femmes de tous pays, dépoilez-vous ! » de Jean-Baptiste Mondino in Vanity Fair, lundi 2 mars 2015. 
« Signe d’esclavage dans l’antiquité égyptienne, l’épilation intime est à la Renaissance un signe d’émancipation féminine qui préoccupe sacrément les hommes. Certaines femmes se plaisent ainsi à porter leur entrejambe « ras comme la barbe d’un prêtre » nous disent les plus renseignés sur la chose. Et l’entretien de cette barbe devient une préoccupation majeure des courtisanes comme des femmes de bien. Les recettes d’épilation à la chaux et à la cire venues d’Italie font fureur. »

Cette information est confirmée par d’autres articles sur le même sujet, tel que cette histoire succinte de l’épilation  sur le site epil.fr() qui évoque l’influence de l’Orient en la matière après le retour des combattants français durant les croisades chrétiennes. Cela aboutira sur la mode de l’épilation du visage notamment.
« les femmes s’épilent le visage pour se dégager un front immense, comme en attestent la plupart des portraits de l’époque. Cette pratique était censée marquer, une fois de plus, la différence entre l’humain, « être évolué », et l’animal. Les techniques employées allaient du sang de grenouille aux préparations à base de cendre mélangée à du vinaigre, en passant par l’emploi de l’orpiment ou arsenic jaune (rusma turcorum) qui, en dépit de sa toxicité prononcée, demeura longtemps en usage. Autre phénomène plus surprenant dans cette période de l’histoire marquée par l’emprise du catholicisme : l’épilation pubienne y est très appréciée et fait son retour en grâce chez les femmes de la noblesse européenne »

 
Pour aller plus loin : 
 
Eurêkoi – Bibliothèque Publique d’Information
www.bpi.fr

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