couverture du livre Souvenez-vous, résistez, ne cédez pasmais je chercherais quelque chose en français, pas sur le féminisme en général, mais vraiment sur la mouvance sex-negative.

Notre réponse du 12/03/2018

A ma connaissance, ce que l’on désigne comme sex-negative feminism (en français, féminisme anti-sexe) se dessine en creux de la vague du féminisme pro-sexe. Comme vous le savez certainement, à la fin des années 1970 et surtout durant les années 1980, les mouvements féministes se divisent autour des questions relatives à la sexualité, notamment sur la pornographie, la prostitution et le BDSM.
Un courant, qui se qualifiera de féministe pro-sexe, voit dans ces activités des outils possibles vers une libération des femmes. L’autre camp ne se désignera pas comme sex-negative mais sera désigné de la sorte par les activistes pro-sexe.
Parmi les grandes figures du féminisme anti-sexe traduites en français, vous pouvez lire :

– Andrea Dworkin avec Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas
Editions Syllepse, 2017
Présentation de l’ouvrage : Une extraordinaire écrivaine féministe. Des textes poignants, la colère face aux meurtres, aux viols, à la pornographie, à l’anéantissement des femmes dans la sexualité masculine.La première partie est composée de deux textes à orientation biographique. Dans la seconde, l’auteure aborde, entre autres, le travail de l’écriture, New York, le féminisme radical, Kate Millett, la pornographie, la misogynie, la critique du déterminisme biologique, le judaïsme, le pouvoir des hommes, le viol, la fétichisation des corps, les actes et la violence sexuelle, la colère de la survivante… La troisième partie de l’ouvrage est consacrée à la « fierté lesbienne », à la nuit et aux dangers, aux actions « Reprendre la nuit », au racisme et au masculinisme, aux assassinats de femmes comme politique sexuelle, à la résistance face à la terreur et la torture, à la prostitution […]

– Andrea Dworkin avec Pouvoir et violence sexiste : cinq écrits d’Andréa Dworkin
Editions Sisyphe, 2007
Présentation de l’ouvrage : Personnalité marquante du féminisme américain, Andrea Dworkin, est décédée en avril 2005 à l’âge de 58 ans, et elle a laissé une oeuvre politique et littéraire exceptionnelle. La lutte contre la violence sexiste, en particulier contre la pornographie, a été le grand combat de sa vie, et la recherche de la justice pour les femmes en a été le moteur. « Je rêve qu’un amour sans tyrannie soit possible », écrivait-elle dans First Love. Personne ne mérite, clamait-elle, le sort des femmes violées, battues, pornographiées, prostituées, assujetties, dominées, persécutées physiquement et psychologiquement. De ces réalités radicales que vivent de nombreuses femmes, Andrea Dworkin a fait une analyse radicale, sans les compromis ni les détours qui parsèment parfois les analyses féministes. […]
Fiche sur le site de la maison d’édition 

– Catherine McKinnon avec Ce ne sont que des mots
Editions des Femmes, 2007
Présentation de l’ouvrage : Le livre réunit trois articles. L’auteure y analyse la façon dont la pornographie, aux États-Unis, est protégée par le premier amendement de la Constitution.
Fiche sur le site de la maison d’édition 

– Catherine McKinnon avec Le féminisme irréductible
Editions des Femmes, 2005
Présentation de l’ouvrage : Ce livre fait apparaître que l’inégalité de sexe se trouve au fondement même des normes juridiques qui régissent l’égalité de sexe ; que l’abus sexuel est tacitement permis par les lois qui le combattent ; que la pornographie est une pratique de misogynie et d’abus dissimulée sous le droit à la liberté d’expression qui protège les arts et la littérature, et que le racisme et le sexisme de la loi et de la société ne sont pas seulement étroitement imbriqués mais se constituent mutuellement à bien des égard
Fiche sur le site de la maison d’édition :

– Kathleen Barry avec L’esclavage sexuel de la femme
Editions Stock, 1982
Fiche sur le site de la Bibliothèque nationale de France : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb36600899b
(Cet ouvrage n’est plus disponible à la vente, mais vous pouvez vous rapprocher de votre bibliothèque afin de vous renseigner sur la possibilité d’un prêt entre bibliothèques, ou éventuellement consulter les sites de vente de livres de seconde main)
Vous pouvez avoir un avant-goût de la pensée de K. Barry dans cet article accessible en libre accès : Barry Kathleen. La prostitution est un crime. In: Déviance et société. 1986 – Vol. 10 – N°3. pp. 299-303.
www.persee.fr/doc/ds_0378-7931_1986_num_10_3_1488

Je me suis cantonné dans cette sélection aux proches du groupe Women against Pornography.
D’autres textes plus proches de nous dans le temps et l’espace proposant des visions similaires sans pour autant se nommés « féministes anti-sexe » sont disponibles, notamment dans la collection Nouvelles questions féministes (dirigée par Christine Delphy) des éditions Syllepses.

Cordialement,

Eurêkoi – Bibliothèque Publique d’Information

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