attaque du courrier de Lyon en 1796, gravure populaire

Attaque du courrier de Lyon en 1796, gravure populaire [domaine public]

Pour les besoins d’un court-métrage

Notre réponse du 26/07/2017

J’ai tout d’abord recherché la définition exacte du terme brigand dans le dictionnaire de référence Trésor de la langue française informatisé pour voir précisément l’époque concernée et le champ d’action des brigands (campagne et non ville)
Définition du terme dans le TLFI
BRIGAND, BRIGANDE, subst.
A. HIST. MÉDIÉV. Soldat d’une troupe n’appartenant pas à une armée régulière :
1. … voyant que le roi ne pouvait ni les défendre ni les secourir, ils [les paysans bourguignons] demandèrent à s’armer; on le leur permit. Ils laissèrent la bêche et la charrue, s’armèrent de méchantes piques et de bâtons ferrés, prirent la croix de Bourgogne, écrivirent : « Vive le roi! » sur leur bannière, et commencèrent à tomber sur les Armagnacs, lorsque ceux-ci marchaient par petites compagnies. On les nommait les brigands ou les piquiers; lorsqu’ils furent aguerris dans leur métier de vagabonds, ils dévalisèrent tous les passans.
BARANTE, Hist. des ducs de Bourgogne, t. 3, 1821-24, p. 219.
Rem. Le nom de brigands a été donné p. ext. aux Vendéens royalistes sous la Révolution française, aux soldats licenciés en 1815 par Napoléon Ier (les brigands de la Loire). Sa mère (…) a été une brigande, comme Madame de Bonchamp et Madame de Larochejaquelein (HUGO, Les Feuilles d’automne, 1831, p. 716); Monsieur de La Rochejaquelein, qui commandait les brigands (A. FRANCE, Le Petit Pierre, 1918, p. 146).
B. Usuel. Personne qui se livre au vol, au pillage à main armée, généralement dans les campagnes. Un chef de brigands, une bande de brigands (cf. bandit, gangster, malfaiteur, pillard, pirate, voleur). Des hordes de brigands et de pillards (CABANIS, Rapports du physique et du moral de l’homme, t. 2, 1808, p. 124) :
2. Force est de reconnaître qu’en ce temps [celui de Thésée] l’aspect de la campagne n’était nullement rassurant. Entre les bourgades dispersées s’étendaient de grands espaces incultes, traversés de routes peu sûres. Il y avait les forêts épaisses, les défilés des monts. Aux endroits les plus hasardeux, des brigands s’étaient établis, qui tuaient et pillaient le voyageur ou pour le moins le rançonnaient; … GIDE, Thésée, 1946, p. 1417.

Pour commencer, je vous conseille le film d’animation Les trois brigands d’après le délicieux album pour enfants de Toni Ungerer qui résume bien les traits caractéristiques des brigands dans l’imaginaire collectif.

Brigands célèbres

Voici ensuite une liste de quelques brigands célèbres, je vous indique les liens vers les articles correspondants de Wikipédia qui vous permettront d’accéder directement aux bibliographies et filmographies
Cartouche
Mandrin 
Robin des bois
Dans une certaine mesure, Vidocq, voir en particulier la gravure populaire de l’épisode de la forêt de Senart (attaque du courrier de Lyon en 1796)
et Arsène Lupin
Jesse James (si on ne se limite pas à l’Europe)

Pour repérer d’autres noms moins connus qui vous permettront de poursuivre la recherche, je vous conseille les ouvrages suivant :

Cartouche, Mandrin et autres brigands du XVIIIe siècle Lise Andries Desjonquères 2010
Bibliogr. p. 380-385
L’analyse d’archives permet de dégager une sociologie du milieu de la délinquance français au XVIIIe siècle et de faire apparaître une sorte de panthéon populaire duquel émergent des figures telles que Cartouche et Mandrin. L’étude montre que l’univers romanesque fait du brigand un personnage pittoresque, symbole d’une liberté radicale.
Consultable à la Bpi, Niveau 3 – Langues et littératures 840(091) »17″ CAR

Le bandit et son image au siècle d’or; El bandolero y su imagen en el Siglo de Oro; El bandolero y su imagen en el Siglo de OroJuan Antonio Martínez Comeche Publications de la Sorbonne 1991Français ; espagnol
A la Bpi, Niveau 3 – Langues et littératures 860-04 BAN

Un livre consultable en ligne sur Gallica, bibliothèque numérique de la Bnf, Les bandits et brigands célèbres, 1845 qui comporte en plus de ses 280 pages d’historique, [53] pages de planche. La consultation n’est pas très aisée car les planches ne sont pas paginées mais elles se trouvent en fin de volume.

Une recherche menée sur Gallica avec le terme ‘brigand’ vous fournira d’autres ressources textuelles comme par exemple :
Titre : Olimpia, ou Les brigands des Pyrénées. Tome 1 / ; par Mme de Saint-Venant
Auteur : Saint-Venant, Catherine-Françoise-Adélaïde Ménage, dame de
Éditeur : H. Vauquelin (Paris)
Éditeur : Pigoreau (Paris)
Éditeur : Corbet [etc.] (Paris)
Date d’édition : 1820
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57248341?rk=21459;2

Recherche d’images

En interrogeant Gallica en recherche avancée, avec le terme Brigand et en cochant images, on obtient 72 résultats
Dont par exemple Les caprices]. [6], [La caverne de brigands]. [Deuxième planche] : [estampe] / [Jacques Callot, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84961067?rk=21459;2
Ou Georges fameux Chef de Brigands Arreté le 18 Ventose An XII http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6940656d?rk=965670;0

Vous pouvez également interroger la base Joconde des musées nationaux. Une recherche avec le terme brigand (en cochant avec image) donne 31 réponses, les premières ne sont pas très pertinentes mais vous trouverez des images intéressantes en poursuivant.

A toutes fins utiles, je vous donne des références universitaires consultables en ligne trouvées en consultant le catalogue de la Bibliothèque publique d’information :

Philippe Bourdin, « Le brigand caché derrière les tréteaux de la révolution. Traductions et trahisons d’auteurs », Annales historiques de la Révolution française [En ligne], 364 | avril-juin 2011, mis en ligne le 01 juin 2014, consulté le 28 juillet 2017. URL : http://ahrf.revues.org/12020DOI : 10.4000/ahrf.12020

« La réputation des Brigands de Schiller passe vite les frontières, et le public français cultivé s’intéresse à la pièce l’année même de sa création (1782).
Elle est bientôt traduite ou jouée en allemand à Strasbourg. Mais son succès en France est surtout dû à la transcription qu’en offre La Martelière sous le titre de Robert, chef de brigands. Version épurée et appauvrie de l’original, elle intègre cependant en 1792 une partie des attendus du théâtre patriotique, dans un contexte de guerre et de revendications économiques favorables au message libérateur et fraternel porté par l’émule de Robin des Bois. Le succès, vérifié dans les reprises par les théâtres provinciaux et d’amateurs, est tel que des suites sont envisagées, qui n’entraînent pas la même ferveur. Surtout, le terme de « brigand » subit de rapides évolutions sémantiques et relève désormais de l’injure politique, successivement adressée à l’adversaire royaliste puis à l’ennemi jacobin. Le théâtre porte trace de cette évolution, souvent au détriment de l’intrigue, avant que, répression politique et judiciaire aidant, sous l’Empire notamment, le personnage du brigand ne fasse plus recette. »

Noémi Carrique, « Le succès du crime sur scène avec Robert Macaire : modernité théâtrale et protestation sociale au XIXe siècle », Criminocorpus [En ligne], Varia, mis en ligne le 13 décembre 2012, consulté le 28 juillet 2017. URL : http://criminocorpus.revues.org/2218

« Le propos porte sur la force littéraire et politique de la figure théâtrale du personnage criminel de Robert Macaire, incarné pour la première fois par Frédérick Lemaître en 1823. Frédérick Lemaître, dans la peau de Robert Macaire, a été le premier à renverser l’ordre du mélodrame et à faire du criminel un personnage plaisant. Dans la tradition mélodramatique française, le rôle du traître, qui n’attirait aucune sympathie, amenait systématiquement le public à espérer l’issue moralisante de la pièce avec ses remords ou la punition du « méchant ». Frédérick Lemaître subvertit cette tradition en faisant accéder le personnage d’assassin de Robert Macaire au statut de héros, grâce à son interprétation bouffonne du brigand qui se rit des conventions et de la loi.
L’article développe quatre axes de réflexion : l’enjeu de la création de Robert Macaire dans l’évolution du mélodrame, le sens de la personnalité multiple du personnage, son caractère réaliste, et enfin le danger qu’il a pu représenter pour l’ordre juridique durant cette période des années 1820-1830, délicate pour l’autorité monarchique. »

Du présent d’immédiateté au présent d’éternité dans L’Iris de Suse de Jean Giono, Jean Arrouye, p. 153-162 http://books.openedition.org/pur/40455

« L’iris de Suse, dernier roman de Jean Giono, peut être considéré comme une méditation sur le temps qui s’effectue par le biais du récit des aventures du personnage principal, Jean Rameau, dit Tourniquet, plus connu sous le nom de Tringlot, qui sera celui employé tout au long du récit. C’est un brigand qui vit à Toulon de façon bourgeoise mais qui participe nuitamment aux expéditions d’une bande qui pille, viole et tue, attaquant les fermes et les diligences. »

Cordialement,
Eurêkoi – Bibliothèque Publique d’Information

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