Géopolitique : Quels documents sur les relations diplomatiques, commerciales et religieuses entre Maroc et Sénégal ?

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Bibliothèque de l’Institut du monde arabe – notre réponse du 20/06/2021.

Drapeaux Marocain et Sénégalais © AleksTaurus / DepositPhotos


Les liens historiques entre le Maghreb, le Maroc notamment, et le Bilad es-Soudan remontent au moins à l’émergence du commerce caravanier et des esclaves, au 7ème-8ème siècle.
Ces relations perdurent jusqu’aux conquêtes coloniales de l’Afrique du Nord et de l’Ouest africain qui vont destructurer le commerce transsaharien pour faire place à de nouvelles relations économiques au profit des puissances coloniales.
Par ailleurs l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest renforce les liens commerciaux, notamment au moment des conquêtes almoravides. Le Sénégal, dans la 2ème moitié du 19ème siècle, devient une place forte de la confrérie soufie de la Tidjaniyya, fondée par Ahmed Tidjani en 1782 en Algérie.

Quelles pistes bibliographiques pour en savoir plus sur les relations politiques, commerciales et religieuses entre le Maroc et le Sénégal ?


Contexte général :

Ouvrages généraux

Maroc-Sénégal : des relations amicales séculaires et une coopération multiforme 
Sidi Mohamed Farssi, Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, 2018.

Maroc-Sénégal : une histoire contemporaine entre dynamiques mémorielles et logiques de patrimonialisation 
Abdourahmane Seck et Nazarena Lanza, Rabat : Centre Jacques Berque, 2014 (Études et Essais, n°22). Disponible en téléchargement sur le site d’Academia, plateforme de recherche sur authentification Academia ou Facebook, et envoi du document par mail.

Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc 
Bakary Sambe (préface de Mohamed Chérif Ferjani), Phoenix Press International, 2011.
L’ouvrage insiste sur les relations avec le Sénégal.

Les Relations transsahariennes à l’ époque contemporaine un espace en constante mutation
Laurence Marfaing et Steffen Wippel (dir.) [avec la collab. de] Abdelaziz Barre, Karineennafla, Mehdi Lahlou, Claire Escoffier [et al.], ZMO, 2004.

L’islam dans les relations arabo-africaines : rôle et usage des confréries et associations islamique dans les rapports entre le Sénégal et des pays du monde arabe 
Bakary Sambe, Thèse de doctorat en Science politique soutenue à l’Université Lumière Lyon 2, 2003.
En particulier, la Partie 1 : Chapitre 2. Les relations sénégalo-marocaines ; et Chapitre 3. La place du Sénégal dans la politique africaine du Maroc : des relations « exceptionnelles ».

Aux nouvelles frontières de l’Europe : l’aventure incertaine des Sénégalais au Maroc 
Anaïk Pian, éd. La Dispute, 2009.


Articles en ligne

Liens et échanges entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne : éléments pour une perspective historique, par Nazarena Lanza, dans Michel Peraldi, D’une Afrique à l’autre : migrations subsahariennes au Maroc, Karthala, 2011, pp.21-35. Disponible sur la plateforme de recherche en accès ouvert HAL.

Les sénégalais au Maroc : histoire et anthropologie d’un espace migratoire , par P. Demba Fall, dans Marfaing et Wippel (dir.), Les relations transsahariennes à l’époque contemporaine : un espace en constante mutation, Paris-Berlin, Karthala-ZMO, 2004, p. 277-292. A consulter sur la plateforme académique Cairn.

Influences culturelles dans les rapports Maroc-Sénégal, par Abdoulaye Elimane Kane, Institut des études africaines, Université Mohamed-V, 1992. (Publications de l’Institut des Etudes Africaines, Série conférences = Silsilat muḥāḍarāt ; 6)


Relations commerciales entre le Sénégal et le Maroc

Ouvrages

Les réseaux d’affaires marocains au Sénégal dans le sillage de la politique africaine du Maroc 
Bakary Sambe, dans L’entrepreneuriat transméditerranéen : les nouvelles stratégies d’internationalisation, coll. Hommes et Sociétés, Paris, IRMC-Karthala, 2015.

Relations et échanges des commerçants sénégalais vers la Mauritanie et le Maroc au XXe siècle , par Laurence Marfaing, chapitre dans l’ouvrage Les relations transsahariennes à l’époque contemporaine. Un espace en constante mutation, éd. Karthala, 2003, p. 251-276. Ce chapitre est consultable sur la plateforme Cairn également.
Extrait :
« Quand on évoque dans les politiques actuelles la revitalisation des relations transsahariennes dans l’axe Sénégal-Mauritanie-Maroc, le terme de revitalisation est exact et toutefois impropre. […]
Il s’agira ici de retracer comment cet espace réputé être un creuset d’échanges religieux et économiques depuis la nuit des temps a fini par devenir un « espace de rupture » et comment, dans un environnement devenu hostile et où les mémoires collectives véhiculent ressentiments et craintes, les opérateurs économiques sénégalais réussissent à s’approprier, à s’adapter, voire à détourner cet espace sur fond d’affinités religieuses et d’appartenances familiales.
»

La présence marocaine en Afrique de l’Ouest : cas du Sénégal, du Mali et de la Côte d’Ivoire 
Abou El Farah, Yahia, Rabat : Université Mohammed V-Souissi, Institut des études africaines, 1997, 495 p. (Publications de l’Institut des Etudes Africaines, Série: Etudes : 2)
Résumé :
« L´étude portant sur la présence marocaine au Sénégal à été une phase d´expérimentation qui à permis d´appréhender l´essentiel du mouvement migratoire marocain vers toute la sous-région (Mali – Côte d´Ivoire). Elle à également permis de définir les modalités d´investigation ainsi que les principaux domaines abordés en fonction des spécificités de chacun des trois pays. »

Articles

Aventuriers et commerçants sénégalais à Casablanca : des parcours entrecroisés, par Anaïk Pian, revue  Autrepart, vol. 36, no. 4, 2005, pp. 167-182. Cet article est consultable en libre accès sur la plateforme académique Cairn.
Résumé de l’article :
« Le champ migratoire formé par les Sénégalais à Casablanca s’organise autour de logiques hybrides, au centre desquelles migrations clandestines et commerçantes occupent une place prédominante. En refusant d’opposer a priori deux figures de migrants, l’une positive, idéalement incarnée dans le profil des commerçants transnationaux, et l’autre négative, couramment représentée sous l’aspect du clandestin ou de « l’aventurier » misérable, la problématique envisagée s’intéresse aux frontières fluctuantes qui, au vu du nouveau contexte de la fin des années 1990, animent ces itinéraires migratoires. L’enjeu heuristique d’une réflexion sur les « nouvelles » logiques migratoires se combine à un double intérêt socio-historique : en éclairant des migrations encore peu connues, cette investigation sociologique évoque les conséquences de la politique migratoire européenne. »

La présence économique marocaine au Sénégal par Abdelouahed Akmir, dans Hesperis Tamuda, éd.Techniques Nord-Africaines, vol. 32, Rabat, 1994.


Confréries et relations religieuses : exemple de la Tijaniyya

Ouvrages

Les pèlerins sénégalais au Maroc : la sociabilité autour de la Tijaniyya
Laurence Marfaing, dans Les nouveaux urbains dans l’espace Sahara-Sahel : un cosmopolitisme par le bas, Elisabeth Boesen et Laurence Marfaing (dir.), éd. Karthala-ZMO, 2007, p. 187- 208.
Extrait :
« Ce programme de recherche est basé sur l’idée que dans le contexte de la modernité, les communications entre les lieux, les cultures, les religions et les institutions du Sud s’étant particulièrement intensifiées, elles transformaient les anciennes relations et en créaient de nouvelles ; si bien qu’une approche délimitée des phénomènes, adoptée par exemple dans le cadre des area studies, ne suffisait plus. Il fallait prendre en compte des interdépendances beaucoup plus complexes et pas seulement celles issues de l’expansion impérialiste et de la mondialisation […]»

La Tijâniyya, 1781-1881 : les origines d’une confrérie religieuse au Maghreb 
Jillali El Adnani, préface de Jean-Louis Triaud, éd. Marsam, 2007.


Articles

Sénégal-Maroc : usages et mésusages de la circulation des ressources symboliques et religieuses entre deux pays « frères » par Abdourahmane Seck, dans Afrique et développement, Volume XL, No. 1, 2015, p. 159-181.
Résumé :
« Cet article porte sur les relations Sénégal-Maroc et interroge la construction et la circulation des discours mobilisés par les acteurs (États, pouvoirs publics, migrants, populations…, etc.), pour promouvoir leurs projets respectifs. Il brosse également un état des lieux et surtout des perspectives de recherche qui accordent une place privilégiée aux acteurs non institutionnels de la relation entre ces deux espaces. »

Pèleriner, faire du commerce et visiter les lieux saints : Le tourisme religieux sénégalais au Marocpar Nazarena Lanza, L’Année du Maghreb, no. 11, 2014, pp. 157-171, sur la plateforme en accès ouvert OpenEditions.
Résumé :
« Bien que la Tijannyya, comprise comme voie soufie, ne soit pas très pratiquée au Maroc, elle constitue un lien puissant entre ce pays et le Sénégal où plus de la moitié de la population appartient à cette confrérie. […]
Deux aspects de ce pèlerinage sont abordés. Le premier porte sur les significations et motivations de ces voyages, révélatrices des mutations qui travaillent la société sénégalaise contemporaine (notamment la conception de la famille, de la mort, de la croyance, du loisir, etc.). Le deuxième s’intéresse au rapport entre les imaginaires produits au sein des groupes de pèlerins et les discours et contre-discours sur la nature des liens entre les peuples sénégalais et marocain, qualifiés de « fraternels et d’exceptionnels » par les pouvoirs officiels mais qui sont souvent vécus et rapportés différemment par nombre de Sénégalais résidents au Maroc.
»

Routes et enjeux de la Tijaniyya sénégalaise au Maroc : une zaouïa rbatti sur la voie de Fès, par N. Lanza, Centre Jacques Berque, Études et Essais, n°8, 2012.
Résumé :
« Cet article met en scène d’une part, l’organisation des réseaux pourvoyeurs (comme les dahira d’entreprise et les agences de voyage sénégalaises) et d’autre part, la réception concurrentielle de ces flux de pèlerins au Maroc, notamment dans un contexte confrérique où les zaouïas mineures sont poussées à se réinventer pour ne pas tomber dans l’oubli. Nous nous intéressons, ici, à l’exemple de la zaouïa rbatti de Sidi Larbi ben Sayeh, lieu de culte secondaire en phase de transformation en passage « obligé » sur la route de Fès pour beaucoup de pèlerins sénégalais. Nous analysons la rencontre des discours et stratégies qui concourent à cette transformation sur la base d’intérêts convergents des différents acteurs impliqués. »

Les relations entre la communauté tijane du Sénégal et la zawiya de Fez, par Kane Oumar, Annales de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Dakar, vol. 24, 1995, p. 59-68. Document à télécharger.


Relations diplomatiques

Ouvrages

La politique africaine du Maroc : identité de rôle et projection de puissance
Yousra Abourabi, éd. Brill, 2021. 
Résumé éditeur :
« Depuis l’avènement du règne de Mohammed VI en 1999, le Maroc déploie une politique étrangère continentale. Le Royaume ambitionne d’être reconnu comme une puissance africaine émergente dans son identité comme dans son espace de projection. Afin de satisfaire ces ambitions l’appareil diplomatique se développe et se modernise, tandis qu’une identité de rôle singulière émerge autour de la notion de  » juste milieu « , soutenue par un cadre de légitimation discursif ainsi que par la conduite d’une  » stratégie indirecte « . Cette étude présente, sur le plan empirique, les conditions de l’élaboration et de la conduite de cette politique africaine, et analyse, sur le plan théorique, l’évolution de l’identité de la puissance marocaine au regard de cette politique africaine. »

Diplomatie et politique de puissance du Maroc en Afrique sous le règne de Mohammed VI 
Yousra Abourabi, Thèse de doctorat en Science politique soutenue à l’Université Lumière Lyon, 2016.

Le Maghreb dans les relations extérieures du Sénégal (1960-1980)
Khaled Sabeur Cherif, Thèse de doctorat soutenue à l’INALCO dont la publication n’est pas encore autorisée, 1988.


Article en ligne

La coopération maroco-africaine par Abou El Farah Yahya, Revue des Études Multidisciplinaires en Sciences Economiques et Sociales, Institut des études africaines, Université Mohamed-V, 2010.


Eurêkoi – Bibliothèque de l’Institut du monde arabe


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