Ecriture arabe & Bilad al Sham

Ecriture arabe & Bilad al Sham- prince_volin – Flickr, CC BY 2.0.


Bibliothèque de l’Institut du monde arabe : notre réponse du 27/04/2019
Bien avant la naissance de l’islam, les tribus arabes de la péninsule Arabique avaient recours à la tradition orale pour conserver et transmettre leurs connaissances, leur histoire ou leur littérature. Les langues parlées dans le sud de la péninsule pouvaient en outre être notées au moyen de ce qu’on appelle l’écriture sud-arabique.
 
Les premières attestations de l’écriture arabe remontent au IVe siècle de notre ère, avant la naissance de l’islam. Les spécialistes lui attribuent une origine araméenne, et ont reconstitué son développement à partir de l’écriture nabatéenne ou à partir de l’écriture syriaque, que les caravaniers de l’Arabie ont découvert en contact avec les peuples au nord de la Péninsule. 
La naissance de l’islam et son expansion géographique et culturelle suite aux conquêtes arabes ont assuré la vaste diffusion de l’écriture arabe à l’est et à l’ouest, très loin de son foyer d’origine.
 
Les raisons de ce phénomène sont d’ordre administratif et culturel. Dès la fin du VIIe siècle, sous le règne de la dynastie des Omeyyades, la langue arabe devient la langue officielle partout dans le califat. La nouvelle religion et la constitution des sciences religieuses nécessite la copie des textes coraniques et de leurs commentaires.
 
Aux VIIIe-Xe siècles, l’âge d’or de la civilisation arabo-islamique, s’est développé ce qu’on appelle aujourd’hui les sciences arabes qui ont assuré la sauvegarde et le développement du savoir produit par les savants de l’Antiquité. L’attitude très restrictive de l’islam par rapport aux images des êtres vivants, et la vénération de l’écriture permettant de fixer la parole divine révélée au Prophète Muhammad, a stimulé le développement de la calligraphie arabe, devenue un art à part entière et l’expression esthétique de la nouvelle civilisation. 
 
L’écriture arabe a été utilisée jusqu’au début du XXe siècle pour écrire les langues turques et continue à être employée aujourd’hui pour noter le persan, l’urdu, certaines langues africaines. 
 
Dans le monde arabe, le développement de l’écriture n’a jamais entièrement supplanté la culture orale : la tradition orale persiste, même aujourd’hui à l’ère d’internet. 
 
Pour des informations plus détaillées, voir : 
 
– L’art du livre arabe : le cahier [édité à l’occasion de l’exposition « L’art du livre arabe. Du manuscrit au livre d’artiste », présentée par la Bibliothèque nationale de France à Paris, du 9 octobre 2001 au 13 janvier 2002]
Marie-Geneviève Guesdon et Annie Vernay-Nouri. Paris : Bibliothèque nationale de France, 2001, p. 20-28.
 
 Hassan et Isabelle Massoudy. Paris : Flammarion, 2002, p. 7-10 et les suivantes.
 
Eurêkoi – Bibliothèque de l’Institut du monde arabe

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