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Société : Quel était le salaire d’un ouvrier français au début des années 1930 ?


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Bibliothèques de Watermael-Boitsfort – notre réponse du 26/02/2022, actualisé le 01/06/2022.

Des ouvriers descendent un moteur dans un véhicule militaire

La période 1930-1935 est marquée par la crise et les révolutions ouvrières. L’industrie textile a été grandement touchée et les répercussions sur le corps ouvrier se sont fait sentir. C’est également le début des révoltes syndicales.
Les raisons en sont les salaires des ouvriers, le pouvoir d’achat, le temps de travail, etc.

Quel était le salaire d’un ouvrier de ces années-là ? Et permettait-il de vivre décemment ?

Contexte politico-économique

La crise de 1930-1935 dans l’industrie textile de la région du Nord de François Dozier dans la Revue du Nord en 1970. Disponible sur Persee.
C’est un document sur la crise du textile au début des années 30 dans le nord de la France.

Chapitre 1 – Le temps des épreuves (1929-1949) de Jean-François Eck, Histoire de l’économie française. De la crise de 1929 à l’euro, Éd. Armand Colin, 2009, p. 7-38.
Extrait :
« Rupture majeure dans l’évolution économique et sociale du xxe siècle, la crise des années 1930, que l’on considère classiquement ouverte par le krach de Wall Street du 24 octobre 1929, le « jeudi noir », n’a rien à voir avec les crises périodiques de surproduction qui, tous les dix ans environ, frappaient les économies des pays industrialisés au XIXe siècle Ses manifestations sont originales, puisque les prix, sur les grands marchés des produits de base, notamment agricoles, étaient déjà orientés à la baisse avant même la crise et subissent un effondrement d’une ampleur inédite. »


Le salaire de l’ouvrier français

Ces hommes et ces femmes qui travaillaient jusqu’à 15 h par jour de Pierre Challier sur La Dépêche, 26/07/2014.
Extrait :
« Ce qui n’en fait pas moins une semaine de 72 heures à effectuer, la journée de travail étant de douze heures pour la majorité. Sauf qu’avec l’éclairage moderne, désormais dans les fabriques, il arrive qu’on pousse jusqu’à 15 heures, pour certains. Le tout ? Pour trois à cinq francs par jour, qui payent un kilo de pain à quarante centimes, un gigot de mouton à 3,50 francs, pour une rare fête, et le bistrot, aussi… lequel finit de ruiner plus d’un ménage également confronté aux loyers trop chers puisque c’est déjà la crise du logement. »


Salaire par jour pour un saisonnier durant les vendanges

Chapitre VIII. Le revenu des agriculteurs (1919 – 1938) de Claude Mesliand dans Paysans du Vaucluse (1860-1939. Volume 1, Éd. Presses universitaires de Provence, 1989.
Extrait :
« Quant aux journaliers, leur salaire est passé de 15 à 30 F et celui des femmes de 12 à 22 F. Il ne fait pas de doute que le propriétaire a suivi une politique de hauts salaires, et cela s’est révélé une bonne opération si l’on juge l’évolution des recettes. Il était important en particulier que le maître-valet soit intéressé au succès de l’entreprise. Elle qui dépendait pour une bonne part de son esprit d’initiative et de son sens des responsabilités. »

La demande de travail salarié permanent et saisonnier dans l’agriculture familiale : mutations, déterminants et implications. Le cas du secteur des fruits et légumes français.
Thèse de doctorat en Sciences économiques d’Aurélie Darpeix, 27/05/2010.
Une thèse pour le travail dans l’agriculture.
Extrait :
« Le salariat agricole a toujours été invisible, socialement et politiquement. Pourtant, bien que son poids se soit réduit au XXe siècle, son rôle reste encore important dans l’agriculture familiale française. Sa place se renforce et sa nature se modifie : le travail saisonnier se développe. Dans un contexte d’exacerbation de la concurrence, la compréhension des déterminants de ces mutations et de leurs implications est au centre d’un double enjeu : social et de compétitivité. »


La gestion des salaires

Salaire à la pièce (XIXe-XXe siècle) : Du marchandage au salariat de Michel Margairaz et Michel Pigenet, dans : Le prix du travail, Éd. France et espaces coloniaux, XIX-XXIe siècles, Éditions de la Sorbonne, p. 15-24, 2019.
Extrait :
« Les façonniers utilisent des ouvriers à la journée, qu’ils embauchent sous le nom de compagnons et paient eux-mêmes. Quelquefois, ils vont jusqu’à remettre tout ou partie de leur ouvrage à d’autres ouvriers à la tâche ou à la pièce qui prennent le nom de sous-marchandeurs. » Le genre a son importance dans la division du travail, avec ces middle men qui, selon Béatrice Webb, profitent de leur situation pour obtenir les faveurs des travailleuses. »


L’ouvrier et usage de son salaire

L’ouvrier utilise son salaire pour payer ses besoins premiers. Nous parlons donc de la nourriture, le logement, les vêtements, etc. Souvent une partie, voir l’intégralité du reste était dépensée au café.

Patrimoine et retraite : l’expérience française de 1820 à 1940 de Jérôme Bourdieu et Lionel Kesztenbaum sur le site de l’Insee, 01/06/2009.
Résumé :
« Depuis les controverses sur les retraites ouvrières dans la seconde moitié du XIXe siècle, la capacité des individus à s’assurer eux-mêmes pour leur vieillesse a fait débat ; hier pour stigmatiser l’imprévoyance de l’ouvrier et lui refuser tout droit à une pension, aujourd’hui pour réclamer la liberté de chacun de constituer son propre pécule pour ses vieux jours. Dès lors, il est légitime de se demander quelle était, réellement, la situation de ceux qui atteignaient la vieillesse dans une période où il n’existait pas, ou peu, de pensions de retraite. »

Relevé de quelques prix et salaires entre 1919 et 1939
Sur ce document vous trouverez des coupures de budgets et des fiches de salaires qui pourront vous éclairer.


Pour aller plus loin …

La manufacture de Roubaix, c’est un musée sur l’industrie textile dont la visite pourrait compléter le sujet.


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