closeCet article a été publié il y a 1 an 1 mois 2 jours, il est donc possible qu’il ne soit plus à jour. Si le sujet vous intéresse posez-nous une question!
affiche de propagande d'une ouvrière montrant son biceps

By J. Howard Miller, [Public domain], via Wikimedia Commons

Notre réponse du 15/11/2016

L’histoire du féminisme américain s’articule en 3 phases :
-1848-1920 : la première phase.
-1930-1980 : le deuxième phase.
-1980 à aujourd’hui la troisième phase.
Votre demande s’intéresse donc à la deuxième et à la troisième phase.

Voici les dates qu’il faut retenir pour la deuxième phase ( compilation des documents cités en bas de la réponse) :
*1932 : élection de Franklin Delano Roosevelt à la présidence des Etats-Unis qui entraîne une changement spectaculaire quant au rôle des femmes en politique: un groupe de femmes pu accéder à des fonctions importantes.
En effet, Frances Perkins devient ministre du Travail, Mary Anderson et le Children’s Bureau dirigé par Grace Abbott sont à l’origine de nombreuses initiatives par et pour les femmes et Mary Mc Leod dirige les affaires relatives aux Noirs pour la National Youth Administration.
Cependant, malgré la percée de certaines femmes en politique, les années trente se caractérisent par l’absence de mouvement exprimant les préoccupations et les besoins spécifiques des femmes.

*Au moment de la Seconde Guerre mondiale, le besoin de main d’oeuvre se fait sentir jusque dans l’armée, incitant des organisations de femmes à revendiquer des droits de servir plus directement leur pays: les femmes vont ainsi servir dans l’armée, dans la marine , chez les « marines ».
A cette époque-là, le gouvernement fédéral se montra favorable au principe suivant: « à travail égal, salaire égal ».
Il faut néanmoins remarquer qu’à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les femmes étaient dépourvues d’une force collective qui leur eût permis de se définir comme groupe.

*Au cours des années cinquante, les hommes retournent à la vie civile et les femmes au foyer, même si quelques fortes personnalités émergent: Eleanor Roosevelt mène croisade en faveur des droits de la personne humaine, Mary Mc Leod Bethune lance une coalition inter-raciale d’organisation de femmes, les chicanas qui travaillaient dans les mines de sel du Nouveau Mexique organisent un mouvement de grève et de contestation, Del Martin et phillys Lyon (couple de lesbiennes de San Francisco) organisent la réunion fondatrice des Daughters of Bilitis, et Rosa Parks déclenche le mouvement pour les droits civiques en 1955 en refusant de laisser sa place assise à un Blanc dans un bus.

*A partir des années soixante, plusieurs avancées sont à noter :

– En 1963,  Betty Friedan écrit The Feminine Mystique où elle critique l’image de la femme véhiculée par les médias et s’érige contre la famille nucléaire comme modèle du bonheur. Elle considère que la limitation des femmes à la sphère privée est un gaspillage de leur potentiel.
-La même année, John F. Kennedy diffuse le rapport sur l’égalité des sexes de la Commission sur le Statut des Femmes qui révèle les discriminations contre les femmes. Ceci conduit à la constitution de nombreux groupes de femmes tant au niveau local que fédéral. Le mouvement se renforce avec les victoires législatives comme la loi sur l’égalité des salaires de 1964 ou la décision de la Cour suprême des États-Unis qui annule une des dernières lois de Comstock sur l’interdiction de la contraception.
-En 1968, les actions féministes se font provocatrices: ainsi, sont organisées les funérailles de la féminité traditionnelle au Cimetière national d’Arlington, le couronnement d’une brebis « Miss Amérique » et une opération « poubelles de la liberté » qui recueillent des objets symboles d’une féminité corsetée : soutien-gorges, gaines et faux-cils.
Ces années 1960 et 1970 sont une période d’avancées pour la cause des femmes et, parmi les victoires des mouvements féministes, on compte, entre autres, l’extension de la discrimination positive aux femmes (1967), la désignation de l’illégalité du viol conjugal, la loi sur l’égalité dans l’éducation pour les femmes en 1972 ou la légalisation du divorce par consentement mutuel.
Cette période voit aussi des divisions profondes chez les féministes. D’un côté se retrouvent les féministes radicales qui définissent la femme à l’aide de critères physiologiques, de l’autre, les militantes du mouvement de libération des femmes qui décrivent la féminité comme une production sociale.

Par ailleurs, alors que le féminisme se présentait comme une défense des droits des femmes quelles que soient leurs particularités, des distinctions liées aux origines ethniques apparaissent, plus marquées que dans les années cinquante et vont engendrer la troisième phase du féminisme:

Vers 1980, on constate que beaucoup de femmes notamment des prostituées, des femmes Noires, des lesbiennes, se sentent exclues des revendications issues de la deuxième phases et ne se reconnaissent pas derrière l’étiquette homogène de « femme ».Cette vague n’est pas caractérisée par un fort mouvement unifié, mais par un vaste ensemble de pratiques aussi bien politiques qu’artistiques… Ce qui est d’ailleurs l’objet de critiques, car le résultat est un éclatement de l’identité « femmes » et de la sororité qu’avait mis en avant la deuxième phase
L’écrivaine Monique Wittig défendra la cause des lesbiennes, Judith Butler et Eve Sedwick. réfléchissent sur la question féministe en la liant à la sexualité, Bell Hooks, femme de couleur essaie de concilier sexe et race dans son analyse des rapports sociaux..

Si vous voulez aller plus loin sur le sujet, je vous invite à lire:
Les mouvements féministes américains
Fillard, Claudette, Collomb-Boureau, Collette
Ellipses, 2003

Vous pouvez également consulter l’article qui suit : Trois vagues du féminisme

Cordialement,

Eurêkoi – Bibliothèque Publique d’Information

 

poser une question

applications mobiles

Cette question-réponse a été vue 117 fois dont 1 fois aujourd'hui