Portrait photographique de Chostakovitch

Chostakovitch, Deutsche Fotothek. [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

Le première américaine a eu lieu en 42. Merci.

Notre réponse du 07/02/2017

Voici le récit de cette épopée extrait du livre suivant :
Dimitri Chostakovitch
Meyer, Krzysztof
Editeur Fayard, 1994
Résumé : Chostakovitch (1906-1975), longtemps contesté en Occident, en raison de son image de compositeur officiel de l’Union soviétique, est considéré aujourd’hui comme une des figures majeures de la musique au XXe siècle.
Page 264

« Le concert fut retransmis à la radio et dans le monde entier, chacun essaya d’en obtenir la partition […]. Un télégramme en Union soviétique… En réponse, un microfilm de la partition part pour l’Iran, puis de là pour l’Irak, l’Egypte, traverse l’Afrique et arrive par bateau […] de l’autre côté de l’Atlantique à New York.
Les plus célèbres chefs d’orchestre l’y attendent déjà : Toscanini, Stokowski, Koussevitski. […]. Depuis les Etats-Unis, une copie de la partition est transmise à Londres puis de là, en avion, à Stockholm. L’orchestre symphonique de Göteborg l’a jouée pour la première fois en Suède. Et l’effet fut le même que partout ailleurs : les auditeurs furent bouleversés. »

Le contexte général à partir du site du web pédagogique : Symphonie n°7 de Chostakovitch

Fin juillet 1941, Chostakovitch, qui habite à Leningrad déjà sous les bombes, entame en réaction aux attaques la composition de sa 7è Symphonie. Le compositeur ne se risque bien sûr pas au front, mais a provisoirement obtenu l’autorisation d’intégrer le corps des pompiers de la ville. La propagande soviétique en profite pour faire de lui l’archétype de l’artiste patriote par la diffusion de photographies de Chostakovitch en uniforme de pompier. Il est finalement évacué de force à l’automne 41 et envoyé à Moscou, où il termine sa composition. Car, pour Staline, Chostakovitch doit se battre avec de la musique. La 7ème symphonie est enfin jouée dans Leningrad assiégé le 9 août 1942 dans des conditions apocalyptiques constituant une véritable gageure. La propagande soviétique exalte une œuvre censée symboliser le sursaut national russe contre l’invasion allemande, un hymne à la résistance face à la barbarie et suscite un élan de résistance. A l’étranger, la cote du compositeur-pompier-patriote monte en flèche. Les chefs d’orchestre les plus prestigieux se disputent l’honneur de jouer la 7e qui est exécutée dans les mois qui suivent sa création au Royal Albert Hall de Londres, puis à New York.

Et cet extrait d’un dossier consacré à Chostakovitch et Staline sur Symphozik.info

En effet, la symphonie, véritable hymne à la résistance face à la barbarie, a un écho sans précédent. Lors de la première représentation à Moscou (qui venait d’être sauvée in extremis), l’alerte aérienne sonna. Mais au lieu de se précipiter vers les abris, les spectateurs, fascinés, ne bougèrent pas. Le concert, retransmis à la radio dans tout l’URSS, sonna comme un cri de rassemblement, mais aussi de douleur, qui toucha immédiatement tous les publics. Aux États-Unis, la cote de ce compositeur-patriote-pompier était à son maximum. Les plus grands chefs du moment, de Stokowski à Walter en passant par Koussevitzki se battent pour diriger la symphonie. Finalement, c’est le grand Toscanini qui emporte cet honneur. La partition voyage par microfilm à travers le Moyen-Orient pour rejoindre les orchestres américains; la symphonie sera jouée 62 fois dans cette période aux USA. Le 19 juillet 1942, la radio américaine diffuse le concert de Toscanini, et l’enthousiasme de tout le monde libre est à son paroxysme…Encore un triomphe mondial pour Chostakovitch, qui n’a que 36 ans !

Cordialement,

Eurêkoi – Bibliothèque Publique d’Information

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