Pourriez-vous me dire quels romans adoptent la forme de la confession et/ou du monologue de bout en bout?

Réponse apportée le 12/21/2011  par STRASBOURG Médiathèques de la ville et communauté urbaine – Fonds régional, Illustration, Arts du spectacle (danse)

Les romans qui adoptent la forme narrative du monologue sont nommés monologues intérieurs.

Vous trouverez une définition du monologue intérieur sur le site suivant :
http://www.site-magister.com/travec5.htm

Le monologue intérieur est une des constantes du Nouveau Roman (on a pu le nommer alors sous-conversation pour caractériser les textes de Samuel Beckett ou Nathalie Sarraute). Les œuvres de James Joyce, Faulkner ou Virginia Woolf en présentent des formes significatives, mais c’est le romancier français Édouard Dujardin (voir ci-dessous) qui en usa le premier dans « Les Lauriers sont coupés » (1888). Il en propose la définition suivante :
« Discours sans auditeur et non prononcé par lequel un personnage exprime sa pensée la plus intime, la plus proche de l’inconscient, antérieurement à toute organisation logique, c’est-à-dire en son état naissant, par le moyen de phrases directes réduites au minimum syntaxial de façon à donner l’impression tout-venant.» (Le Monologue intérieur, 1931).
Ce procédé a pour particularité de suivre les pensées d’un personnage. Les critiques le rapprochent du courant de conscience.

Le monologue intérieur est caractérisé par des phrases nominales, des énumérations, une logique peu visible (idées juxtaposées, association d’idées, parataxe, ellipses), une ponctuation inhabituelle.
La critique Dorrit Cohn distingue la technique du « monologue autonome » à la première personne, le « psycho-récit » dans lequel le narrateur raconte des pensées, et le « monologue narrativisé », où les pensées sont rendues à la troisième personne, au discours indirect libre.

Après avoir effectué une recherche dans la base bibliographique Electre avec les mots clés « roman + monologue », voici une liste non exhaustive de résultats :

– Les vagues / Woolf, Virginia (1882-1941) Gallimard
Publié en 1931, ce texte se compose d’une succession de monologues intérieurs entrecroisée de brèves descriptions de la nature évoquant le flux et le reflux des vagues dans la mer. Un roman silencieux, hymne à l’amour de la vie.

– Le journal d’une femme de chambre / Mirbeau, Octave (1848-1917) LGF
Paru en 1900, le journal de Célestine, jeune femme de chambre tout aussi avertie qu’impertinente, est certainement l’un des textes les plus violents d’O. Mirbeau. Véritable réquisitoire contre les moeurs bourgeoises, ce monologue révélait les bassesses et les vices d’une classe sociale triomphante.

– En tuant Richard Moraton / Gilles (1958-….) Elytis
Monologue du tueur de Richard, quelques secondes après le meurtre. Il commente son acte et le déroulement de la soirée sur un ton cynique et décalé.

– Salades de nouille /Safatly, Valentine – Les éditions Poivre & Sel
Cet album restitue les monologues d’Ernestine sur son quotidien, sa vie mais également sur la société de consommation, de l’intégration et de la crise.

– Monologue d’un prince déchiré / Hutteau, Bertrand – Ed. L’Harmattan
Il était une fois un prince qui, arrivé au soir de ses fonctions, dresse le bilan de son action, effectue son examen de conscience et porte ses réflexions sur le pouvoir lui-même. Premier roman.

– Pour mémoire / Pingeot, Mazarine (1974-….) Julliard
Monologue d’un homme hanté par la Shoah. Ni sa famille ni lui ne sont des victimes du génocide, mais il est marqué par le passage à la télévision de Nuit et Brouillard. Il raconte le choc face aux images d’extermination et comment peu à peu il s’est identifié aux rescapés des camps.

– Lettre morte / Lê, Linda (1963-….) Bourgois

– Requiem pour un roi : mémoires de Louis II de Bavière / Bergen, Véronique (1962-….) . – Ed le Bord de l’eau

– Le monologue de Teresa / Dujovne Ortiz Alicia. – Grasset et Fasquelle

– D’un solstice à l’autre / Destre, Marguerite – ed.L’Harmattan

– Tous ne sont pas des anges : monologues / Cannet, Jean-Pierre (1955-….) – le Bruit des autres

– King County sherif / Cullin, Mitch (1968-….)- Ed. Inculte

– Chronic city / Lethem, Jonathan (1964-…) – Ed. de l’Olivier

Vous pouvez également effectuer une recherche dans notre catalogue en ligne avec les mots clés « monologue intérieur ».
Parmis les 28 résultats proposés voici quelques romans qui pourraient vous interesser:

– Je ne t’ai pas vu hier dans Babylone / Antonio Lobo Antunes . – Bourgois, 2009 . – 571 p. : 20 x 14 cm
Lisbonne, dans deux villes de l’Alentejo et à Peniche, se superpose le monologue intérieur de plusieurs personnages, qui ont connu un ancien agent de la police politique de Salazar, qui aurait tué le mari de sa maîtresse. Le présumé criminel pense que les amis de la victime veulent se venger. Son discours se mêle à celui de sa maîtresse, de sa femme, de sa soeur et de deux collègues.

– Jouer juste : roman / François Bégaudeau. – Editeur : Verticales, 2003 . – 92 p. : 21 cm
Entraîneur atypique d’une équipe de football, le narrateur, entre la deuxième mi-temps et les prolongations d’un match, s’adresse à ses joueurs, les exhorte à jouer juste. Mais dans son discours vient lentement s’immiscer un monologue intérieur, le récit de son histoire avec Julie. Au fur et à mesure, se profile une irréversible théorie de la défaite. Premier roman. Genre, thème :

– Les deux sacrements : roman / Heinrich Böll . – Billard und halbzehn . – Éd. du Seuil, 2001 Format : : 347 p. : 18 cm (Points (Paris))
Trois générations d’une famille allemande d’architectes, les Fähmel, constituent la trame de ce roman. Par le biais du souvenir et du monologue intérieur de ses personnages, H. Böll reconstitue les drames collectifs qui ont secoué l’Allemagne pendant un demi-siècle.

– Rien, plus rien au monde : monologue pour un crime / Massimo Carlotto (Titre original : Niente più niente al mondo) . – Métailié, 2006 . – 1 vol. (61 p.) : 19 cm (Suites (Paris))
Mère de famille abrutie d’alcool et de télévision, lasse de sa vie, ayant reporté tous ses espoirs sur sa fille, l’héroïne va sombrer dans le délire le plus noir. Son monologue intérieur dit la fin de la classe ouvrière, la cohabitation difficile avec les immigrés, l’absence de perspectives, la frénésie de consommation pour se sentir vivant. Une mise en scène de l’autophagie de la société moderne.

En espérant que ces éléments de réponse vous aideront dans vos recherches,
Cordialement,

Eurêkoi.org, médiathèques de la ville et communauté urbaine de Strasbourg

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