Culture : Pourquoi offrait-on des oranges à Noël ?

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Bibliothèque publique d’information – notre réponse actualisée le 20/12/2021.

orange et épices © sanddebeautheil / DepositPhotos

Dominique Foufelle dans son Petit livre de Noël (publié aux éditions du Chêne en 2015) indique à propos des oranges de Noël : « Fleurissant en hiver et ayant besoin de chaleur, l’orange ne s’acclimate [en Europe] que dans la péninsule ibérique et en Italie. Plus au nord, il trouve refuge dans les serres chauffées des jardins royaux. Seuls les aristocrates consomment des oranges. Les gens du peuple n’en connaissent même pas l’existence.
À la fin du XIXe siècle, quand la coutume d’offrir des cadeaux à Noël commence à se répandre, l’orange reste un fruit rare et cher. On l’achète à la pièce à des marchandes ambulantes, venues d’Espagne ou qui en portent du moins le costume.
Aussi est-ce un cadeau de Noël luxueux pour les gens peu fortunés, qui le réservent à leurs enfants. Il le restera jusqu’aux années 1950 où ce fruit d’importation se démocratise. »

L’orange : le symbole du soleil en plein milieu de l’hiver …

Ces explications sont également mises en avant par l’historien et journaliste, Xavier Mauduit dans Pourquoi offrait-on une orange à Noël ? par Sophie Eyague, ouest-france.fr, le 24/12/2020.
Extrait :
« À Paris, elle était cultivée dans des bâtiments chauffés appelés des « orangeries ». À Versailles, près du palais du Louvre, « c’était des lieux de prestige faits pour impressionner, raconte l’historien et journaliste Xavier Mauduit. Cultiver des oranges, c’était avoir du pouvoir et assez d’argent pour transporter les pieds, payer le personnel qui s’en occupait, etc. La rareté de l’orange et sa présence exclusive dans le cercle de l’aristocratie française lui ont donné un statut de fruit de luxe. ».
(…)
Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, à cette époque, la France entre dans l’ère moderne Dans les mœurs, « l’Église a de moins en moins de pouvoir en France, Noël se détache de son sens stricto catholique », rappelle Xavier Mauduit. Les rites de Noël, sapins, cadeaux, repas copieux, se répandent. Néanmoins, le cadeau de Noël reste un geste symbolique. On offre principalement des bonbons, des chocolats et des oranges donc.
L’orange devient « le symbole du soleil en plein milieu de l’hiver compare l’historien. L’orange c’est dire nous aussi : on a notre moment de richesse ».


Podcast à réécouter :

Épisode 4 : « N’oublie pas mon petit soulier » : une histoire du cadeau de Noël

À retrouver dans l’émission Le Cours de l’histoire par Xavier Mauduit, France Culture, le 17/12/2020.
Extrait :
Pourtant, l’orange de fin d’année a une histoire. Le 31 décembre 1866, le Petit Journal fait sa une sur les oranges et le jour de l’an :
« À l’approche du jour de l’an, il est un objet d’étrennes, à la portée de tout le monde, et qui constitue le modeste cadeau du pauvre. Bien qu’il ne coûte que quelques centimes, il est joli de forme, attrayant de couleur, succulant (sic) de goût, suave de parfum… La belle dame y applique ses lèvres dans le fond de sa loge à l’Opéra, cachée sous l’éventail. Le gamin de Paris en absorbe le contenu et fait ensuite, avec la pelure, des feux d’artifice à la chandelle ». Cette friandise aimée de tous est l’orange ! Ce « fruit plébéien », commet dit le journal, s’inscrit dans la longue histoire de Noël et de celle des cadeaux.

Le 31 décembre 1866, le Petit Journal fait sa une sur les oranges et le jour de l’an : 
« À l’approche du jour de l’an, il est un objet d’étrennes, à la portée de tout le monde, et qui constitue le modeste cadeau du pauvre. Bien qu’il ne coûte que quelques centimes, il est joli de forme, attrayant de couleur, succulant (sic) de goût, suave de parfum… La belle dame y applique ses lèvres dans le fond de sa loge à l’Opéra, cachée sous l’éventail. Le gamin de Paris en absorbe le contenu et fait ensuite, avec la pelure, des feux d’artifice à la chandelle ». Cette friandise aimée de tous est l’orange ! Ce « fruit plébéien », commet dit le journal, s’inscrit dans la longue histoire de Noël et de celle des cadeaux.
le Petit Journal du 31/12/1966
Via Gallica/BnF



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