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Carte de valet de carreau avec un J

domaine public, via Pixabay

Réponse apportée le 02/15/2013  par PARIS Bpi – révisée le 15/09/2016

Voici la réponse du Musée de la carte à jouer (Issy les Moulineaux) que nous avons contacté, je cite :

« Suite à votre demande, veuillez trouver ci-dessous quelques renseignements concernant les valets des jeux anglo-saxons et leur appellation.
Dans certains jeux, il arrive de donner des noms au cartes. Le valet de pique, en particulier qui avait mauvaise réputation, tant de le domaine de la cartomancie que dans celui du jeu, a pu ainsi être appelé Polignac, Mistigri ou Pouilleux, tandis que le valet de trèfle a reçu les sobriquets de Pamphile et Mistigri.
Jusqu’au 19e siècle, le valet des jeux de cartes était appelé dans les pays anglo-saxons Knave (valet). Curieusement, dans la seconde moitié du 19e siècle, ce titre va être remplacé par un surnom populaire : Jack. David Parlett (« All Fours », The Oxford guide to card games: a historical survey, Oxford University Press, 1990, pp. 257–261) suggère que le terme Jack provient du jeu de plis All Fours (également appelé High-Low-Jack or Seven Up) où ce nom était donné aux valets, et peut-être plus particulièrement au valet d’atout qui rapportait un point au joueur qui arrivait à le remporter.
Le jeu All Fours est un très ancien jeu, déjà attesté dans le Kent, en Angleterre, dès 1674 (Charles Cotton, Compleat Gamester). Il était très populaire, pratiqué notamment dans les tavernes, au moins jusqu’à la fin du 19e siècle, non seulement en Angleterre , mais aussi en Amérique du nord.
A notre connaissance, les jeux de cartes anglo-saxons n’ont pas porté d’indices (tels que R, D, V pour les jeux français) avant 1864, ou alors ce serait de façon excessivement marginale. Le valet était donc appelé Knave comme l’attestent les recueils de règles de jeux jusque dans la deuxième moitié du 19e siècle (ou encore Charles Dickens qui dans sa nouvelle Great Expectations, en 1860-1861, fait dire à Estella : « He calls the knaves, Jacks, this boy! »), toutefois quand les premiers jeux avec indices apparaissent, contrairement à toute attente, les valets ne portent pas les indices « K » ou « Kn » (pour Knave), mais « J » (pour Jack).
L’apparition des indices dans les jeux anglo-saxons semble devoir être portée au crédit d’une fabrique de Philadelphie, Samuel Hart&Co. (1844-1871). Sans doute voulut-elle éviter de créer une confusion avec le K de King (toutefois, les suédois l’ont fait dans leurs jeux), mais son choix est sans doute aussi influencé par l’énorme succès du All Fours. Les indices sont K (King), Q (Queen) et J (Jack). A partir de cette date, leur usage se généralise. On trouve ces indices dans des jeux publiés aux Etats-Unis par l’Union playing card society en 1875, Paper Fabrique Co en 1878 ; en Angleterre, par De La Rue en 1880, et puis rapidement tous les autres éditeurs s’y sont mis entrainant, comme on peut le supposer, la substitution rapide du terme Knave par Jack. »

Musée français de la carte à jouer
& Galerie d’histoire de la ville
16 rue Auguste-Gervais
92130 Issy-les-Moulineaux
T. +33 (0)1 41 23 83 57

Cordialement,
Eurêkoi – Bpi (Bibliothèque publique d’information)

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