Bibliothèque municipale de Lille – notre réponse du 12/10/2026.

Peut-on s’en tenir aux clichés relatifs à un Moyen Âge qui aurait été sans hygiène ? Le Moyen Âge européen s’étend sur une période de 10 siècles, du 5e au 15e siècle et ces mille ans vont débuter par une lente désaffection des bains sous l’influence religieuse pour s’achever sur un regain des pratiques hygiéniques sous l’influence des savants arabes.
Sélection de ressources numériques
Le dossier pédagogique L’hygiène au Moyen Âge élaboré par la Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine – Bibliothèque de Toulouse.
Au Moyen Âge, la notion d’hygiène est déjà présente même si le mot n’existe pas encore. Néanmoins les pratiques varient selon les couches de la société et selon que l’on se trouve en ville ou à la campagne.
[…] contrairement à l’espace privé dont on prend soin, l’espace public n’est pas touché par des mesures d’hygiène.
Lavez-vous comme au Moyen Âge, un « tuto » conçu par Thibault Panis pour le magazine Ca m’intéresse.
Cradingues, nos aïeux ? Que nenni ! Bains chauds, lotions capillaires et « poudre à dents » : voici nos astuces pour être frais comme au bon temps des Capétiens ».
L’article web Des paysans sales et affamés à l’obscurantisme : six clichés sur le Moyen Âge de Pierre Robert sur le site de France culture.
Présentation :
Cette page recense six clichés bien ancrés sur le Moyen Âge, notamment sur l’hygiène, et les déconstruit, arguments à l’appui.
Enfin, L’hygiène au Moyen Âge a fait l’objet d’une exposition récente présentée en 2025 à la Tour Jean sans Peur à Paris. On y apprend que l’hygiène publique était régulée par ordonnances royales et que les latrines publiques étaient situées au dessus des ponts.
Pour aller plus loin
La vie quotidienne au Moyen Âge par Justine Defrance, Editions du Nouveau monde, 2020.
Résumé :
Justine Defrance, alias » La Prof » sur YouTube, nous propose une découverte du Moyen Âge à travers ses aspects les plus quotidiens et les plus concrets, tordant le cou au passage à nombre d’idées reçues. Alimentation, hygiène, santé, famille, femmes, éducation, vie en ville ou dans les campagnes, justice, imaginaires et superstitions, arts et loisirs… Sans prétendre à l’exhaustivité pour cette période qui dura mille ans, l’auteure nous raconte véritablement comment l’on vivait au Moyen Age en s’appuyant sur de nombreuses sources tout aussi sérieuses que divertissantes (traités de savoir-vivre, d’éducation, « tutos beauté », chartes en tout genre, poèmes nuptiaux, bestiaires…) et sur une iconographie variée et éloquente.
Le propre et le sale : l’hygiène du corps depuis le Moyen Age par Georges Vigarello. Editions du Point, 2014.
Résumé :
Encombrement des espaces, netteté de la peau, intimité sensible, les critères anciens du propre et du sale ne sont plus ceux d’aujourd’hui. Des faits apparemment identiques ne déclenchent au fil du temps ni les mêmes appréciations ni les mêmes réactions : la transpiration collant à la peau, le cheveu supportant la vermine, l’odeur émanant des corps. La propreté de nos pères, celle de l’Europe classique par exemple, n’était pas la nôtre : elle pouvait exister sans le recours à l’eau, en favorisant quasi exclusivement l’apparence extérieure, l’habit. L’histoire du propre et du sale est ainsi celle d’un lent raffinement. Elle montre comment se fabriquent les seuils du goût et du dégoût. Leurs différences avec les nôtres réveillent la conscience de notre propre sensibilité.


