*En quoi peut-on rapprocher le travail de John Cage de celui de Marcel Duchamp?* Pourquoi peut-on dire que la partition 4’33 » de John Cage s’inscrit-elle dans son temps?

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Réponse apportée le 02/18/2010  par PARIS Bpi – Actualité, Art moderne, Art contemporain, Presse

Voici une première réponse rapide établie à partir du catalogue de la Bpi en croisant dans la recherche tous index (auteur, titre, sujet, résumé) J. Cage et M Duchamp.

* Auteur : Charles, Daniel
Titre : Gloses sur John Cage : suivies d’une glose sur meister Duchamp /
Édition : Nouv. éd. revue et augm.
Éditeur : Paris : Desclée De Brouwer, [*838 doc.] 2002
Description : 372 p. ; 21 cm
Collection : Arts et esthétique [*7 doc.]

Résumé : Une suite de 24 textes qui abordent différents aspects de la pensée et de l’oeuvre du compositeur J. Cage, dont l’impact ne se limite pas à la musique, mais s’étend à l’art et à la pensée actuelle.

Sujets : Cage, John–critique et interprétation [*4 doc.]
Duchamp, Marcel–influence [*5 doc.]

* Auteur : Castanet, Pierre Albert
Titre : Quand le sonore cherche noise : pour une philosophie du bruit /
Éditeur : Paris : M. de Maule, 2008
Description : 450 p. ; 22 x 15 cm
Collection : Musique [*134 doc.]

Résumé : Cet essai traite de la confusion sonore et du son comme abjection, pour montrer que cette tendance à l’expérimentation est présente dans les courants de pensée tout au long du XXe siècle. Hommage aux futuristes italiens et à M. Duchamp, E. Varèse, et J. Cage.

* Auteur : Cage, John
Titre : Silence : discours et écrits /
Éditeur : Paris : Denoël, 2004
Description : 181 p. ; 21 cm
Collection : X-trême

Résumé : Réunit une vingtaine de textes du compositeur évoquant ses conceptions en matière de musique expérimentale et retraçant ses expériences complexes pratiquées sur un auditoire, comme les Discours sur rien. Avec quelques textes sur Marcel Duchamp, Jasper Johns et Joan Miro.

Sujets : Musique–Philosophie et esthétique [*172 doc.]

* Auteur : Cage, John
Titre : Silence : discours et écrits /
Éditeur : Paris : Denoël, 2004
Description : 181 p. ; 21 cm
Collection : X-trême

Résumé : Réunit une vingtaine de textes du compositeur évoquant ses conceptions en matière de musique expérimentale et retraçant ses expériences complexes pratiquées sur un auditoire, comme les Discours sur rien. Avec quelques textes sur Marcel Duchamp, Jasper Johns et Joan Miro.

Sujets : Musique–Philosophie et esthétique [*172 doc.]

* Auteur : Pelé, Gérard
Titre : Inesthétiques musicales au XXe siècle /
Éditeur : Paris : l’Harmattan, DL 2007
Description : 1 vol.: ill., mus., couv. ill. ; 22 cm
Collection : Arts et sciences de l’art [*2 doc.]
Arts & sciences de l’art [*15 doc.]

Résumé : L’étude a pour objet de décrire trois des démarches qui ont servi à transgresser la conception romantique de l’art sous l’influence notamment de Marcel Duchamp, Raoul Haussmann et John Cage : le décloisonnement disciplinaire, l’expérimentation technologique et la recherche théorique.

Sujets : Musique–1945-1970–Histoire et critique [*2 doc.]
Musique–Philosophie et esthétique–1945-…. [*11 doc.]
Théorie musicale–20e siècle [*18 doc.]

Pour localiser ces ouvrages, vous pouvez consulter le SUDOC (Système Universitaire de Documentation) : ce catalogue permet de localiser un document dans les bibliothèques universitaires françaises, de l’emprunter directement ou par le prêt entre bibliothèques (PEB); il vous permet aussi de connaître les horaires et fermetures annuelles de ces bibliothèques.

Je vous communique la réponse de notre collègue spécialiste de musique contemporaine:

Avec 4’33 », John Cage a radicalisé toutes ses conceptions antérieures sur la composition musicale.

En effet, John Cage est porteur d’une révolution consistant à libérer les sons, tous les sons (bruits et silence compris), de l’emprise de « la musique ». Pour lui, ce qui se produit lorsqu’on joue ce qu’il a écrit (conçu) n’existe pas dans son esprit préalablement, aucun motif musical (suite d’accords, mélodie, figure rythmique) ne s’impose aux interprètes, mais seulement un processus. L’écriture de la partition ne traduit pas une inspiration préalable, c’est le résultat de ce que les plasticiens appellent – effectivement, d’après Duchamp – un « dispositif ». Silence et durée ne sont plus réductibles à d’autres paramètres comme la hauteur (les notes) ou l’intensité (le volume, les nuances). C’est pourquoi bien des pièces de John Cage portent le nom d’une durée : 48′, 6′, 4′, … et 4’33 », et son ouvrage poético-théorique le titre Silence (rassemblant textes, entretiens, conférences … mais il faut savoir que prononcer une conférence, pour Cage, reste du domaine de la « composition » au sens large !).

La pensée de Duchamp, tout comme celle de Dada et du bouddhisme zen, a eu une résonance énorme sur le travail de Cage : sans doute peut-on considérer qu’avec « Imaginary Landscapes » (l’un de ces paysages imaginaires met en scène plusieurs postes de radio, ce qui fait que l’exécution de la pièce sonnera très différemment, selon qu’on est en période électorale ou pendant la coupe du monde de football) ou « 4’33″ » (qu’on interprète à tort comme 4’33 » de silence, alors qu’il s’agit de 4’33 » de silence prescrit pour n’importe quel instrument, et que l’on peut parfaitement « jouer » la pièce dans une rue bruyante, au bord d’une mer agitée ou … dans une salle de concert), avec ces deux pièces donc, et quantité d’autres (« Roaratorio », « Fontana mix », etc.) nous tenons une forme de discipline analogue à celle que prescrivait Duchamp pour la découverte de ses ready-mades.

Cordialement,

Eurêkoi – Bpi (Bibliothèque publique d’information)

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