photographie du manuscrit

Serments de Strasbourg

Réponse apportée le 01/05/2007  par PARIS Bpi – révisée le 05/09/2016

Plusieurs sites internet sont consacrés à l’histoire de la langue française. Ainsi, dans l’encyclopédie Wikipédia, on peut lire que :

« On estime généralement que les Serments de Strasbourg sont le premier texte écrit en protofrançais (ou romana lingua ou encore roman). Bien sûr, cette romana lingua ne ressemble pas beaucoup au français moderne, mais cette langue en est néanmoins l’ancêtre. La première mention de l’existence d’une langue romane ne date que de 813, lors du concile de Tours, réuni à l’initiative de Charlemagne, qui impose désormais de prononcer les homélies dans les langues vulgaires au lieu du latin — « rusticam Romanam linguam aut Theodiscam, quo facilius cuncti possint intellegere quae dicuntur », c’est-à-dire dans la « langue rustique romaine » (« langue romane de la campagne », forme de protofrançais nommée roman (pour la France) ou dans la « langue tudesque » (germanique) pour l’Allemagne — afin tous puissent plus facilement comprendre ce qui est dit.
C’est en effet à cette époque qu’en France on prend conscience qu’on parle une langue différente du latin, probablement parce que, de toutes les langues romanes, elle en est la plus éloignée. Il faut attendre entre 880 et 881 pour le premier texte littéraire, la Séquence de sainte Eulalie, encore qu’on puisse considérer que la langue de ce texte est plus du picard que du français lui-même. »

Dans l’Encyclopaedia universalis, on peut lire cet article dont voici un extrait :
Bernard CERQUIGLINI, « Serments de Strasbourg ». In Universalis éducation [en ligne]. Encyclopædia Universalis, consulté le 29 septembre 2016. Disponible sur http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/serments-de-strasbourg/

Devant les difficultés à partager des terres dissemblables, on finit par choisir le critère linguistique : Charles obtient la partie francophone, Louis le domaine germanophone de l’Empire. C’est donc la langue qui signifie le partage : elle est le nouveau signe du politique. Les Serments sont prêtés en langues vulgaires, ancêtres respectifs du français et de l’allemand. Et comme il s’agit de se reconnaître des territoires, Louis jure dans la langue du royaume attribué à Charles (donc, en français), et Charles dans la langue du royaume attribué à Louis (donc, en allemand). Puis les troupes de chacun prêtent serment dans leur propre langue. Ces quatre Serments (deux en roman : Louis et les officiers de Charles ; deux en germanique : Charles et les officiers de Louis) adaptent en langue vulgaire les formules qu’utilise le latin juridique des chancelleries : « Pro Deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, d’ist di en avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo […]. » Ils n’ont toutefois pas été conservés par quelque document diplomatique, minute de ce qui fut prononcé, mais par une œuvre littéraire […]Afin de signifier dans son texte, et par son texte même, cette nouvelle alliance, Nithard utilise l’échange linguistique et reproduit les Serments dans les deux langues vulgaires. L’écriture était jusque-là entièrement latine. Par le geste de Nithard (miraculeusement conservés, les Serments ne se lisent que dans un manuscrit de sonHistoire), le français accède à l’écrit, et c’est la première langue romane à le faire.

De même, le site études-littéraires.com, dans son article « les grandes dates de la langue française » signale que : 

Vers 880, la Séquence de sainte Eulalie (ou Cantilène de sainte Eulalie) est le premier texte littéraire français (un fac similé de ce document est d’ailleurs disponible en ligne. L’original de ce document est détenu par la bibliothèque municipale de Valenciennes.

Vous trouverez des informations complémentaires sur le site internet de cette bibliothèque.

Vous pouvez également consulter le « Que sais-je? » suivant :

Histoire de la langue française
Jacques Chaurand, 11e éd. PUF, 2006
Collection : Que sais-je ? ; 167
Résumé : Retrace l’histoire de la langue française de la première manifestation de son existence, en 842 avec le texte des « Serments de Strasbourg », jusqu’à nos jours. Décrit chaque étape de cette histoire en la replaçant dans son contexte socio-politique et en soulignant ses innovations.
A la Bpi, niveau 3,  84(091) CHA 

Cordialement,
Eurêkoi – Bibliothèque publique d’information

Thème(s) :  

Vous aussi vous avez une question ? 

POSEZ-NOUS VOTRE QUESTION