Hippolyte Maindron, statue de Velleda

Hippolyte Maindron, Velleda  [CC BY-SA 2.0], via Wikimedia Commons

Notre réponse du 26/01/2017
En guise d’introduction sur Veleda ou plutôt Velleda (forme retenue), vous pouvez lire une brève présentation sur le site Histoire par les femmes.com : Velleda, celle qui voit

Voir aussi l’article de wikipedia Vellada (prophétesse)

L’nterrogation du portail Persée de revues de sciences humaines (consultable librement en ligne) donnent plusieurs résultats intéressants :

Chronique des études anciennes : Charles Dugas, André Aymard, Pierre Boyancé, A. Grenier, Revue des Études Anciennes Année 1947 Volume 49 Numéro 3 pp. 369-386
Page 377-378 Notes d’archéologie romaine : Veleda à Ardée

« — L’archéologie procure parfois des surprises. Des fouilles exécutées en 1926 près de l’Acropole d’Ardée ont mis au jour le podium d’un grand temple archaïque et, parmi les débris très divers qui y furent trouvés, figurait un fragment de plaque de marbre, de 0m16 de chaque côté, portant sept lignes d’écriture en caractères grecs qui peuvent dater de la fin du ier ou du début du ne siècle de notre ère. Rev. Et. anc. 25
Brisées au début et à la fin, les lignes paraissent les restes de vers trop incomplets pour qu’on songe à les restituer. En haut, isolé au milieu de la ligne et en caractères un peu plus grands que les autres, se lit : βελήδαν : Veleda.
Qu’il s’agisse bien de la prophétesse des Bructères qui fut l’âme de la guerre de 69-70, on n’en saurait douter ; à la ligne 4 se lit le mot Ρηνο- πόται : ceux qui boivent l’eau du Rhin, c’est-à-dire les Germains, et, à la ligne 3, μακρής περί παρθένο… Le texte est publié et commenté par MUe Margherita Guarducci, qui propose de compléter : icap0evo[8oo- λείας], sur le modèle de ίεροδουλεία (Rendiconti d/ΊΙα Pont. Accad. Rom. d’Archeologia, XXI, 1945-1946, p. 163-176).
Pourquoi une inscription métrique grecque à Ardée, pauvre petite ville de grands souvenirs, ruinée dès la République et, sous l’Empire, infestée par la malaria? Pourquoi, à Ardée, une mention de la prophétesse germaine? Veleda aurait donc fini sa vie en Italie et il faudrait entendre au pied de la lettre la phrase de Tacite : vidimus sub divo Vespasiano Veledam. En effet, Stace (Silv. I, 4, 90) parie de Veleda captive ; elle aurait été prise en 78 lors de la campagne de Rutilius Galli- cus sur le Rhin. Elle a pu être internée à Ardée. Le complément proposé par MUe Guarducci à la ligne 3, s’il est juste, permettrait de supposer qu’elle aurait été longtemps attachée au service d’un temple, sans doute pour y continuer son rôle de prophétesse au profit des Romains. Les derniers mots de la ligne 7 : χαλχοΰν άπομυσσέτω indiqueraient qu’il s’agissait d’oracles sur lamelles de bronze. . . Et, pour finir, MUe Guarducci présente ce qui pourrait bien être un portrait de Veleda captive, un peson de balance en bronze du Musée de Vienne (Autriche) représentant une femme déjà d’un certain âge à la physionomie très individuelle d’une expression rêveuse et triste. La tête s’appuie sur la main droite repliée dans l’attitude de Pénélope ; une longue chevelure retombe sur l’épaule gauche en masse épaisse. C’est bien ainsi qu’on se représenterait la prophétesse captive, esclave d’un temple dans une ville ruinée, pour y présider à des sorts vulgaires. »

Voir aussi Des Places Édouard. Inscription grecque métrique concernant Véléda. In: Revue des Études Grecques, tome 61, fascicule 286-288, Juillet-décembre 1948. pp. 381-390.DOI : 10.3406/reg.1948.3129 http://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_1948_num_61_286_3129

Et Bousquet Jean. Veleda. In: Revue des Études Grecques, tome 62, fascicule 289-290, Janvier-juin 1949. pp. 88-91. DOI : 10.3406/reg.1949.3144
http://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_1949_num_62_289_3144

Les références à Tacite :
« On sait que Véléda, prophétesse bructère, joua un rôle dans la révolte de Julius Civilis (Histoires, 4, 61, 5 ; 5, 22, 24) ; ainsi, lorsque Tacite l’évoque dans La Germanie (8, 3) sub diuo Vespasiano, c’est Civilis qui est présent également. » page 103 de Voisin Patrick. La Germanie de Tacite : une table d’attente pour Julius Civilis et Arminius, une table de jeu pour le lecteur. In: Vita Latina, N°182, 2010. pp. 96-107; http://www.persee.fr/doc/vita_0042-7306_2010_num_182_1_1701
Voir également l’article de wikipedia sur La Germanie de Tacite

Il existe un catalogue d’exposition :
Velléda, mythes et représentations
, catalogue exposition, Quimper, musée des Beaux-arts, 1995-1996, commissaire de l’exposition, Sophie Barthélémy.
Consultable à Paris PARIS-INHA, Accessibilité : Non disponible pour le PEB, Cote : N7763.V45 VELL 1995, Fonds spécifique : FIAB voir notice : http://www.sudoc.fr/026410354

Son histoire a fait l’objet d’un opéra :
Identifiant pérenne de la notice : http://www.sudoc.fr/158028376
Titre : Velléda opéra en 4 actes [Texte imprimé] / paroles de A. Challamel et J. Chantepie ; musique de Ch. Lenepveu. Consultable via Gallica ark:/12148/bpt6k1417378

Et d’une tragédie :
Identifiant pérenne de la notice : http://www.sudoc.fr/151318107
Velléda
[Texte imprimé] : tragédie en cinq actes / par Louis de Combettes-Labourélie, …

Une citation de l’Universalis nous conduit au texte de Chateaubriand :
Patrick BERTHIER, « CHATEAUBRIAND FRANÇOIS RENÉ DE – (1768-1848) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-rene-de-chateaubriand/
« Dans Les Martyrs aussi l’érudition pèse ; costumes et coutumes étouffent trop la vie et la tendresse, même dans l’épisode souvent distingué de la sensuelle druidesse Velléda (au livre X) »
Voir ce passage : https://www.reseau-canope.fr/cndpfileadmin/musagora/mondes-antiques-mondes-modernes/bardes-devins-et-druides/les-druidesses/apparition-de-velleda-chateaubriand-les-martyrs-livre-x/

Toujours sur Gallica :
Titre : La Sylphide : revue littéraire
Éditeur : [s.n.] (Voiron)
Date d’édition : 1905-01
Type : texte
Type : publication en série imprimée
Langue : français
Format : application/pdf
Format : Nombre total de vues : 3064
Description : 1905/01 (A19,N1)-1905/12 (A19,N12).
Droits : domaine public
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-4771
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5408508g Voir page 349
LA DRUIDESSE VELLEDA CHRETIENNE(…)VELLEDA AU DESERT La foule s’amassait, énorme, houleuse, émue, énervée, et cependant recueillie jusque dans les paroles échangées à voix basse, sous les sombres voûtes des grands chênes(…). Derrière eux s’avançait Velléda, sereine et impénétrable, fiévreuse et impassible, le coeur inondé d’une joie surhumaine, le front hautain, le pied ferme, tout l’être imprégné d’un indicible, d’un fol orgueil, l’orgueil de la créature humaine qui a voulu (…)

Cordialement,

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