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Poésie : Je recherche des poèmes sur les 4 saisons mais sur 4 époques


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    Bibliothèques de Marseille – notre réponse du 18/09/2015.

    aquarelle d'un arbre aux couleurs des quatre saisons

    saisons© DeepGreen / DepositPhotos

    Vous trouverez dans le rayon jeunesse de la bibliothèque la plus poche de chez vous de nombreux livres de poésie ; certaines recueils proposent des sélections par thème, comme Le temps et le saisons en poésie, publié chez Gallimard.

    Vous pouvez aussi trouver sur Internet de nombreux sites qui proposent des sélections de poèmes par thème :
    Les poèmes sur les saisons
    Poética
    Anthologie de poèmes sur le thème des quatre saisons
    Poésies pour l’été

     

    Voici une sélection de poème sur chacune des 4 saisons selon différentes époques

    Été

    Moyen-âge
    Les fourriers d’Été
    Les fourriers d’Été sont venus
    Pour appareiller son logis
    Et ont fait tendre ses tapis
    De fleurs et de verdures tissus.
    En étendant tapis velus
    De verte herbe par le pays
    Les fourriers d’Été sont venus.
    Cœurs d’ennui pieça morfondus,
    Dieu merci, sont sains et jolis ;
    Allez-vous en, prenez pays,
    Hiver, vous ne demeurez plus :
    Les fourriers d’Été sont venus.
    Charles d’Orléans in Max-Pol Fouchet « La poésie française » (Seghers)
    (1391-1465)


    Printemps

    Moyen-âge
    Le temps a laissé son manteau
    De vent, de froidure et de pluie,
    Et s’est vêtu de broderie,
    De soleil luisant, clair et beau.
    Il n’y a bête ni oiseau
    Qu’en son jargon ne chante ou crie :
    Le temps a laissé son manteau
    De vent, de froidure et de pluie.
    Rivière, fontaine et ruisseau
    Portent en livrée jolie
    Gouttes d’argent, d’orfèvrerie;
    Chacun s’habille de nouveau:
    Le temps a laissé son manteau. René Charles d’Orléans


    XVIe siècle
    Quand le printemps
    Quand le printemps commence à revenir,
    Retournant l’an en sa première enfance,
    Un doux penser entre en mon souvenir
    Du temps heureux que ma jeune ignorance
    Cueillit les fleurs de sa verte espérance.
    Puis, quand le ciel ramène les longs jours
    Au chaud Été, j’aperçois que toujours
    Avec le temps s’allume le désir
    Qui seulement ne me donne loisir
    D’aviser l’ombre et mes passés séjours.
    Puis, quand Automne apporte le plaisir
    Des ses doux fruits, hélas, c’est la saison
    Où de pleurer j’ai le plus de raison,
    Car mes labeurs ne l’ont jamais connue :
    Mais seulement, en ma triste prison,
    L’Hiver extrême ou l’ Été continue.
    Joachim du Bellay

    XIXe siècle
    Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
    Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
    Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
    Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
    Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
    L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
    Il semble que tout rit, et que les arbres verts
    Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
    Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
    Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
    A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
    Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.
    Victor Hugo, Toute la lyre

    XIXe siècle
    Allégorie
    Despotique, pesant, incolore, l’Été,
    Comme un roi fainéant présidant un supplice,
    S’étire par l’ardeur blanche du ciel complice
    Et bâille. L’homme dort loin du travail quitté.
    L’alouette au matin, lasse, n’a pas chanté.
    Pas un nuage, pas un souffle, rien qui plisse
    Ou ride cet azur implacablement lisse
    Où le silence bout dans l’immobilité.
    L’âpre engourdissement a gagné les cigales
    Et sur leur lit étroit de pierres inégales
    Les ruisseaux à moitié taris ne sautent plus.
    Une rotation incessante de moires
    Lumineuses étend ses flux et ses reflux…
    Des guêpes, çà et là, volent, jaunes et noires.
    Paul Verlaine, Jadis et naguère, Gallimard. (1844-1896)


    Automne

    XIXe siècle
    Les sanglots longs
    Des violons
    De l’automne
    Blessent mon cœur
    D’une langueur
    Monotone.
    Tout suffocant
    Et blême, quand
    Sonne l’heure,
    Je me souviens
    Des jours anciens
    Et je pleure
    Et je m’en vais
    Au vent mauvais
    Qui m’emporte
    Deçà, delà,
    Pareil à la
    Feuille morte.
    Paul Verlaine, Poèmes saturniens

    XXe siècle
    Quand les bois ont les cheveux courts,
    La lune ceint son abat-jour
    De brume pâle
    Et le vent vole et le vent court
    En tournoyant comme un vautour
    Sous les étoiles.
    Pourquoi mon coeur es-tu si lourd
    Quand les bois ont les cheveux courts ?
    Rivé aux cailloux de la cour
    Le lierre étreint dans ses doigts gourds
    Une hirondelle.
    Entends-tu dans le petit jour,
    Le gel affûter ses tambours
    Et ses chandelles ?
    Quand les bois ont les cheveux courts
    Pourquoi mon cœur es-tu si lourd ?
    Pierre Coran (dans La Poésie comme elle s’écrit – Jacques Charpentreau – Éd Ouvrières 1979)


    Hiver

    XIXe siècle
    Le bonhomme de neige
    Un jour, un bonhomme de neige
    Eut envie de voyager.
    Il prit sa belle écharpe beige
    Et son bâton de noisetier.
    A peine arrivé en Afrique,
    Il se sentit très fatigué.
    Il fut piqué par un moustique
    À l’ombre d’un grand cocotier.
    Il fut pris d’une forte fièvre
    Et soudain se mit à trembler,
    Comme tremblent lapins et lièvres
    Quand la chasse va commencer.
    Il transpirait à grosses gouttes,
    Il fondait de la tête aux pieds …

    Poète suisse, et directeur de l’enseignement à Genève, auteur de manuels scolaires ( Leçons et
    exercices de grammaire française, école primaire), et de contes pour enfants,

    Albert Atzenwiler (1898-1941) nous présente cet intrépide bonhomme de neige.

    Il a neigé la veille et, tout le jour, il gèle.
    Le toit, les ornements de fer et la margelle
    Du puits, le haut des murs, les balcons, le vieux banc
    Sont comme ouatés, et, dans le jardin, tout est blanc.
    Le grésil a figé la nature, et les branches
    Sur un doux ciel perlé dressent leurs gerbes blanches.
    Mais regardez. Voici le coucher de soleil.
    À l’occident plus clair court un sillon vermeil,
    Sa soudaine lueur féérique nous arrose,
    Et les arbres d’hiver semblent de corail rose.
    François Coppée (1842-1908), Promenades et Intérieurs,


    Eurêkoi – Bibliothèques de Marseille



    4 commentaires sur “Poésie : Je recherche des poèmes sur les 4 saisons mais sur 4 époques”

    1. Bonjour, le poème de soi-disant Joachim du Bellay, « Quand le printemps, Quand le printemps commence à revenir, Retournant l’an en sa première enfance, […] », est en réalité un poème de Saint-Gelais.

      1. Effectivement, dans Gallica : on y trouve le sonnet en question dans les OC (ed. de 1873 par Prosper Blanchemain) de Saint-Gelais :
        http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k27826z/f158.item.r=ma%20jeune%20ignorance

        Titre : Oeuvres complètes de Melin de Sainct-Gelays. Tome deuxième / éd. rev., annot. et publ. par Prosper Blanchemain ; avec un commentaire inédit de B. de La Monnoye, des remarques de MM. Emm. Phelippes-Beaulieux, R. Dezeimeris, etcAuteur : Saint-Gelais, Mellin deÉditeur : Kraus reprint (Nendeln (Liechtenstein))Date d’édition : 1873Contributeur : Blanchemain, Prosper (1816-1879). Éditeur scientifiqueContributeur : La Monnoye, Bernard de (1641-1728). Auteur du commentaireType : monographie imprimée

        Le pb est que – du moins d’après l’editeur des sonnets (Saint-Gelais, Mellin de (1491-1558)
        Autre(s) auteur(s)éd. critique avec introd. et notes par Luigia Zilli
        Zilli, Luigia
        EditeurDroz
        Date 1990)- cette ed. de Prosper Blanchemain n’est pas entièrement fiable et que, pour Saint-Gellais, de nombreuses questions d’attribution restent irrésolues.
        Dans son introduction, il dit présenter une édition des sonnets de cet auteur ; or, le sonnet en question n’en fait pas partie. Le doute est donc permis …
        Quelles sont vos sources ?
        Eurêkoi

      2. Effectivement, dans Gallica : on y trouve le sonnet en question dans les OC (ed. de 1873 par Prosper Blanchemain) de Saint-Gelais :
        http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k27826z/f158.item.r=ma%20jeune%20ignorance

        Titre : Oeuvres complètes de Melin de Sainct-Gelays. Tome deuxième / éd. rev., annot. et publ. par Prosper Blanchemain ; avec un commentaire inédit de B. de La Monnoye, des remarques de MM. Emm. Phelippes-Beaulieux, R. Dezeimeris, etcAuteur : Saint-Gelais, Mellin deÉditeur : Kraus reprint (Nendeln (Liechtenstein))Date d’édition : 1873Contributeur : Blanchemain, Prosper (1816-1879). Éditeur scientifiqueContributeur : La Monnoye, Bernard de (1641-1728). Auteur du commentaireType : monographie imprimée

        Le pb est que – du moins d’après l’editeur des sonnets (Saint-Gelais, Mellin de (1491-1558)
        Autre(s) auteur(s)éd. critique avec introd. et notes par Luigia Zilli
        Zilli, Luigia
        EditeurDroz
        Date 1990)- cette ed. de Prosper Blanchemain n’est pas entièrement fiable et que, pour Saint-Gelais, de nombreuses questions d’attribution restent irrésolues.
        Dans son introduction, il dit présenter une édition des sonnets de cet auteur ; or, le sonnet en question n’en fait pas partie. Le doute est donc permis …
        Quelles sont vos sources ?
        Eurêkoi

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