Femmes : quel est le nom de la première infirmière reconnue pour son dévouement dans la lutte contre une maladie ou un virus dévastateur ?

Timbre à l'effigie de Clara Mass infirmière américaine
Clara Maass (She gave her life) This is a United States 13-cent postage stamp. Public Domain

Bibliothèque francophone multimédia – Limoges, notre réponse du 3/04/2020

Nous avons débuté nos recherches par l’article de Wikipédia intitulé « Histoire de la profession infirmière » ainsi que par la consultation de sites d’Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI).

Historique de la profession :

L’origine de la profession est double, sage-femme mais aussi guérisseuse.
Sage-femme car elle aide les accouchées.
Guérisseuse car elle vit proche de la nature, observe les modifications, par tâtonnements au début puis par déduction ensuite.
Elle crée des remèdes, des potions qui soulagent et guérissent. La transmission du savoir n’était qu’orale, elle ne savait souvent ni lire ni écrire.

À travers l’histoire, la figure soignante fut d’abord celle de la matrone à l’Antiquité, celle qui a acquis l’expérience de l’accouchement et qui l’a transmise aux autres femmes, puis celle de la religieuse aux Moyen-Age.
Les guerres et les grandes épidémies amènent les congrégations religieuses à fonder les premières infirmeries ayant pour vocation de soigner.

À la Révolution de 1789, l’hôpital laïc est créé.

Mais il faut attendre le XIXe siècle pour que le statut de l’infirmière se professionnalise et qu’apparaissent des écoles. Avec les progrès de la médecine, la seconde moitié du XIXe siècle voit également émerger une réflexion sur l’hygiène et la qualité des soins.


Portraits d’infirmières

Il existe peu de biographies d’infirmières en lien avec des virus ou des pathologies précises. Le plus souvent, les grandes figures historiques de la profession sont soit des femmes ayant œuvré pour l’amélioration des pratiques et du statut, soit des infirmières s’étant distinguées pendant des périodes de guerre.

Afin de retrouver des infirmières dont le rôle fut marquant face à des maladies ou des virus, nous avons ciblé nos recherches en croisant les mots clés « infirmières » « histoire » et certains noms d’épidémies (tels que peste, choléra, grippe espagnole…).


D’après nos recherches, Thérèse Rastit est considérée comme la première des infirmières de France en raison de son dévouement lors de la Peste de Marseille en 1720. Mais nous n’avons trouvé ni monographie ni article publié à son sujet.

On trouve toutefois sur Gallica (la bibliothèque numérique de la BnF, Bibliothèque nationale de France), une courte biographie de Thérese Rastit dans le Répertoire des travaux de la Société de statistique de Marseille, 1857, vol. 20

« RASTIT (Thérèse, Veuve d’Antoine EYDIN), née en 1691, morte le 29 novembre 1720. Cette femme , qui s’était consacrée au soulagement des malheureux mourut à la fleur de l’âge, de la cruelle maladie dont elle fut atteinte au milieu des, soins et des consolations qu’elle apportait aux pauvres pestiférés » (p. 241)

ainsi que cette mention « le 16 septembre, la peste se déclare avec une horrible violence, bientôt chaque famille compte un malade ; à peine atteint ; le pestiféré succombe, la mortalité devient effrayante. A Cassis aussi l’on vit de ces dévouements […] Une jeune veuve, Thérèse RASTIT, va de maison en maison, portant des remèdes aux uns, de l’argent aux autres, des consolations à tous » (p. 120)


Même si elles ne sont pas les premières, ni les seules, nous pouvons également saluer le dévouement de ces trois infirmières :

Kate Marsden, née le 13 mai 1859 à Edmonton, et morte le 26 mai 1931 à Londres, était une exploratrice, missionnaire, auteure et infirmière britannique. Soutenue par la reine Victoria et l’impératrice Marie Fedorovna de Russie, elle tenta de trouver un remède pour guérir la lèpre. Pour cela, elle organisa une expédition de Moscou en Sibérie et y installa un centre de traitement de la lèpre :
« Elle emporta ses propres provisions y compris un vêtement si robuste et lourd, que la force de trois hommes fut nécessaire pour l’installer dans le traîneau qui la transporterait pendant une partie du voyage. Elle avait aussi emporté 18 kilos de Christmas pudding parce qu’il avait la réputation d’entretenir la bonne santé et parce qu’elle adorait ça. Elle arriva trois mois plus tard avec son assistante et traductrice, Ada Field. Pendant son expédition, elle parcourut environ 18.000 km (à travers la Russie en train, en bateau, en traîneau ou à dos de cheval. Elle dût interrompre son voyage près d’Omsk parce qu’elle tomba malade.[…] Ainsi, elle fit don de nourriture à des prisonniers russes en route pour l’exil, accordant des rations doubles aux femmes. En arrivant à Irkoutsk, en mai, elle forma un comité pour traiter la question de la lèpre. Elle se rendit, ensuite, à Iakoutsk, en descendant le fleuve Léna, pour y récupérer l’herbe sensée guérir de la lèpre. Bien que cette plante n’apporta pas la guérison espérée, elle continua à travailler auprès des lépreux en Sibérie ».
Source Wikipédia

Clara Maass (1876-1901) était une infirmière américaine originaire du New Jersey. En avril 1898, pendant la guerre hispano-américaine, Clara Maass devient infirmière bénévole pour l’armée des États-Unis. Peu de temps après la fin de sa deuxième mission avec l’armée, Maass, de retour à Cuba, intègre la Commission sur la Fièvre jaune de l’armée américaine.
L’un des objectifs de la commission est de déterminer comment la maladie est transmise : par la piqûre des moustiques ou par contact avec les objets contaminés. […]
En mars 1901, Maass se porte volontaire pour être piquée par un moustique de l’espèce Culex fasciata (maintenant appelé Aedes aegypti) qui a été nourri précédemment sur des malades de la fièvre jaune. Elle contracte une forme légère de la maladie qui guérit rapidement. […]
Le 14 août 1901, Clara Maass accepte d’être piquée une deuxième fois par un moustique infecté. Les chercheurs veulent prouver que la première infection est suffisante pour immuniser le patient contre la maladie. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Elle tombe gravement malade le 18 août et décède le 24. Sa mort soulève un tollé dans l’opinion publique et met fin aux expériences sur les humains.
Source Wikipédia

Victoria Brù Sánchez (1876-1918) est une infirmière d’origine cubaine. En 1918, elle aide à lutter contre une épidémie de grippe espagnole, suite à l’arrivée à la Havane d’un navire espagnol avec à son bord des centaines de malades.
Face à la violence de l’épidémie et bien que malade elle-même, elle se bat jusqu’à sa mort pour que les malades soient soignés et isolés. Elle est ainsi devenue une martyre de la profession à Cuba.
Source : le blog « La seringue atomique », article « Un Timbre, Une Infirmière, Une Histoire ! » publié le 25 avril 2018.

Sur son blog Seringue Atomique, Corinne Régulaire partage son quotidien d’infirmière libérale et ses préoccupations sur les difficultés de la profession.


Pour aller plus loin sur l’histoire de la profession infirmière :

Sorcières, sages-femmes et infirmières : une histoire des femmes soignantes
Barbara Ehrenreich, Deirdre English ; traduit de l’anglais (Etats-Unis) par L. Lame. Paris : Cambourakis, DL 2015
Disponible à la Bibliothèque départementale des Pyrénées orientales

La vraie histoire des infirmières
[Philippe Duley] ; [préface Dr Ali Afdjei]. Paris : Éd. Chronique, 2012
Résumé : L’histoire du métier d’infirmière est retracée depuis ses origines. De la réalité à la fiction, de l’adulation au fantasme, l’image que renvoient les infirmières dans la société est examinée notamment à travers la place accordée dans la littérature et au cinéma
Disponible à la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges.

La Dame à la lampe : une vie de Florence Nightingale
Gilbert Sinoué. Paris : Calmann-Lévy, 2008
Disponible sur le réseau des Médiathèques de Perpignan.
Cette dernière biographie pour clore notre sélection car Florence Nightingale (1820-1910) reste la figure la plus célèbre de l’histoire des infirmières :

« On appelait Florence Nightingale « la Dame à la lampe » parce qu’on la voyait parcourir la nuit les hôpitaux militaires, éclairée d’une lampe à pétrole. Elle a créé le métier moderne d’infirmière.
Alors qu’au XIXe siècle ce travail est réservé aux laissées-pour-compte, Miss Nightingale bouscule les convenances au désespoir de sa famille. Elle réforme et assainit les hôpitaux militaires en pleine guerre de Crimée.
Elle fonde en 1860 à Londres la première véritable école d’infirmières. Au même titre que Pasteur, elle joue un rôle déterminant dans la lutte contre les maladies infectieuses. » (résumé de l’éditeur)



Eurêkoi – Bibliothèque francophone multimédia de Limoges
http://bfm.limoges.fr/

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