Est ce que l’eau pourrait devenir un enjeux géopolitique plus important que le pétrole ?

eau minérale verre
Eau. Congerdesign de Pixabay

Médiathèques Valence Romans Sud Rhône Alpes, notre réponse du 1/10/2019

Tout d’abord il faut nous arrêter sur la définition de l’eau. L’eau sur Terre est à 97.5% de l’eau salée, ce sont les mers et océans, nous ne nous y attarderons pas même si le contrôle des mers (avec la notion des eaux territoriales) est un enjeu très important tant militaire, économique que scientifique. Le réchauffement climatique et la montée des eaux qui l’accompagne fait craindre la submersion de terres habitées et donc également de zones de tension.

En ce qui concerne l’eau douce qui représente 2.5% de l’eau de la surface terrestre, la majorité se trouvant sous forme de glace dans les 2 calottes polaires et les glaciers. L’eau exploitée par l’homme ne représente que 0.7 % de l’eau, ce sont les lacs, les rivières et l’eau souterraine, mais elle est largement suffisante (40000 km3 par an) pour les besoins actuelles de la population mondiale (5500 km3 par an).

L’enjeu majeur est donc son inégale répartition sur Terre et son accès. Mais l’augmentation de la consommation due à l’activité humaine, la pollution de l’eau, et le réchauffement climatique qui entraine des sécheresses sont des problèmes de plus en plus prégnants.

De nombreuses zones de tensions existent, 260 bassins fluviaux dans le monde sont partagés par plusieurs états, le bassin du Jourdain, du Gange, du Nil, du Mékong, du Rio Grande… autant de zones où les frictions entre états existent.

Pour l’instant aucun conflit inter-états a vu le jour à cause du seul facteur eau, mais le géographe Frédéric Lasserre pose la question : Guerres de l’eau : paradigme des guerres du XXIe siècle ?

L’enjeu géopolitique de l’eau ne se situe pas uniquement au niveau des états. L’accaparement de l’eau peut être dû à des acteurs privés, construction de barrage, pollution, où être le fruit d’une carence de la puissance publique, comme l’absence d’infrastructure pour la captation de l’eau potable et le retraitement des eaux usées en Afrique par exemple.

De plus les usages se concurrencent, 70 % de l’eau utilisée est accaparée par l’agriculture, 22% par la production matériel, 8 % par la consommation domestique (qui recouvre des usages très variés).

Mais l’eau reste un élément abondant et cyclique ce qui n’est pas que cas du pétrole dont l’augmentation des besoins et sa rareté entraine des tensions.

Le pétrole est déjà responsable de guerres par le passé, et les tensions aujourd’hui entre l’Arabie Saoudite et l’Iran ou au Venezuela montrent qu’il va être responsable de tensions géopolitiques majeures dans un futur proche.

Sur le long terme, la fin du pétrole obligera l’humanité à s’en passer. Pour l’eau elle en sera toujours dépendante, et l’augmentation de la population et de ses besoins, sa rareté dans certaines zones, et la pollution risque d’être des facteurs de tensions géopolitiques de premier ordre dans quelques dizaines d’années.

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