Énergies : quels arguments donner en faveur de l’énergie nucléaire?

Bibliothèque publique d’information, notre réponse du 15/07/2020. Mise à jour le 04/08/2020.

cheminées de centrale nucléaire
Cheminées de centrale nucléaire par Public Domain Pictures de Pixabay


Le nucléaire est une énergie « décarbonée ». Il n’émet donc pas de gaz à effet de serre et n’aurait pas d’effet négatif sur le changement climatique.
Selon la formule, cette énergie est « climato-compatible ».

De plus, le coût de cette énergie en France est aujourd’hui très faible pour les consommateurs par rapport à d’autres pays européens.
Voir la note de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), datée de septembre 2017, notamment page 9 : Les coûts de production du parc nucléaire français


Selon  Réseau de transport d’électricité (RTE), la fermeture de vingt-quatre réacteurs nucléaires entraînerait un doublement des émissions de CO2.
Dans un scénario baptisé « Ohm », le gestionnaire pointe la difficulté de réduire la part du nucléaire sans augmenter la part des énergies fossiles, donc émettre davantage de CO2, un gaz responsable du changement climatique.
Voir le rapport plus complet de RTE, daté de 2017, sur le site reporterre.net.


Dans un article (en accès abonné) du magazine Le Point, publié le 7 mai 2019 et constitué d’une interview de Staffan Qvist par Thomas Malher, Staffan Qvist insiste sur le fait que « le nucléaire fait partie des solutions face au réchauffement climatique » et présente plusieurs arguments :
« Les écologistes sérieux savent qu’il faut un minimum de nucléaire pour décarboniser » .
Il s’agissait d’évoquer le livre A bright Future: how some countries have solved climate change and the rest can follow.
Joshua Goldstein et Staffan Qvist, éd. PublicAffairs, janvier 2019.

Nous vous proposons une synthèse des arguments principaux de Steffan Qvist présentés dans cette interview en faveur du maintien d’une énergie nucléair :

– L’ingénieur suédois s’appuie tout d’abord sur le constat d’un échec du modèle de transition énergétique allemand. L’Allemagne, présentée comme modèle écologique pour avoir tenté remplacer à la fois les énergies fossiles et le nucléaire par les énergies renouvelables, peine à réduire les combustions fossiles et émet deux fois plus de pollution carbonique que la Suède, pays qui dans l’histoire a le mieux réussi à produire de l’électricité sans carbone par habitant, grâce à son programme nucléaire. Cet échec de l’Allemagne a été pointé par un certain nombre d’analystes.

Lire à ce sujet : sur la plateforme Cairn, article La transition énergétique allemande : un pas en avant, deux pas en arrière ? de Brigitte Lestrade, Anne Salles, revue Allemagne d’aujourd’hui 2019/1 (N 227), pages 3 à 6.

-Il expose également que les énergies renouvelables ne sauraient à elles seules suffire à produire la quantité d’énergie nécessaire. « Une combinaison des énergies renouvelables et du nucléaire est ce qui, pour l’instant dans l’histoire, a été le plus effectif. (…) Il faut trouver la bonne combinaison. Ce n’est bien sûr pas du 100 % nucléaire, mais, pour l’instant, cela ne peut pas non plus être du 100 % renouvelables (…) parce que les énergies renouvelables ne fonctionnent que par intermittence. »

On ne peut pas, selon Steffan Qvist, « changer tout notre modèle de société basé sur la croissance à l’échelle de la planète. C’est possible dans un pays riche d’essayer de consommer moins d’énergie. Pour la planète dans sa globalité, c’est totalement irréaliste ».

Il y a à cela deux raisons. D’une part, « le monde réclame plus d’énergie, car cette énergie a permis de sortir des milliards de personnes de la pauvreté et d’améliorer leur condition de vie ». Et, d’autre part, « si nous voulons avoir un secteur des transports propre en termes d’émissions de CO2, une grande partie devra fonctionner avec l’électricité. La demande globale d’électricité sera ainsi d’une tout autre échelle que les petites économies réalisées par des individus ».


-Il réfute par ailleurs plusieurs arguments des antinucléaires.

Le problème de sécurité, en premier lieu. Il insiste sur le fait que si les accidents nucléaires marquent particulièrement les esprits, « tout a un risque. (…) En tant que société adulte, nous devons comparer ces risques d’une façon non biaisée. Et, si nous regardons les statistiques, le nucléaire est l’énergie la plus sûre.  ».

L’autre problème majeur du nucléaire est celui des déchets résiduels dont la radioactivité persiste sur des centaines de milliers d’années. Or, non seulement des solutions techniques existent (tel un centre d’enfouissement pour l’éternité en Finlande), mais les quantités sont minuscules.
« Pour le nucléaire, c’est une quantité tellement limitée qu’on peut la stocker dans la moitié d’une canette de soda. Et cette quantité va encore diminuer avec des réacteurs plus efficaces ».


Autres articles :
Vous pouvez consulter un article d’Alexandre Turpyn dans la revue Capital, mis à jour le 13 juillet 2017, qui reprend les avantages mais aussi les inconvénients du nucléaire :
Pour ou contre l’énergie nucléaire?

Un article de Sylvestre Huet dans Le Monde le 11 avril 2018 : Nucléaire et climat : la grande tromperie


Ouvrage :
Faut-il sortir du nucléaire ?
Géraldine Woessner, éd. First Editions, coll. Ça fait débat, octobre 2019.
Une synthèse sur la question du nucléaire présentant les points de vue contradictoires pour comprendre les enjeux économiques, politiques et environnementaux de ce débat social.
©Electre 2019


Interview :
Le nucléaire est-il l’ennemi de l’écologie ? le 03/08/2020, interview de Jean-Marc Jancovici, par ARTE.

Jean Marc Jancovici, membre du Haut conseil pour le climat, ingénieur français, consultant et spécialiste de l’énergie et du climat.
Il est également enseignant, conférencier, auteur de livres et chroniqueur indépendant. 
Associé fondateur de Carbone 4
Enseignant à Mines ParisTech



Conférence :
Quel avenir pour le nucléaire ? (très complet)
Leçon de clôture de Jacques Foos, professeur titulaire de la chaire de Rayonnements, isotopes et applications du Conservatoire national des arts et métiers, prononcée le 30 septembre 2008 et publiée sur la chaîne YouTube Union des Ingénieurs du CNAM, le 11 mai 2011.
www.unicnam.net/

Quel avenir pour le nucléaire ? 11 mai 2011.

Eurêkoi – Bibliothèque publique d’information
www.bpi.fr
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