Mes sorcières bien-aimées

IUT Paris Rive de Seine.

Des fictions historiques et un essai qui réhabilitent l’image de la sorcière comme puissant symbole d’émancipation féminine. Un choix conçu par les étudiants de l’IUT Métiers du livre – Paris Rives de Seine

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Moi, Tituba sorcière…

Noire de Salem

Publication:

Auteur(s): Maryse Condé

Éditeur(s): Mercure de France, Gallimard

Résumé :

Fille de l’esclave Abena violée par un marin anglais à bord d’un vaisseau négrier, Tituba, née à la Barbade, est initiée aux pouvoirs surnaturels par Man Yaya, guérisseuse et faiseuse de sorts. Son mariage avec John Indien l’entraîne à Boston, puis au village de Salem au service du pasteur Parris. C’est dans l’atmosphère hystérique de cette petite communauté puritaine qu’a lieu le célèbre procès des sorcières de Salem en 1692. Tituba est arrêtée, oubliée dans sa prison jusqu’à l’amnistie générale qui survient deux ans plus tard. Là s’arrête l’histoire. Maryse Condé la réhabilite, l’arrache à cet oubli auquel elle avait été condamnée et, pour finir, la ramène à son pays natal, la Barbade au temps des Nègres marrons et des premières révoltes d’esclaves.

L’avis du bibliothécaire

Dans cette fiction historique, Maryse Condé explore les thèmes de la révolte, de la sororité et de la transmission à travers la figure oubliée de Tituba. Accusée de sorcellerie lors des procès de Salem de 1692, l’esclave noire fait face aux oppressions raciales et sexuelles d’une société puritaine obsédée par le contrôle des femmes.

Figure de la francophonie féministe à l’oeuvre multiple, Maryse Condé (1934-2024) a reçu le Grand prix littéraire de la Femme 1987 pour cet écrit engagé.

Les Graciées

Publication:

Auteur(s): Kiran Millwood Hargrave

Éditeur(s): Robert Laffont Éditions

Traducteur(s): Sarah Tardy

Résumé :

1617, Vardø, au nord du cercle polaire, en Norvège. Maren Magnusdatter, vingt ans, regarde depuis le village la violente tempête qui s’abat sur la mer. Quarante pêcheurs, dont son frère et son père, gisent sur les rochers en contrebas, noyés. Ce sont les hommes de Vardø qui ont été ainsi décimés, et les femmes vont désormais devoir assurer seules leur survie. Trois ans plus tard, Absalom Cornet débarque d’Écosse. Cet homme sinistre y brûlait des sorcières. Il est accompagné de sa jeune épouse norvégienne, Ursa. Enivrée et terrifiée par l’autorité de son mari, elle se lie d’amitié avec Maren et découvre que les femmes peuvent être indépendantes. Absalom, lui, ne voit en Vardø qu’un endroit où Dieu n’a pas sa place, un endroit hanté par un puissant démon. Inspiré de faits réels, Les Graciées captive par sa prose, viscérale et immersive. Sous la plume de Kiran Millwood Hargrave, ce village de pêcheurs froid et boueux prend vie.

L’avis du bibliothécaire

Trois ans après qu’une tempête a tué presque tous les hommes de Vardø, un chasseur de sorcières débarque dans le village norvégien pour réprimer les pratiques des femmes. Dans le même temps, une jeune villageoise noue avec l’épouse de ce dernier une relation inattendue et lui fait découvrir le chemin de l’émancipation. À travers l’évocation des procès de sorcières dans la Norvège du XVIIème siècle, l’autrice creuse les questions de la solidarité féminine et de la résistance face à la violence patriarcale.

Kiran Millwood Hargrave est une poétesse et dramaturge reconnue en Grande-Bretagne. Les graciées est son premier roman pour adultes.

Le Temps des sorcières

Publication:

Auteur(s): Alix E. Harrow

Éditeur(s): Hachette Heroes

Traducteur(s): Thibaud Eliroff

Résumé :

Avant, quand l’air était si imprégné de magie qu’il laissait un goût de cendres sur la langue, les sorcières étaient féroces et intrépides, la magie flamboyait et la nuit leur appartenait. Ce temps n’est plus, les hommes ont dressé des bûchers, et les femmes ont appris à se taire, à dissimuler ce qui leur restait de magie dans des comptines, des formules à deux sous et des contes de bonne femme. Mais la vraie sorcellerie n’a besoin que de trois choses pour renaître : la volonté de l’écouter, les vers pour lui parler, et les voies pour la laisser pénétrer le monde. Car tout ce qui est important va par trois. Ainsi des sœurs Eastwood : Bella, Agnès et Genièvre. Mues par la colère, la peur… et une pulsation écarlate qui ne demande qu’à revivre, des dons qu’elles découvrent peu à peu. Il suffit pour cela de s’unir, et d’y croire, de traquer tous les interstices où elle se dissimule. Car la magie, c’est d’abord penser que chacun est libre d’agir, même si le mal rôde. Le temps des Sorcières pourrait alors bien revenir, pour notre plus grand bénéfice à tous, hommes et femmes. Lauréat du British Best Fantasy Award 2021.

L’avis du bibliothécaire

En 1893, à New Salem, la magie féminine est interdite. Les retrouvailles de trois sœurs séparées depuis des années marquent un tournant pour le destin des femmes de la ville.

La romancière américaine de fantasy Alix E. Harrow associe sorcellerie et lutte féministe à travers la figure de la Triple Déesse (Vierge, Mère, Aînée) soulignant par ce biais que solidarité et transmission des savoirs sont essentielles afin de lutter contre l’oppression.

La sorcière de Limbricht

Publication:

Auteur(s): Susan Smit

Éditeur(s): Editions Charleston

Traducteur(s): Marie Hooghe

Résumé :

« Aujourd’hui, le 10 juillet 1674, par ordre du bailli et des échevins de Limbricht, vous êtes arrêtée pour suspicion de sorcellerie ou magie noire. » Enfermée sans plus d’explications, Entgen Luijten ne peut compter que sur elle-même : elle n’a plus de famille et sait que personne ne se lamente sur son sort. Parce qu’elle préfère se rendre au bois qu’à l’église, parce qu’elle connaît le pouvoir des plantes qui soignent, parce qu’elle est un peu trop libre, elle a toujours fait jaser dans son village reculé de la campagne néerlandaise. Dans l’attente de son procès, la voilà réduite à compter les jours dans l’étroit et glacial cachot du baron Van Breyll qui est prêt à tout pour obtenir des aveux spectaculaires. Mais malgré les fenêtres étriquées de sa cellule, Entgen se souvient des premières lueurs de l’aube qui embrasent l’horizon et de la lande qu’elle parcourait en compagnie des siens. Et si elle respecte la puissance de la nature, elle ne se soumettra pas à l’autorité du châtelain et compte bien faire entendre sa voix. Même si cela doit être la dernière fois. Inspiré de faits réels, La Sorcière de Limbricht offre une fascinante réécriture féministe de la chasse aux sorcières, portée par une plume puissante et sensorielle.

L’avis du bibliothécaire

Suite à des dénonciations calomnieuses, une guérisseuse est accusée de sorcellerie. S’inspirant de l’histoire vraie de la dernière femme persécutée durant les chasses aux sorcières aux Pays-Bas à la fin du XVIIème siècle, Susan Smit relate les sévices infligés aux femmes victimes de l’Inquisition ainsi que l’injustice, la vacuité et le manque de fondement des procès. Dans son récit, Entgen Luijten célèbre la force et l’indépendance des femmes autant que leur résilience face à un système dominé par la peur et la superstition. Ce roman est un vrai best-seller aux Pays-Bas.

Sorcières

La puissance invaincue des femmes

Publication:

Auteur(s): Mona Chollet

Éditeur(s): Éditions La Découverte

Résumé :

Qu’elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ? Ce livre en explore trois et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante — puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant — puisque l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur. Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

L’avis du bibliothécaire

Convoquant trois portraits de femmes contemporaines, Mona Chollet réhabilite la sorcière comme symbole d’émancipation féminine : elle montre comment les chasses aux sorcières ont servi la domination masculine, liant cette problématique aux questions de l’indépendance, de la maternité et de la vieillesse.

S’inscrivant dans un contexte politique et sociétal porteur, son essai a rencontré un vif succès et a remporté le Prix de l’essai Psychologies-Fnac en 2019.

Film, roman, BD, série... Nous sommes là pour vous aider à choisir.

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