Sciences : Qu’est ce que le transhumanisme ?

Bibliothèque publique d’information – notre réponse du 23/11/2021.

homme vitruvien futuriste
© homme vitruvien futuriste -chachar/Deposit Photo

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer la condition humaine par l’augmentation des capacités physiques et mentales des êtres humains et de supprimer le vieillissement et la mort.
Le mouvement transhumaniste se préoccupe des dangers comme des avantages que présentent de telles évolutions.
Source : Wikipédia.

Aujourd’hui, une distinction est faite entre transhumanisme et post-humanisme.
« Le préfixe « trans » signifie en latin « ce qui va au-delà ». Le transhumanisme est donc un programme visant à établir des valeurs et des normes destinées à aller au-delà de l’humanisme. »
Source :
Humanisme, posthumanisme, transhumanisme : de quoi parle-t-on exactement ? par Jean-Yves Goffi, The Conversation, le 10/02/2021.
The Conversation est un média indépendant en ligne et sans but lucratif, qui propose du contenu provenant de la communauté universitaire. 

Afin d’améliorer les capacités humaines, le transhumanisme s’appuie sur l’usage avancé des nanotechnologies et des biotechnologies ainsi que l’intelligence artificielle.
Concrètement il peut s’agir de rendre la vue à une personne non voyante, de faire marcher un homme paralysé avec des prothèses animées via un processeur, ou encore de stimuler le cerveau pour lutter contre la maladie de Parkinson.
Futura Sciences propose un article expliquant ce qu’est le transhumanisme, ses dangers et comment il pourrait transformer la société. 
En France, ce mouvement est principalement représenté par l’Association française transhumaniste dont le site web proposent des articles, conférences, podcasts, etc.


À réécouter :

Tous immortels avec l’intelligence artificielle ? WebTV de la Bpi, 2018.
Présentation :
« Assistance lors d’opérations chirurgicales, implants physiques, augmentation de la mémoire, transfert de la conscience dans un ordinateur : le transhumanisme encourage la coopération de l’homme avec la machine au point de prédire la fusion entre les deux. L’homme augmenté serait le futur de l’humanité. L’intelligence artificielle a-t-elle raison d’annoncer des lendemains radieux ? L’immortalité est-elle pour demain ?
Quelles questions éthiques ces prédictions soulèvent-elles ? »


Transhumanisme et controverses

Ainsi, s’il s’agit bien d’améliorer la « qualité » de vie des individus par une meilleure santé, le transhumanisme soulève également quelques débats et plusieurs critiques.
Ces discussions sont complexes et multiples, à la fois d’ordre moral, philosophique ou éthique.
Dans leur article L’imposture du transhumanisme, sur le site pourlascience.fr, le 22/05/2018, Danièle Tritsch et Jean Mariani dénoncent les promesses illusoires du transhumanisme sur le plan scientifique.

Transhumanisme: l’apparition du surhomme
Chaîne YouTube TV5 monde
le 31/03/2018.

Présentation :
« L’homme « augmenté » fait rêvé. L’homme, débarrassé de ses faiblesses et lorgnant vers l’immortalité, est pour demain. A grand renfort de nanotechnologies, génétique et biotechnologies.
Jacques Testart, biologiste, est le père scientifique du premier bébé-éprouvette français. C’était en 1982.
Aujourd’hui, il signe le livre « Au péril de l’humain – Les promesses suicidaires des transhumanistes » aux Éditions du Seuil.
Un ouvrage de réflexions coécrit avec la journaliste Agnès Rousseaux, qui met en garde contre les transhumanistes et leurs Graal peu recommandable.


De quel « humanisme » est-il question dans le transhumanisme ? par Romuald Bidault et Andréa Laine, hypothèses.org, le 28/06/2019.
Extrait :
« Dans l’idéologie transhumaniste, l’homme est mis au centre de l’univers, il doit être augmenté et amélioré, dans le but de devenir une sorte de Dieu.
En ce sens? le transhumanisme semble être un anthropocentrisme, et même plus que cela, une religion de l’homme et de sa science (ce qui a priori n’aurait pas déplu à Auguste Compte). Il serait donc la libération finale de l’homme, libération de tout ce qui l’a toujours opprimé, notamment la nature et l’évolution biologique qui semble être incontrôlable. Le transhumanisme accomplirait donc le rêve de Descartes, en rendant l’homme comme maître et possesseur de la nature.
Mais simultanément, le transhumanisme semble nier l’homme, allant jusqu’à le faire disparaître. Pourquoi ? Parce que ce n’est plus l’homme qui est central, ce sont bien plutôt la science, la technique et la machine, qui prennent la première place. »


Pour aller plus loin…

Ouvrages sur le transhumanisme

Le transhumanisme, c’est quoi ?
Dominique Folscheid, Anne Lécu, Brice de Malherbe, Éditions Cerf, 2018.
Résumé :
« Les auteurs, médecin, philosophe et théologien, retracent les fondements intellectuels du transhumanisme, les dangers de cette entreprise et s’interrogent sur la meilleure façon de réhabiliter l’humanisme aujourd’hui. »

Transhumanisme : quel avenir pour l’humanité ?
Franck Damour, David DoatLe Cavalier bleu, 2018.
Résumé :
« Une synthèse sur la réflexion transhumaniste, de sa naissance discrète dans les années 1990 en Californie à son développement actuel en passant par sa structuration, ses figures fondatrices et ses acteurs majeurs. »

Transhumanisme : questions éthiques et enjeux juridiques.
Centre de recherche en éthique et droit de l’Ouest (Angers), Parole et Silence, 2020.
Résumé :
« Un ensemble de contributions autour du transhumanisme qui proposent une réflexion sur les concepts de transcendance et de transgression en abordant les aspects éthiques, théologiques et juridiques de cette transformation de la nature humaine. »

Aux racines du transhumanisme : France, 1930-1980
Alexandre Moatti, Éditions Odile Jacob, 2020.
Résumé :
« Une analyse des origines de l’idéologie transhumaniste en France dès le début du XXe siècle et des questions sur l’eugénisme et la sélection qui émergent alors. Rostand, Péguy, Teilhard ou encore Carrel ont participé à ce débat d’idées que continuent d’alimenter les découvertes techniques et scientifiques. »


Eurêkoi – Bibliothèque publique d’information