Mains levées au ciel portant des chaines brisées

Martinique Le Prêcheur Hands Freedom by orythys. Pixabay

Médiathèque George Wolinski, Noisy-le-Grand : notre réponse du 3/11/2018

Il faut savoir que la question de la réparation de la traite et de l’esclavage est toujours d’actualité et constitue une revendication majeure des descendants d’esclaves déportés depuis le continent africain.  D’après Myriam Cottias, Directrice du CIRSEC, Centre international de recherche sur les esclavages et les post-esclavages, le Mouvement international des réparations demandait en 2005 à l’Etat français 200 milliards au titre de la compensation de l’esclavage.  Cette demande a été rejetée par les juges qui ont considéré qu’il était impossible de chiffrer les dommages pour une période aussi ancienne. Sources : « Quelles réparations pour l’esclavage? » in Le journal du CNRS,10.05.2017,

Le CIRSEC travaille actuellement à l’élaboration d’une base de données conséquente sur l’esclavage qui porte notamment sur les indemnités perçues par les propriétaires d’esclaves lors de l’abolition.

Toujours sur le plan scientifique, il existe le projet Repairs (Réparations, compensations et indemnités au titre de l’esclavage (Europe-Amériques-Afrique) (XIXe-XXIe) de l’Agence Nationale de la Recherche. Il se présente de la façon suivante « Ce projet poursuit une réflexion sur l’esclavage et ses conséquences en prenant pour objet la question des réparations, qui permet d’étudier, dans une double perspective historique et contemporaine, l’accès aux droits des descendants d’esclaves et l’émergence d’un nouveau régime d’altérité basé sur la revendication de justice sociale. ». L’organisation de colloques pilotée par ce projet de Recherche témoigne de la place qu’occupe le débat sur les réparations de l’esclavage dans notre société.

Sur le plan politique, il semble que l’Etat et les différents gouvernements tentent de reconnaître l’esclavage et le rôle de la France :

  • loi Taubira de 2001 qui fait de l’esclavage un crime contre l’humanité, 
  • décision de Jacques Chirac en 2006 de faire commémorer la traite, l’esclavage et l’abolition le 10 mai,
  • différents musées et mémorial de la Traite comme à Nantes. 

Cependant, il n’y a pas de volonté de réparer économiquement les descendants d’esclaves. Le président François Hollande s’est ouvertement opposé à plusieurs reprises  à une réparation. En 2016, le Premier ministre Manuel Valls repousse également l’idée d’une réparation financière de l’esclavage.

« Esclavage: Pas de réparation financière, réaffirme Valls« Par L’Obs avec AFP, le 30 octobre 2016.

Des questions ont d’ailleurs été posées en ce sens aux candidats à l’élection présidentielle de 2017 par le Mouvement International Pour les Réparations 

« 10 Questions aux candidats sur la Réparation de la traite négrière et de l’esclavage » par Pierre Carpentier, in blogs.mediapart.fr, 19/03/2017. 
 
Le Conseil Représentatif des Associations Noires milite également pour des réparations et a lancé une campagne pour que l’Etat verse des indemnités aux descendants mais aussi pour que des descendants d’esclavagistes alimentent un fonds de réparation. Le CRAN a assigné en justice le baron Ernest Antoine-Seillère dont la fortune a été constituée notamment grâce au commerce des esclaves ainsi que des banques ou la Caisse des Dépôts. 
« Traite négrière: le CRAN assigne en justice le baron Seillière« . In L’humanité.fr, 9 Mai, 2015.
 
Au-delà d’une réparation en monnaie sonnante et trébuchante, le CRAN réclame également à travers son action une transparence sur ces questions à travers la mise en place de musées ou le financement de sujets de recherches en lien avec la traite
 
Cordialement,

Eurêkoi – Noisy-le-Grand
Médiathèque de Noisy-le-Grand

Vous aussi vous avez une question ? 

POSEZ-NOUS VOTRE QUESTION