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Histoire : Y a-t-il des documents sur le séisme de Djidjelli en 1856 ?

Bibliothèque de l’Institut du monde arabe – notre réponse du 04/07/2022.

Peinture du phare de Jijel
Peinture du phare de Jijel ©
Mouh2jijel / CC BY-SA 3.0

Le 21 août 1856, l’un des plus forts séismes jamais ressenti sur les côtes d’Afrique du Nord ruine la presque totalité de la ville de Djidjelli (aujourd’hui Jijel) au nord-ouest d’Alger. (Source : site Histoire de Jijel).

Y a-t-il des documents sur ce séisme ravageur ?

Deux descriptions savantes du tremblement de terre

Histoire de Djidjelli, de A. Retout, éd. J. Carbonnel, 1927.
Voir la Partie 3, ch. 3, 105-112 : « Tremblement de terre de 1856 et fondation de la nouvelle ville ».

Histoire des désastres de l’Algérie, 1866-1867-1868, sauterelles, tremblement de terre, choléra, famine, de l’abbé Burzet,.Burzet ; impr. de E. Garaudel (Alger), 1869.
Voir la partie II. « Tremblement de terre », p. 39.
Extrait : « À Djidjelli, dès la première secousse, la population avait abandonné la ville. Il ne périt que trois personnes qui n’avaient pas voulu fuir avec les autres habitants, mais la ville fut ruinée à peu près entièrement. »

Analyse des documents recueillis sur les tremblements de terre ressentis en Algérie du 21 août au 15 octobre 1856, de M. H. De Senarmont, en ligne sur le site Histoire de Jijel.
Ce document évoque dans le tableau des « commotions principales » celle de Djidjelli en précisant les horaires et l’intensité de ces secousses.


Témoignages publiés principalement dans la presse francophone de l’époque

Journal L’Illustration, Tome XXVIII, 1856, p. 221 (avec une image de Djidjelli avant et après le séisme), en ligne sur Hathi Trust.

Bulletin de l’Algérie, année 1856, Paris, p. 378-379 : « Tremblement de terre en Algérie », en ligne sur Google Books.

Le Constitutionnel : journal du commerce, politique et littéraire, jeudi 14 mai 1857 : « revue scientifique », en ligne sur Gallica.

Indicateur général de l’Algérie 1858, p. 454-455, cité à la fin de l’article Djidjelli par P. Salama, dans Encyclopédie berbère, vol. 16, 1995, p. 2469-2476, en ligne sur OpenEdition Journals.
Extrait du §26 qui cite cet ouvrage : « Dans la nuit du 21 au 22 août 1856, vers les dix heurs, un bruit souterrain, semblable au roulement du tonnerre, se fit entendre, et l’on éprouva une violente secousse. La mosquée, la vieille tour génoise et plusieurs maisons s’écroulèrent. La mer se retira à une assez grande distance pour revenir aussitôt avec un mugissement formidable. La commotion dura quarante secondes. Tous les habitants se précipitèrent en dehors de leurs demeures ; il n’y eut que trois femmes et deux enfants qui périrent. Le lendemain 22, vers midi moins vingt minutes, comme chacun, reprenant confiance, rentrait dans la ville, une secousse plus forte, plus longue que celle de la veille, se fit ressentir, produisant de longues crevasses dans le sol et faisant bouillonner la mer. A cet ébranlement, accompagné de détonations souterraines, toute la ville s’écroula dans un nuage de poussière. » (Indicateur général de l’Algérie 1858, p. 454-455).
Une version numérisée de l’Indicateur général de l’Algérie description géographique, statistique et historique de chacune des localités des trois provinces (3e édition), de Victor Bérard, éd. Bastide, 1867, qui porte sur l’Algérie des années 1830-1962 est disponible sur Gallica. La page 412 est consacrée à la commune de Djidjeli et évoque le séisme.


Archives photographiques acquises par le Musée de l’armée

« Le 21 aout 1856, l’un des plus forts séismes jamais ressenti sur les côtes d’Afrique du Nord ruine la presque totalité de la ville de Djidjelli (aujourd’hui Jijel) au nord-ouest d’Alger. Aucune archive photographique n’avait été retrouvée pour témoigner de cet épisode jusqu’à l’apparition sur le marché de l’art d’un ensemble de quarante-trois tirages photographiques, réalisés entre janvier 1856 et 1857, acquis par le musée de l’Armée en 2015. Ce corpus anonyme rapporte l’évolution architecturale de la ville et le rôle assumé par le génie militaire dans sa reconstruction. »
Lire de billet du blog des collections du Musée


Quelques articles ou compte-rendus scientifiques proposant une analyse sismologique de l’événement 

The Djidjelli (Algeria) earthquakes of 21 and 22 August 1856 (I0 VIII, IX) and related tsunami effects Revisited, par Assia Harbi, Mustapha Meghraoui et Said Maouche, Journal of Seismology, 15, 2011, p. 105–129, en ligne sur SpringerLink, en accès payant.
Extrait de la présentation : The effects of each earthquake are analysed from all documentary source materials, emphasising the confrontation of observations and data for an accurate reconstruction of the macroseismic field of both events. The method used provides a more precise way to determine the characteristics of the Djidjelli earthquakes.

La tectonique active de la région nord-algérienne, par Abdelkrim Yelles-Chaouche, Azzedine Boudiaf, Hamou Djellit et Rabah Bracene, Comptes Rendus Geoscience, Vol. 338, Issues 1–2, January 2006, p. 126-139, en ligne sur ScienceDirect.

Contribution à la connaissance de la sismicité d’Alger et de ses alentours au XVIIIe siècle, extraite des archives françaises, par Amal Sebaï et Pascal Bernard, Comptes Rendus Geoscience, Vol. 340, Issue 8, August 2008, p. 495-512, en ligne sur ScienceDirect.


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