Bonjour, Voici un peu plus de vingt ans, je feuilletais un livre français, dont les premières pages étaient blanches, puis les suivantes se garnissaient de notes de bas de pages, et peu à peu se construisait l’ouvrage en faisant appel à l’imagination ou à la déduction du lecteur. Je ne l’ai pas emprunté sur le coup, et depuis longtemps recherche ce que cela pouvait être. En auriez-vous une idée ?Merci d’avance. Cordialement

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Réponse apportée le 01/23/2010  par PARIS Bpi – Actualité, Art moderne, Art contemporain, Presse

Bonjour,
Votre question est une véritable « bouteille à la mer »!
J’ai tout d’abord pensé au « lettrisme » mouvement littéraire et artistique connu pour ses jeux typographiques et de mise en page.

Voici un extrait de l’article Le roman lettriste dans Wikipedia
« Le roman hypergraphique devait également s’enrichir de la graphologie, de la calligraphie, de tous les genres d’énigmes visuels et des rébus, comme il devait s’annexer, en 1952, avec Amos ou introduction à la métagraphologie, la photographie, les différentes possibilités de l’impression superposée, la reproduction sonore, le cinéma, l’architecture, pour intégrer l’ensemble des matières symboliques de la vie, toutes les philosophies et sciences du signe, depuis la linguistique et la grammaire, jusqu’aux techniques d’imprimerie, en passant par les mathématiques. Isou proposera, dans la phase destructive du roman hypergraphique, le roman blanc avec La loi des purs (1963), un roman uniquement constitué de pages blanches (précédé toutefois d’un manifeste qui justifie cet ultime anéantissement). Le roman hypergraphique est dépassé, en 1956, par le roman infinitésimal, constitué de n’importe quel support servant de tremplin mental au lecteur, invité à imaginer des infinités de narrations inexistantes ou inconcevables. En 1960, le roman super-temporel proposait des cadres vides ouverts à la participation active et infinie des lecteurs qui pouvaient remplir, à leur guise, quantités de supports vierges, comme autant d’éléments constitutifs d’une prose perpétuellement changeante et interactive. À la suite d’Isidore Isou, de nombreux lettristes vont s’essayer à ces nouvelles formes romanesques, notamment Maurice Lemaître et Gabriel Pomerand qui publient respectivement, en 1950, Canailles (in la revue Ur n°1) et Saint-Ghetto-des-Prêts (éditions O.L.B), deux parfaits exemples de proses hypergraphiques, Roland Sabatier qui publie, en 1963, Manipulitude (éditions Psi), défini comme un roman hypergraphique super-temporel, ou encore Anne-Catherine Caron qui publie en 1978 Roman à Equarrir (éditions Anakota), un roman hypergraphique épuré et hermétique que l’on peut qualifier d’anti-roman tant la trame narrative est absente et les codes romanesques remis en question ou tournés en dérision. »

Il y a bien le roman blanc d’Isidore Isou, mais d’après ce que j’ai pu en déduire des bribes trouvés sur Internet, ce n’est dans doute pas votre ouvrage. Je n’ai pas pu vérifier car il n’est pas au catalogue de la Bpi.

Je me suis ensuite tournée vers l’Oulipo en cherchant « oulipo+page+blanche » sur Google et l’extrait suivant m’a semblé très prometteur :
Poétique de l’Oulipo Par Marc Lapprand page 22-23

Confirmé par Fabula.org
« J’évoquerai d’abord, parce qu’elle est la plus radicale, l’intervention de Paul Fournel avec Banlieue [4] . Le texte est ici réduit à son péritexte : Banlieue, outre sa classique page de titre, comporte successivement la protestation de fictivité, un exergue, une dédicace, un avertissement de l’éditeur, une préface allographe (de Marguerite Duras !), une note liminaire de l’auteur, huit pages de texte, vierges, mais toutes munies de notes infrapaginales dues à « M. Maurice Garin, Inspecteur de l’Éducation Nationale, une postface allographe (de François Caradec), un dossier pédagogique, un index, une table des matières, un errata et enfin sur la quatrième de couverture, un prière d’insérer. »

J’ai feuilleté le texte en question et il correspond très bien à votre description, il n’y a qu’un problème, il est paru en recueil dans la Bibliothèque oulipienne n°3 Seghers 1990 et pas en oeuvre tirée à part (j’ai vérifié dans le catalogue de la Bnf).

En espérant que c’est le bon texte…tenez-moi au courant.

Cordialement,

Eurêkoi – Bpi (Bibliothèque publique d’information)
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