Déesse Ninhursag, musée du Louvre

Déesse Ninhursag, musée du Louvre [Public domain], via Wikimedia Commons

Notre réponse du 29/06/2017

Sumer, région sud de la Mésopotamie, était particulièrement favorisée par la géographie. C’est ici, entre les eaux du Tigre et de l’Euphrate, que naquit l’agriculture et ce que Jean Bottéro désigna comme « la plus vieille cuisine du monde ».

Les Sumériens ne manquaient de rien : ils disposaient pour leur nourriture « d’un choix étendu d’aliments, largement prodigué par les produits de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Les céréales se voient consommées sous forme de pains de froment sans levain, et de bouillies d’orge ou de millet. Les fruits les plus récoltés sont les figues, les dattes et les grenades ; les légumes se composent essentiellement de lentilles, pois chiches, oignons et ail. Quant à la viande, elle est de porc, de mouton ou encore d’agneau. Les poissons sont pêchés dans les deux fleuves et dans le golfe Persique. On y trouve, en plus des poissons traditionnels, de merveilleux saumons qui ravissent les palais ; les boissons sont, comme en Égypte, la bière mais on y trouve aussi du vin et du lait de chèvre et de brebis. (…)
Ils sont donc de grands cuisiniers et confectionnent des plats déjà bien structurés. Il semble à cet égard que les Sumériens aient raffolé, comme hors d’œuvre, d’une crème aigre contenant de l’ail pilé.« 
Maximilien Lormier in : Cuisine et alimentation à Sumer et Babylone

Le Traité culinaire mésopotamien (présentation wikipedia) est le plus ancien livre de cuisine qui nous soit parvenu. 

Paul Ariès, dans son Histoire politique de l’alimentation, souligne cependant que le régime alimentaire des Mésopotamiens (et donc des Sumériens) est marqué par les différences sociales, selon que l’on appartient au peuple ou à l’élite au pouvoir.

Pour aller plus loin :

– La plus vieille cuisine du monde / Jean Bottéro .- Paris : Seuil, 2006 (Collection Points – Histoire)
ISBN 2-02-086052-X (br.) : 7 EUR 
« À travers l’étude de la gastronomie dans la Mésopotamie ancienne, Jean Bottéro montre que le boire et le manger ne sont pas des sujets mineurs. La découverte de trois tablettes d’argile issues d’environ 1700 ans avant notre ère, détaillant une quarantaine de recettes, nous permet de restituer les repas apprêtés pour la table des Grands de l’antique Babylonie. » (Résumé de l’éditeur)

– À la table du roi Hammurabi de Babylone d’après les tablettes de la Yale Babylonian Collection / Liliane Plouvier
Document en ligne

L’alimentation au Proche-Orient ancien : les sources et leur exploitation / Cécile Michel.- In : Dialogue d’histoire ancienne, 2012, volume 7, n° 1 
Article en ligne sur Persée.fr

– Une Histoire politique de l’alimentation : du paléolithique à nos jours / Paul Ariès.- Max Milo éditeurs, 2016.- (Collection Essais Documents)
ISBN 978-2-315-00722-6
Extrait sur Google books 
« Pourquoi l’alimentation est à l’origine des biens communs de l’humanité ? Comment les puissants, avec les rituels de la tables et les politiques alimentaires, sont parvenus à construire l'(in)égalité des humains ? Qui, après avoir imposé au peuple de manger du pain, a voulu lui interdire les châtaignes et généraliser la pomme de terre ?
Au-delà des histoires sociale, religieuse, culturelle, de l’alimentation, l’auteur retrace son histoire politique, jamais traitée à ce jour. Ce fabuleux livre de Paul Ariès est le fruit de trente ans d’enseignement et de recherches. Il montre comment la table française reste largement tributaire des tables passées. Vous saurez (presque) tout de ce que mangeaient et buvaient nos ancêtres, de la préhistoire à nos jours. » (Résumé editeur)

– L’alimentation des élites mésopotamiennes : nourriture des rois, nourriture des dieux / Francis Joannès
Article en ligne sur Persée.fr

Eurêkoi – Bibliothèque de l’Institut du monde arabe

Date de création: 04/07/2017 12:20     Mis à jour: 04/07/2017 14:46
 

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