Je cherche à connaitre l’origine de l’appellation « Black Friday » pour désigner le lancement des soldes aux Etats-Unis. Est-elle liée à l’esclavage ?

pictogramme sac et étiquette Black friday

Purple slog (CC BY 2.0), Flickr

Notre réponse du 29/11/2016

En préambule à ma réponse, historiquement le terme « Black », attribué à un jour de la semaine, a plutôt une connotation négative. En effet, il est utilisé pour marquer un événement tragique se produisant ledit jour. On peut citer comme exemples la Panique de 1869 (Black Friday) ou le Krach boursier de 1929 (Black Tuesday).
Difficile de vous fournir une réponse bien précise sur les origines du Black Friday faisant suite à la fête nationale de Thanksgiving, tellement les sources historiques sont divergentes.

Dans un article issu du site snopes.com, site web anglophone créé dans le but de limiter la propagation des canulars informatiques (hoax) et des rumeurs infondées circulant sur Internet, le terme Black Friday apparaît pour la première fois dans l’article « Friday After Thanksgiving » publié en novembre 1951 dans la revue économique Factory Management and Maintenance. Il avait été utilisé pour désigner le taux élevé d’absentéisme des ouvriers dans les usines le vendredi, pour faire un pont entre le jeudi de Thanksgiving, jour férié, et le week-end.

En 1961, dans un autre article publié le 18 décembre dans le journal Public Relations News, on y apprend que la police de Philadelphie réutilise le terme Black Friday pour évoquer les bouchons dans les rues de la ville et l’afflux de gens dans les commerces. Il se répand jusqu’aux années 1970, et sera reprit le 29 novembre 1975 dans le New York Times pour illustrer « la journée la plus achalandée de l’année en termes de magasinage et de circulation routière ».

Un dernier article, « This Friday Was Black With Traffic », paru le 25 novembre 1994 dans le Philadelphia Inquirer, popularisera le terme.

Au-delà de l’aspect négatif, vu en introduction, et par extension, le terme Black Friday (lendemain de Thanksgiving) désigne aujourd’hui une journée extraordinaire et devient alors synonyme du commencement des achats pour Noël.

Avec l’avènement d’Internet au milieu des années 1990 et au début des années 2000, le terme Black Friday a propulsé la pratique commerciale et lui a fait passer les frontières des Etats-Unis, jusqu’en Europe à la fin des années 2000.

Pour répondre à votre seconde question, la liaison avec l’esclavage est issue d’une rumeur sur Internet répandue en 2013. Elle relatait la vente des esclaves le lendemain de Thanksgiving. Elle a depuis été démystifiée par le site snopes.com (cf. lien plus haut).

Il existe également d’autres théories plus ou moins sérieuses et difficilement vérifiables, notamment sur le plan de la comptabilité : la couleur de l’encre des profits passant du rouge à noire, d’un montant négatif à un montant positif.

Eurêkoi – Bibliothèque de Bordeaux

Date de création: 09/12/2016 05:46     Mis à jour: 09/12/2016 11:49
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Le massacre de la Saint Barthélémy est-il un sujet présent en littérature ?

tableau de François Dubois représentant le massacre

François Dubois [Public domain], via Wikimedia Commons

Notre réponse du 19/11/2016

Le massacre de la Saint-Barthélémy du 24 août 1572 a été évoqué dans de nombreuses œuvres littéraires. Vous en trouverez ci-dessous une liste non exhaustive. Nous avons retenu principalement les romans ou récits des auteurs les plus connus, et tâché de préciser l’importance que prend cet événement dans chacune des œuvres citées.

L’article Massacre de la Saint-Barthélémy de l’encyclopédie en ligne Wikipédia propose, comme bien souvent, un chapitre Représentations artistiques, qui permet déjà d’obtenir quelques titres :
La Princesse de Montpensier / Madame de La Fayette, 1662. Mais le véritable « noyau de l’œuvre…n’est pas historique » (Wikipédia) mais bien plutôt l’histoire de l’amour impossible entre Mlle de Mézières et le duc de Guise.
La Reine Margot / Alexandre Dumas père, 1845, transposé au cinéma par Patrice Chéreau.
Paris ma bonne ville / Robert Merle, éditions Plon, 1980

En faisant la requête « représentations littéraires Saint-Barthélémy » dans le moteur de recherche Google, on trouve divers articles qui nous ont permis de continuer la liste :

– la thèse de Mohammed Matarneh intitulée La représentation de la Saint-Barthélémy… (université Toulouse 2 Le Mirail, 2012) disponible sur le site tel.archives-ouvertes.fr (tel = thèses en ligne) permet, simplement par son titre, d’ajouter :
Chronique du règne de Charles IX / Prosper Mérimée, 1829
Sur Catherine de Médicis / Honoré de Balzac, 1830-1842

– de la même façon, l’article La représentation du massacre de la Saint-Barthélémy dans Quatrevingt-treize de Victor Hugo, du même auteur que la thèse précédemment citée, disponible sur le site eujournal.org, permet d’ajouter le célèbre roman de Victor Hugo, paru en 1874. Toutefois, le massacre de la Saint-Barthélémy n’y figure que dans un seul chapitre du même nom (livre troisième, troisième partie) et sert d’illustration au propos du roman : dénoncer la Terreur et, par extension, toutes les violences d’Etat.
Cet article fait également référence à l’oeuvre poétique d’Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques, paru en 1615, dont la 5ème partie : Les Fers, est consacrée au massacre de la Saint-Barthélémy.

– le site cour-de-france.fr nous apprend enfin que Jacques Bailbé a écrit un article intitulé La Saint-Barthélemy dans la littérature française, paru en 1973 dans la Revue d’histoire littéraire de la France (n°5, pp. 771-777) et intégralement disponible sur Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France. Dans cet article, Jacques Bailbé rappelle entre autres les combats de Voltaire contre l’intolérance religieuse, dont le massacre de la Saint-Barthélémy figurait à ses yeux le point culminant, ou encore la tragédie de Marie-Joseph Chénier, Charles IX, ou la Saint-Barthélémy, paru en 1789 et qui connut un grand succès, notamment en raison de la censure dont elle a longuement fait l’objet avant d’être autorisée. Jacques Bailbé rappelle aussi l’Histoire de France de Jules Michelet, que l’on retient aujourd’hui davantage pour ses qualités littéraires que pour la rigueur de sa démarche historique.

On citera enfin le récent roman de Tim Willocks, Les Douze enfants de Paris (éditions Sonatine, 2014). On y retrouve le chevalier Mattias Tannhauser, découvert précédemment dans le roman La Religion, qui part à la recherche de sa femme dans le Paris de la Saint-Barthélémy.

Eurêkoi – Bibliothèque municipale de Bordeaux

Date de création: 09/12/2016 05:36     Mis à jour: 09/12/2016 11:44
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Pourriez-vous me donner 10 incontournables à visiter sur Amsterdam sur 3 jours ?

Photographie d'un canl d'Amsterdam avec pont

CC0 Public Domain


Notre réponse du 29/09/2016.

Après examen de guides touristiques disponibles dans notre bibliothèque et de sites internet, je vous propose une liste de 10 promenades, sites ou musées fortement conseillés pour une première visite d’Amsterdam, le tout sans disposer de beaucoup de temps. Trois jours pleins devraient vous permettre d’en voir une grande partie, si vous allez à l’essentiel. La liste est à adapter, bien sûr, en fonction de vos goûts et de la météo.

1 – Les grands canaux à l’intérieur du Singelgracht, classés Patrimoine mondial de l’humanité, par l’UNESCO : les plus beaux canaux sont sans doute le Keizersgracht et le Herengracht dans leur portion Ouest et Nord-Ouest. Il y a aussi le Singelgracht et le Prinsengracht. Tous sont Bordés de superbes maisons à pignons des 17e, 18e et 19e siècles, et ce sur des kilomètres. A pied, cela prend beaucoup de temps. Alors pourquoi pas en vélo ou via une excursion en bateau ? Une des plus célèbres vues des canaux amstellodamois, souvent reproduite en carte postale, se trouve à l’angle des canaux Leidsegracht et 

2 – Promenade dans le cœur historique autour de la place du Dam, bordée par le Koninklijk Paleis (Palais royal), la Nieuwe Kerk (Nouvelle église, construite au 15e s). Deux grandes artères commerçantes très connues et vivantes aboutissent à cette place : Kalverstraat, au sud, et Nieuwendijk, au nord. En marchant vers le Nord sur l’avenue Damrak, on rejoint Beurs Van Berlage (célèbre bourse du commerce des années 1900). En continuant vers l’Est, on arrive à l’Oude Kerk (Vieille église, commencée au 14e s) et son célèbre carillon.

3 – Rijksmuseum (Musée national, au sud de la ville, sur Museumstraat) : équivalent du Musée du Louvre pour la peinture et les arts décoratifs. A voir en priorité, les grands maîtres de la peinture hollandaise du 17e s (le siècle d’or !), comme Rembrandt (« La Ronde nuit », « Le Syndic des drapiers », « La Fiancée juive », « Autoportrait… » etc), Johannes Vermeer (« La Laitière », « la Lettre d’amour »…), les portraits de Frans Hals, les scènes de genre (= scènes de la vie quotidienne) de Gerard Ter Borch ou Peter de Hooch, et les nombreux paysages ou natures mortes qui font aussi la gloire de l’art hollandais.

4 – Van Gogh Museum (à proximité du Rijksmuseum, sur Paulus Potterstraat) : nombreux tableaux et dessins provenant de la collection de son frère Théo et de ses descendants. Parmi les plus célèbres tableaux : « Les Mangeurs de pommes de terre », « Les Tournesols », « La Chambre », « Le Champ de blé aux corbeaux »…

5 – Promenade dans le quartier de Rokin : le Het Begijnhof (cour intérieure verdoyante, très protégée et entourée de belles maisons des 16e et 17e siècles), le Bloemenmarkt (le plus célèbre marché aux fleurs et aux bulbes de tulipes de la ville), les petites rues animées de Nieuwe Doelenstraat et Staalstraat. Au sud du Binnen Amstel, à retenir, le Cinéma Tuschinski (plus beau bâtiment de style Art déco d’Amsterdam), et la place Rembrandtplein, surtout connue pour sa vie nocturne débordante.

6 – Amsterdam Museum. Belle muséographie pour évoquer tout l’histoire de la ville. Privilégier les salles sur le 17e siècle, « le siècle d’or » de la ville et de la Hollande.

7 – Le Quartier rouge, au sud de la Oude Kerk, le long des rues Oudezijds Voorburgwal et Oudezijds Achterburgwal et Warmoesstraat… animé de jour mais surtout de nuit, avec ses vitrines en tout genre…

8 – Leidseplein, une des places les plus animées à toute heure d’Amsterdam, avec ses cafés, son théâtre et ses bâtiments 19e siècle.…d’où l’on peut rejoindre, au Nord-Est, le proche quartier des brocanteurs, des antiquaires, et des marchands d’art, notamment autour du Prinsengracht.

9 – Autour de l’Openbare Bibliotheek Amsterdam dite OBA. Cette bibliothèque de 10 étages a ouvert ses portes en 2007. Elle vaut le détour pour son architecture et son panorama depuis la terrasse du restaurant (la plus belle vue sur le centre historique d’Amsterdam). A noter, quelques bâtiments contemporains emblématiques aux alentours, dans ce quartier du port en pleine transformation, comme le NEMO (Musée des sciences), à l’Est, ou le Muziekgebouw aan’t IJ (salle de concert) et le EYE (Musée du cinéma), au Nord. Au Nord-Ouest de l’OBA, la Centraal Station, belle gare du 19e siècle bien restaurée.

10 – Pour finir, au choix, en fonction du temps qui vous reste et de vos centres d’intérêt : Rembrandthuis (Maison de Rembrandt, située sur Jobenbreestraat), Anne Frank huis (Maison tristement célèbre où se cachait la famille d’Anne Frank pendant la Seconde Guerre mondiale, située 263 Prinsengracht) ou Stedelijk Museum (très beau musée d’art contemporain, construit à côté du Musée Van Gogh, sur Paulus Potterstraat) avec ses peintures de la fin du 19e siècle et de la 1ere moitié du 20e siècle : A voir notamment les œuvres de Mondrian, Matisse, Malevitch, les tableaux des expressionnistes allemands comme Marc et Kirchner, du groupe Cobra, l’Action painting américaine, etc…

Si vous souhaitez de plus amples informations, je vous invite à poursuivre sur le riche site internet de l’Office du tourisme d’Amsterdam.

Pour terminer, vous trouverez ci-dessous une liste de quelques guides touristiques récents que nous vous conseillons éventuellement pour compléter vos visites et qui nous ont été précieux pour vous répondre (ordre chronologique décroissant par date de parution) :

– Amsterdam / Melissa Adams et Frans Mester, Editions National Geographic, 2016
– Amsterdam et ses environs : 2017 : Rotterdam, Delft et La Haye / Philippe Gloaguen, Editions Hachette Tourisme-Le guide du routard, 2016
– Amsterdam en quelques jours / Karla Zimmerman et Catherine Le Nevez, Editions Lonely Planet, 2016
– Amsterdam / Hélène Le Tac, Virginia Rigot-Muller, Nicolas Peyroles…, Editions Gallimard, 2016
– Amsterdam / Christopher Catling et Gabriella Le Breton…, Editions National Geographic, 2016
– Un grand week-end à Amsterdam / Catherine Vanderhaeghe, Editions Hachette Tourisme, 2015

En vous souhaitant bon voyage,

Eurêkoi-Bordeaux

Date de création: 30/09/2016 15:56     Mis à jour: 30/09/2016 15:56
 
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Je m’intéresse aux théories du complot et au conspirationnisme

couverture du livre La société paranoNotre réponse du 27/09/2016

J’ai obtenu la liste de références ci-dessous en croisant les bibliographies de 3 articles disponibles sur Internet :
– l’article Wikipédia Théorie du complot
– l’article Quand le vivant devient politique : les avatars de la démocratie, par Emmanuel Taïeb, paru dans la revue Sociologie et sociétés, vol.42, n°2, automne 2010, p. 265-289, disponible sur le site erudit.org,
– l’article Théories du complot : notre société est-elle devenue parano ?, par Claudie Bert, publié sur le site scienceshumaines.com

Les documents sont classés par ordre antéchronologique, les liens renvoient vers le Sudoc, le catalogue des bibliothèques universitaires.

Complosphère, l’esprit conspirationniste à l’ère des réseaux / Raphaël Josset, Lemieux éditeur 2015 
http://www.sudoc.fr/188869964

Court traité de complotologie / Pierre-André Taguieff, Mille et une nuits, 2013 
http://www.sudoc.fr/16916375X

Le bêtisier du sociologue / Nathalie Heinich, Klincksieck 2009 
http://www.sudoc.fr/137778066

La société parano : théories du complot, menaces et incertitudes / Véronique Campion-Vincent, Payot 2007
http://www.sudoc.fr/118261924

La totalité comme complot : conspiration et paranoïa dans l’imaginaire contemporain / Fredric Jameson, Prairies ordinaires 2007
http://www.sudoc.fr/120277727

L’imaginaire du complot mondial : aspects d’un mythe moderne / Pierre-André Taguieff, éd. Mille et une nuits 2006
http://www.sudoc.fr/11019702X

Le démon du soupçon / entretien avec Marcel Gauchet, revue Les Collections de L’Histoire : Complots, secrets et rumeurs, n°33, oct-déc 2006 
http://www.sudoc.fr/040513963

La foire aux Illuminés. Ésotérisme, théorie du complot, extrémisme / Pierre-André Taguieff, Mille et une nuits 2005
http://www.sudoc.fr/094862044

La rumeur. Histoire et fantasmes / Pierre Froissart, Belin 2002
http://www.sudoc.fr/068938624

L’esprit du complot / Emile Poulat, revue Politica Hermetica, « Le complot », n°6, 1992
https://fr.wikipedia.org/wiki/Politica_hermetica
http://www.sudoc.fr/013853201

On peut aussi consulter le site de la Fondation Jean-Jaurès et son Observatoire des radicalités politiques (ORAP), par exemple :

Conspirationnisme : un état des lieux / Rudy Reichstadt, ORAP n°11, Fondation Jean-Jaurès, 24 février 2015, disponible sur le site de la Fondation (inscription gratuite)
Rudy Reichstadt est par ailleurs le fondateur du site ConspiracyWatch.info.

Ce même Rudy Reichstadt a animé une conférence intitulée Délires d’opinion et théories du complot le 17 février 2016, dont on trouve également le compte-rendu sur le site de la Fondation.

Enfin, voici quelques références issues du Sudoc avec la requête « théorie du complot » :

Complot et complotisme / Revue des Deux Mondes, n°7/8, 2016
http://www.sudoc.fr/194175820

Les théories du complot aujourd’hui / revue Diogène, n°249-250, 2016
http://www.sudoc.fr/193653567

Théories du complot : délires conspirationnistes ou armes de propagande ? / revue Diplomatie, n°73, mars-avril 2015
http://www.sudoc.fr/185130623

La théorie du complot, un mythe ? / Sarah Mezaguer, l’Harmattan 2012
http://www.sudoc.fr/164798080

Le complot dans la République : stratégies du secret, de Boulanger à la Cagoule / Frédéric Monier, La Découverte 1998
http://www.sudoc.fr/004496671

Eurêkoi – Bordeaux

Date de création: 28/09/2016 17:32     Mis à jour: 28/09/2016 17:33

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Comment un aveugle fait-il pour faire du vélo ?

Notre réponse du 07/05/2016.

Les personnes malvoyantes ou aveugles peuvent pratiquer le vélo en tandem avec un coéquipier voyant. Elles le font souvent dans le cadre d’associations sportives, comme l’ASLAA : l’Association Sports et Loisirs pour Aveugles et Amblyopes, basée à Paris : site de l’ASLAA

Il existe également une pratique innovante du vélo pour les personnes aveugles : l’écholocation. Cette méthode, développée par Daniel Kish, utilise le clic palatal : le claquement de la langue contre le palais produit un écho, en se répercutant sur les objets environnants, qui fait office de radar. Cette pratique se développe peu à peu, comme en témoigne un article du Monde de Nathaniel Herzberg du 2 janvier 2015 : « Ces aveugles qui voient avec leurs oreilles« .

En France, l’écholocation est enseignée par Boris Nordmann à travers des ateliers de formation pour voyants et non-voyants à Marseille : http://www.borisnordmann.com/ateliers-decholocation-pour-voyants-et-non-voyants/.

Eurekoi – Médiathèques de Bordeaux
Date de création: 11/05/2016 06:13     Mis à jour: 11/05/2016 12:16
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Je cherche des informations sur l’histoire de la place Camille-Jullian à Bordeaux et particulièrement sur l’époque romaine

Notre réponse du 20/04/2016

La place Camille-Jullian a été créée en 1935 suite à un projet d’élargissement de rues adjacentes. Avant cela, mis à part la présence de l’église Saint-Siméon et du cimetière qui en dépendait, elle a surtout été occupée par des habitations domestiques avec des jardins y compris pendant la période romaine.

L’église Saint-Siméon, dont il reste le mur latéral sud, avait d’assez vastes proportions et abritait deux confréries : celle des fourbisseurs et celle des canautiers (s’y ajouta en 1654 une compagnie du Saint-Sacrement composée de dames). Elle a remplacé à une époque inconnue l’église primitive qui était romane. Pendant longtemps, les défunts étaient enterrés à l’intérieur de l’église mais en 1489, à la demande des ouvriers de Saint-Siméon, il fut accordé à la paroisse la cession d’un jardin situé le long de la rue Serpolet (qui se prolongeait alors jusqu’à la rue Saint-Siméon) pour servir de cimetière. Celui-ci perdura jusqu’en 1684.
En 1791, la paroisse Saint-Siméon est supprimée et l’église servira de salpêtrière, d’école navale, … avant de finir en garage et en cinéma dans les années 1990.

En ce qui concerne l’époque romaine, les seules informations que nous possédons à l’heure actuelle sur l’occupation antique du site même de la place Camille-Jullian proviennent des fouilles effectuées en 1989-1990 lors de la création du parking souterrain qui l’occupe.

Avant le cinquième siècle, la place Camille-Jullian formait en quelque sorte une zone marginale dans l’agglomération urbaine. Bien que localisée à une centaine de mètres du port à l’embouchure de la Devèze, l’essentiel de la ville s’était développé sur la rive gauche de la Devèze. Et même si un pont fut établi entre les deux rives (distantes de 70 à 80 mètres à l’embouchure), la région sud-est ne se développa pas à cause de l’insalubrité qui y régnait.
A la fin du 1er siècle, de grands remblaiements assainissent cette zone en partie marécageuse et dès la construction du rempart du Bas-Empire cette région fut définitivement intégrée à l’agglomération.

C’est ainsi qu’avant le cinquième siècle on ne trouve pas de construction ambitieuse mais une maison aux murs façonnés d’argile, puis plus tard une maison maçonnée ainsi que des locaux servant probablement d’entrepôts. Après le cinquième siècle, l’espace assaini permet d’y construire une grande maison avec un système de chauffage.
« Dans l’ensemble, on a eu affaire à un milieu perturbé par les occupations successives ; il s’est révélé en général modeste ou bien tourné vers des activités sans rapport avec la vie publique, l’apparat et la consommation de luxe. »

Pour plus d’informations sur la place à l’époque romaine, vous pourrez lire avec intérêt l’ouvrage (dont est extraite la citation précédente) :Un quartier de Bordeaux du Ier au VIIIe siècle : les fouilles de la place Camille-Jullian, 1989-1990 / textes réunis par Louis Maurin (2012).

Eurêkoi – Bibliothèque municipale de Bordeaux

Date de création: 06/05/2016 09:15     Mis à jour: 06/05/2016 15:21
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